Alors, on « Skype » ou on « Skype » pas?


Jean-François Ferland - 15/11/2005

Deux firmes d’analyse de marché se disputent quant aux enjeux entourant le service téléphonique gratuit VoIP.

En deux journées, deux firmes d’analyse du marché technologique se sont crêpé le chignon à propos des risques entourant l’utilisation du service téléphonique gratuit Skype, qui repose sur le protocole VoIP.

La firme Info-Tech Research Group, de London en Ontario, a publié un communiqué qui recommandait l’abolition de l’utilisation du service Skype en entreprise. En estimant à quelque 17 millions le nombre de personnes qui utilisent le service pour des fins d’affaires, l’analyste Ross Armstrong a justifié cette recommandation en déclarant que le logiciel qui permet d’utiliser le service ne repose pas sur des standards, utilise un cryptage à code source fermé, constitue une barrière de communication dans les pays et les organisations qui en ont déjà banni l’utilisation et est indétectable. L’analyste indique également que la reconnaissance des appels effectués par la voix sous IP comme étant des éléments de registre commercial est encore nébuleuse au niveau juridique.

Le lendemain, la firme Butler Group de Londres en Angleterre rétorquait par voie de communiqué que l’analyste de Info-Tech avait « raté la véritable raison » de restreindre l’utilisation du service Skype en entreprise réside dans l’utilisation du poste de travail à titre de noeud d’un réseau d’informatique distribuée. (Cette approche est notamment utilisée dans le projet SETI@Home qui analyse des données radio télescopiques.) Selon Richard Edward, analyste en chef chez Butler Group, c’est le volume transactionnel relié au traitement des données au niveau du poste de travail et de la liaison entre l’ordinateur et le réseau Internet qui constitue un désavantage pour l’entreprise. Selon M. Edward, une utilisation du service par un individu privé ou par une petite entreprise de moins de cinquante employés est tout à fait acceptable.

Une chose est certaine, les organisations ont tout intérêt à suivre l’évolution des outils de communications qu’utilisent leurs employés pour s’assurer que ceux-ci correspondent à la stratégie de sécurité corporative mise en place (parce que vous en avez une, bien sûr). Il vaudrait également mieux offrir une diversité de modes de communication en conservant un certain contrôle sur les paramètres, plutôt que de laisser tout un chacun installer les outils les plus divers, dans une perspective d’anarchie totale…




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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