« Tricher » sur LinkedIn

02/04/2014

Carl Rioux

Carl Rioux

Chapeau blanc ou chapeau noir? Il s’agit de deux façons de faire qui sont efficaces, mais l’une est moins éthique que l’autre.

Par définition, l’approche du chapeau noir (black hat) consiste fondamentalement à exploiter les vulnérabilités d’un système pour en tirer profit. Ici, il ne sera pas question de compromettre la sécurité de serveurs, mais plutôt d’exploiter le contenu de son profil LinkedIn à son avantage.

Il existe différentes façons de s’auto-promouvoir sur ce réseau social, dont certaines peuvent sembler fort douteuses. Savoir reconnaître les faussaires et les enquiquineurs est utile, surtout si vous êtes entrain d’évaluer ces personnes dans le but de faire des affaires avec elles ou de les embaucher.Logo de LinkedIn

Que le vrai Barack Obama se lève

Dans un profil LinkedIn, il existe quelques sections où le rideau par excellence que nous nommerons « Plus » cache certaines informations qui n’ont aucun lien avec le profil réel de la personne. Ce qu’on y camoufle propulse en tête de liste ledit profil lorsqu’un autre utilisateur fait une recherche en entrant le nom d’une personnalité connue. Vous souhaitez être Pierre Karl Péladeau? Il vous suffit de cacher son nom quelque part, comme dans la section « Projets », par exemple.

Je fais tout et je suis spécialiste là-dedans aussi

La pluie de mots-clés qui est semée à tout vent partout dans votre profil fait aussi grimper votre binette dans le haut de la liste des résultats de recherche, et ce qu’ils soient en lien ou non avec ce que vous êtes et ce que vous faites vraiment.

N’oubliez jamais que LinkedIn ne classe pas les profils selon la qualité ou la vérité de l’information, mais selon sa quantité. Vous voulez absolument être trouvé, tout le temps? Copiez le dictionnaire dans votre profil. C’est aussi simple que cela.

La surcompétence

Il y a quelques mois, LinkedIn a ajouté une section « Compétences et recommandations » aux profils. On y trouve un compteur pour chaque compétence pour laquelle une personne vous a endossée via un savant clic. Cela fait partie de la nature humaine de vouloir rendre la pareille à quelqu’un qui nous a fait une fleur. Plus vous gratterez de dos, plus le vôtre sera gratté. Vous serez surpris du nombre de personnes prêtes à vous donner des compétences dont vous ignorez vous-même l’existence.

Bonjour, Groupes

Comment rejoindre des millions de personnes simultanément et gratuitement? Devenez membre des 50 plus grands groupes sur LinkedIn et publiez votre message. Par la suite vous faites « Partager » cette même nouvelle et sélectionnez vos 50 groupes. Bingo! Même Kevin Bacon saura que vous existez.

Aimer tout et tout le monde

On dit que tout l’amour que l’on donne nous sera rendu au centuple. Alors, aimez toutes les nouvelles photos de profil, félicitez chaudement ceux que LinkedIn vous invite à le faire – même si ils viennent de perdre leur emploi… Partagez les nouvelles des autres, répondez qu’il y a 214 M&M dans la jarre et soyez d’accord avec tout le monde. Bref, soyez un Jean-Marc Chaput 2.0!

L’éthique et les tiques

Plus vous appliquerez le premier terme ci-haut, moins serez qualifié du deuxième. Ces petits « trucs » présentés aujourd’hui augmenteront à coup sûr votre visibilité et votre rayonnement, c’est indéniable. Toutefois, ils mineront de façon sévère votre réputation et votre crédibilité. À vous de choisir votre camp…

Portez-vous un chapeau blanc ou un chapeau noir?


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Carl Rioux

Carl Rioux

Carl Rioux est directeur, développement des affaires chez Nexio.
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  • http://christian.aubry.org/ amicalmant

    J’ose croire que je porte un chapeau blanc, M. Rioux, ce qui m’amène à applaudir des deux mains votre billet. À l’ère de l’e-réputation et de la course effrénée à l’influence néo-médiatique, le détournement des réseaux sociaux au profit du «buzz» personnel ou corporatif augmente terriblement le niveau de bruit et conduit à une perte de sens de ces plate-formes. La croissance du «buzz» est aussi néfaste que celle du «spam» (pourriel) le fut en son temps. Et, tout comme cette dernière, elle n’est probablement pas prête de s’arrêter.

    Question pour question: comment réagissez-vous lorsqu’un inconnu(e) vous adresse une demande de connexion sans le moindre mot de mise en contexte ou d’explication?

    A] Le supprimez-vous immédiatement?
    B] Renvoyez-vous immédiatement une demande de précision avant de le supprimer?
    C] Consultez-vous son profil afin d’évaluer si vous auriez un intérêt à l’accepter?
    D] L’acceptez-vous systématiquement?

    Je pense que, si chaque porteur de chapeau blanc répondait de manière appropriée à cette grande question, Linkedin finirait par compter deux réseaux étanches: celui, insignifiant, des chapeaux noirs se connectant à n’importe qui et multipliant le bruit à tort et à travers et celui, utile et riche de sens, des chapeaux blancs qui gèrent efficacement leurs relations professionnelles avérées, conformément aux conditions d’utilisation du service et à sa mission d’origine.

    Ami Calmant,

    C.A.

    • Carl Rioux

      Merci pour vos commentaires, c’est apprécié. Pour répondre à votre question, c’est du cas par cas car il faut parfois compenser pour les faiblesses du système. Par exemple, si quelqu’un vous envoi une invitation via l’application mobile, Linkedin ne donne pas la possibilité de joindre un message personnalisé. Donc, avant de rejeter je tente au moins de trouver une bonne raison d’accepter si le nom m’est inconnu. 🙂

      • http://christian.aubry.org/ amicalmant

        Mieux vaut ne pas réagir sur mobile, mais plutôt sur ordinateur. Dans la page des invitations, on a en effet la possibilité de répondre avant d’accepter. Je le fais systématiquement, en demandant: « Bonjour, je ne crois pas vous connaître, que puis-je pour vous?»
        Une fois sur deux, je ne reçois pas de réponse et, 48 heures plus tard, je rejette la demande en précisant bien que je ne connais pas la personne. Plusieurs signalements de ce genre empêcheront l’individu de nuire pour un temps.
        Dans la plupart des cas restants, je reçois une réponse invoquant une motivation soit opportuniste, soit frivole. Je la décline alors poliment en renvoyant mon interlocuteur vers le billet qui résume ma position sur le sujet: http://tlmv.ca/ValeurLinkedin
        Ensuite, soit la conversation tourne court (la personne est vexée) et j’annule sa demande en déclarant ne pas la connaître, soit la personne me répond intelligemment et j’annule sa demande sans préjudice. Je pense ainsi faire ma part, aussi minime soit-elle, dans l’édification des masses, pour reprendre l’expression célèbre de Mao Zedong. 😉