Ange investisseur : quand le capital et les conseils donnent des ailes


Jean-François Ferland - 03/12/2009

L’ange investisseur, inspiré d’un modèle américain, procure du soutien à entrepreneur sous forme de capital, mais aussi de conseils. Lors d’une récente allocution, le pdg du réseau Anges Québec François Gilbert a résumé le rôle, les conditions et les réalités de cette forme d’investissement qui intéresse plusieurs entreprises en TIC.

Dans le cadre d’un atelier nommé « Leviers financiers pour accélérer votre croissance » qui était présenté par l’Association québécoise des technologies, François Gilbert, le président-directeur général du regroupement Anges Québec http://www.angesquebec.com/ qui compte 38 entrepreneurs investisseurs, a traité avec beaucoup de franchise et un brin d’humour du rôle joué par un ange investisseur dans l’univers du financement.

Se décrivant comme un élève de l’homme d’affaires Charles Sirois, M. Gilbert indique qu’il a été impliqué dans le financement de 35 entreprises jusqu’à maintenant, dont plusieurs oeuvrent dans le domaine des TIC.

Profil angélique

M. Gilbert décrit l’ange investisseur comme étant une personne qui a de l’argent, qui veut s’impliquer dans plusieurs projets, qui a une expertise qui lui permet d’évaluer les projets porteurs, qui sait comment faire augmenter une valeur, qui veut faire des placements dans l’entreprise privée et qui veut ou ne veut pas investir de son temps.

« Un ange peut obtenir un rendement monétaire trois fois plus élevé s’il investit du temps dans des projets. La plupart des entrepreneurs ont plus besoin d’expertise ou d’argent: si on offre à un entrepreneur le choix entre recevoir 500 000 $ ou parler à Bill Gates deux heures par mois, il choisira Bill Gates », déclare M. Gilbert. Il ajoute que l’ange investisseur est également une personne motivée à faire de l’argent, qui a du plaisir à gagner, construire et contribuer, qui veut rester actif et qui veut redonner à la société.

Préalables favorables

Pour effectuer des investissements, l’ange investisseur recherche une entreprise qui évolue dans un marché qui est connu et qui est identifié comme étant « assez important » qui a un produit qui se démarque, qui a un plan simple et exécutable et qui a un plan simple et exécutable. Cet entrepreneur doit aussi faire preuve de passion, d’organisation, de réalisme, d’écoute et de capacité à prendre des décisions.

Un élément intéressant de la réalité d’ange investisseur de M.Gilbert est la recherche d’entreprises dont la progression permettra de décupler sa mise. « Un ange veut une équation entre le risque, le rendement et la satisfaction », affirme-t-il. Il ajoute qu’un ange investisseur veut aussi être écouté par l’entrepreneur qu’il épaule – et ce, bien qu’un des entrepreneurs qu’il soutient soit très heureux qu’il ne lui parle pas!

La valeur du temps

François Gilbert

François Gilbert, pdg du réseau Anges Québec

M. Gilbert, qui avait affirmé en début d’allocution que son taux de succès était de 50 %, a évoqué une étude portant sur le portefeuille type d’un ange investisseur aux États-Unis, où l’on situait le rendement annuel moyen entre 23 et 27 %.

« 35 % des projets donneront une perte, 15 % rapporteront moins que la mise, 35 % rapporteront entre une et dix fois la mise et 15 % donneront plus de dix fois la mise, estime M. Gilbert. Si un dossier va mal, on le sait rapidement. Mais un dossier qui rapportera dix fois ou plus la mise peut le faire en 7 à 8 ans. C’est pour cela qu’il faut du volume et de la diversité. »

Soutien positif à durée limitée

En indiquant qu’un entrepreneur peut faire appel à un soutien pour le développement d’un produit ou bien sa commercialisation, M. Gilbert dit croire en le rôle positif d’un ange investisseur. Toutefois, il souligne que l’ange, un jour, devra se retirer de l’entreprise et récupérer sa mise, ce qui souvent résulte en la vente de l’organisation.

Ce qui guide le choix du soutien d’une entreprise par un ange investisseur, c’est « le pif », l’étape où est rendue l’organisation dans son développement, combien l’entrepreneur a investi dans l’entreprise, etc. S’il apporte son soutien à l’entrepreneur, ce sera par la prise d’une participation équivalente à 20 % à 30 % dans l’entreprise. L’investissement dans une organisation, par ailleurs, peut être fait par plusieurs anges, par le biais d’un groupe. Sur quelque 350 dossiers soumis à Anges Québec, 10 % seront présentés aux investisseurs potentiels.

« Ce que veut un ange investisseur ce n’est pas une idée, mais des gens pour la réaliser… D’ailleurs, l’ange investisseur ne veut pas contrôler l’entrepreneur », indique M. Gilbert.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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