Oui au logiciel libre… mais lequel choisir?

03/04/2014

Laurent Bounin

Laurent Bounin

Il existe aujourd’hui des milliers de logiciels libres qui sont offerts sur la Toile. Alors que certains ont le vent dans les voiles, d’autres sont en manque de souffle ou même abandonnés. Une organisation se doit d’être en mesure de prendre des décisions éclairées quant à ses choix technologiques.Illustration du concept du logiciel libre

Je vous propose donc, dans ce billet, une liste de critères de sélection qui vous permettront de choisir des logiciels libres qui sont matures et dynamiques.

Certains de ces critères sont propres au logiciel libre, alors que d’autres s’appliquent également au logiciel propriétaire.

Le buzz

Le bouche à oreille et les avis de professionnels vous donneront une bonne idée de la maturité du logiciel.

Demandez à vos collègues et faites quelques recherches ciblées sur Twitter et dans les blogues de programmeurs qui sont reconnus dans la communauté. Le nombre d’étoiles attribué à projet sur Github peut également motiver votre choix. Finalement, le réseau social IT Central Station vous propose des critiques pour certains logiciels.

Le dynamisme de la communauté

La communauté de soutien d’un logiciel libre est-elle active? Pour déterminer cela, consultez les archives des listes de distribution ou, encore mieux, soumettez une demande puis observez le temps requis pour avoir une réponse. Plus la communauté est dense et active, plus on vous répondra rapidement.

Le support commercial

Une entreprise dans votre région fournit-elle du support pour le logiciel? Il existe des sociétés de services en logiciel libre qui sont localisées près de chez vous, qui développent des offres commerciales et supportent des briques logicielles. Ces dernières peuvent vous garantir un certain niveau d’imputabilité, ce qui constitue le « Saint Graal » de tout gestionnaire en TI.

La disponibilité et la proximité des ressources

Vos responsables informatiques auront la responsabilité de maintenir votre parc applicatif. Avant de prendre une décision, assurez-vous donc qu’il y ait un important bassin de ressources humaines qui détiennent une expertise pertinente dans votre secteur géographique.

Les versions

De quand date la dernière version du logiciel?
Quelle est sa version actuelle?
Quelle est la fréquence de publication des nouvelles versions?

Voici autant de questions qui vous permettront non seulement de juger de la maturité du logiciel, mais également du dynamisme de sa communauté. Dans un milieu de production, mieux vaut rester à l’écart des logiciels dont la version la plus récente est inférieure à 1.0.

La documentation

Beaucoup de logiciels libres offrent peu de documentation pour les utilisateurs finaux. Également, la majorité du matériel proposé est souvent en anglais. Toutefois, certaines communautés dynamiques ou des sociétés de services en logiciels libres proposent de la documentation localisée.

La licence

Assurez-vous que les conditions d’utilisation de la licence sont en accord avec votre projet avant de faire votre choix. En effet, certaines licences sont plus restrictives que d’autres. Ce n’est pas parce que le code est disponible sur Github que vous pouvez l’utiliser dans le cadre de votre projet.

La qualité du code

Un code de qualité est un code qui a été testé et qui est bien documenté. Si ce n’est pas le cas, vous risquez d’avoir des problèmes qui seront longs et compliqués à résoudre.

Finalement, il est possible d’associer des degrés d’importance plus élevés à certains critères qu’à d’autres. Libre à vous de mettre en place un système de pondération afin d’attribuer des notes à chacun des logiciels évalués, afin que vous puissiez faire un choix qui reflétera vos priorités.

Je vous ai proposé une liste de critères, mais évidemment il en existe une multitude.

Quels sont les vôtres?


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Laurent Bounin

Laurent Bounin

Laurent Bounin est directeur du marketing et des ventes chez Gestion-Ressources. Il évolue dans l’industrie du logiciel libre depuis 7 ans
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  • http://christian.aubry.org/ amicalmant

    Bonjour Laurent. Tu as cité, je crois, les principaux critères dans un contexte général, mais j’en ajouterai trois autres, plus subjectifs mais qui, malgré tout, me semblent bons à relever : l’intuition, le bon sens et l’expérience personnelle.

    Si chacun n’adoptait que des logiciels libres matures, bien documentés, assortis d’offres commerciales solides et de grandes communautés d’utilisateurs, il n’en existerait en effet qu’une poignée et aucun nouveau projet ne réussirait à “percer” l’écosystème. Adieu l’infodiversité!

    Lors de nos recherches, il est de toute façon très bon d’essayer (télécharger, installer, tester) plusieurs logiciels équivalents afin de s’enrichir de leurs différences et d’évaluer les différentes façons proposées pour répondre à nos besoins. Ce faisant, il est possible qu’un logiciel moins complet ou moins mature que d’autres nous apporte une plus-value objective ou subjective intéressante. Malgré les critères raisonnables que tu as cités, il peut être intéressant de poursuivre l’expérience afin de grossir sa base d’utilisateurs, ce qui aura pour effet de l’aider à progresser vers la maturité.

    On peut aussi mettre la main à la pâte; par exemple, en développant ou en finançant le développement d’un module manquant, en contribuant une traduction ou d’une partie de la documentation. Ainsi, on s’intégrer très rapidement au cœur d’une communauté naissante sur laquelle on exercera une plus grande influence quant à l’évolution future du logiciel.

    Je suppose cependant que c’était justement l’objet d’un de tes prochains billets. 🙂 J’ai hâte de le lire, ici ou sur ton blogue personnel, que je recommande chaudement, en passant aux lecteurs de DI. C’est un excellent complément de celui-ci et il est vraiment très facile à trouver. 🙂

    • Fabrice

      Et il y a des gens qui passent leur temps à les tester , les comparer y compris des Gouvernements comme en France la DISIC :

      https://references.modernisation.gouv.fr/socle-logiciels-libres

      • http://christian.aubry.org/ amicalmant

        Oui, on a ça aussi eu Québec (enfin, pour l’instant): http://tlmv.ca/CELLQc

        Mais dans ce contexte de grandes organisations, les critères retenus par Laurent sont de mises. Pas question d’investir massivement dans des projets qui ne sont pas stables et matures.

  • Raphiki

    Il existe aussi des méthodes plus formelles et outillées (mais du coup aussi plus lourdes) pour évaluer, comparer et sélectionner des logiciels libres. Par exemple QSOS : http://www.qsos.org