Avantages vs inconvénients : qui pèse davantage dans la balance ?


Audrey Myrand-Langlois - 30/09/2010

Une entreprise ayant connu un succès instantané sur les médias sociaux vous chantera les louanges de ses avantages. Mais une organisation ayant dépensé des dizaines de milliers de dollars pour réparer une erreur commise sur un réseau social vous dira peut-être de ne jamais vous y lancer.

Quels sont, réellement, les avantages et les inconvénients qui accompagnent une implantation dans les réseaux sociaux ? Afin d’avoir l’heure juste, Direction Informatique a demandé conseils à des experts du domaine.

Pour Carl-Frédéric De Celles, président de iXmédia, les médias sociaux sont une façon de se rapprocher de sa clientèle, actuelle et future. « C’est une nouvelle forme de proximité. C’est la première fois que les consommateurs ont la chance de parler publiquement avec une entreprise et de voir son arrière-scène, dit-il. Ça force une communication plus claire. Donc, les entreprises qui misent sur l’ouverture et la transparence ont tout à y gagner. »

Carl-Frédéric dit en apprendre également beaucoup sur sa concurrence, simplement en suivant ses moindres faits et gestes sur Twitter.

Le plus gros avantage des médias sociaux, selon Adele McAlear, une consultante dans le domaine, est de pouvoir rejoindre plus de monde.

« Chaque entreprise à ses propres raisons d’y être, que ce soit pour faire connaître sa marque, pour un meilleur service à la clientèle ou pour étudier la concurrence. Mais une chose est certaine, c’est une excellente façon d’aller chercher des clients potentiels. »

Par ailleurs, la force des réseaux comme Facebook, Twitter et LinkedIn est d’avoir la possibilité d’apporter aux réunions de production des informations cruciales qu’une entreprise n’aurait autrement pas été en mesure d’obtenir, note Adele McAlear.

La possibilité de trouver des employés potentiels est aussi un avantage considérable des médias sociaux, spécialement par LinkedIn. « J’ai lu qu’une entreprise ne considérait même pas un appliquant qui n’avait pas de profile LinkedIn », explique Mark Goren, stratège en médias sociaux et fondateur de Transmission Marketing.

« Les réseaux sociaux permettent aux employés potentiels de connaître votre entreprise, l’objectif étant d’attirer les bonnes personnes vers votre organisation », ajoute Adele McAlear.

La plus grande force de ces plateformes est le dialogue, estime Isabelle Lopez, fondatrice de MA14, une firme spécialisée dans le marketing conversationnel. « Il ne faut pas utiliser de silos pour parler aux gens et c’est ce que les médias sociaux permettent d’éviter. »

Maintenant pour les inconvénients…

Toutefois, les inconvénients pèsent aussi fort dans la balance. « Plusieurs entreprises nouvellement arrivées sur les médias sociaux appliquent les techniques traditionnelles de marketing sur les différents réseaux. Mais elles ne comprennent pas que ce n’est pas la même langue. Tu peux parler de tes produits, de ta marque, mais il ne faut pas faire juste ça ! Parler de contenus relatifs à son industrie est une bonne idée, par exemple », conseille Adele McAlear.

Les entreprises encore confuses face aux réseaux sociaux et appliquant les méthodes de marketing traditionnel à ces plateformes échouent puis se plaignent que c’est de la foutaise, renchérit-elle. « Mais c’est qu’elles n’ont pas appliqué la bonne méthode. »

Une grave erreur, selon Mark Goren, est la promotion de soi. Il fait d’ailleurs le parallèle avec une situation que nous avons certainement toute déjà vécue. « Une entreprise qui ne parle que de ses produits sur un réseau social est comme la personne dans un 5 à 7 qui ne parle que d’elle-même. Après un certain temps, elle se retrouve seule. »

Carl-Frédéric De Celles fait d’ailleurs régulièrement le ménage dans ses comptes pour éliminer tous ceux qui ne font que leur propre promotion.

Le problème, explique Isabelle Lopez, est que le marché est fait sur d’anciens modèles d’entreprises. « Là, tout d’un coup, la communication devrait être faite sur des modèles beaucoup plus souples, alors que le marketing en coopétition – en collaboration avec des compétiteurs – est plus courant. C’est particulièrement difficile pour les entreprises en technologies qui ne veulent pas partager leurs découvertes au risque de se faire copier. »

Mode passagère ou phénomène qui est là pour y rester ?

La conversation que créée les médias sociaux est une tendance de fond, selon Carl-Frédéric De Celles. « Il y a certainement des personnes qui sont sur Twitter parce qu’ils croient que c’est branché en ce moment, mais ces plateformes ne sont certainement pas une mode. »

Mark Goren abonde dans le même sens en ajoutant toutefois que les médias sociaux que nous connaissons aujourd’hui pourraient certainement évoluer, voire même disparaître. « Il y a toujours de nouvelles choses. Quels seront les médias sociaux hot l’an prochain ? Seul l’avenir nous le dira ! »

Audrey MyranD-Langlois




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  • vidal

    Il y a plus d’avantages que d’inconvénients à être présent. Une marque doit être présente sur les réseaux sociaux, pour gérer son E-réputation, pour être plus proches de ses clients fans. Par contre suivant sa stratégie, elle doit être présente sur les bonnes plateformes suivant ses objectifs, ses cibles … pour éviter de perdre son temps, et donc mal communiquer. C’est vrai Facebook et Twitter semblent incontournables, mais il y a d’autres plateformes de niche comme par exemple http://www.third.fr pour l’immobilier, http://www.scoop.it pour la veille … qui ont une importance considérable dans une stratégie social média. Cela permet de toucher directement sa communauté, ses cibles qui seront plus réceptives aux contenus publiés par les marques. Après qu’importe la plateforme, le contenu est la clé de succès
    sur les réseaux sociaux.