Boule de cristal : préparer l’après-crise par l’innovation


Jean-François Ferland - 01/04/2009

Karen Radford de Telus et le ministre Raymond Bachand ont souligné que les entreprises qui misent maintenant sur l’audace et l’inventivité par le biais des TI rayonneront davantage une fois la crise passée.

L’édition 2009 de la conférence présentée par l’organisme de recherche CRIM a été amorcée sous le thème de l’encouragement. Les premiers orateurs ont affirmé que la préparation des organisations québécoises à la reprise des activités commerciales s’effectuerait à l’aide des technologies de l’information.

À titre de présidente d’honneur de la sixième édition de l’événement annuel, Karen Radford, la vice-présidente à la direction et présidente de Telus Québec et de Telus Solutions d’affaires, a déclaré à l’auditoire qu’investir davantage au niveau des technologies constituait le meilleur moyen pour une organisation de traverser la récession, mais aussi d’en ressortir plus fort.

« Les entreprises diminuent leurs effectifs et leurs dépenses et retardent leurs investissements, et les technologies de l’information sont souvent visées. C’est facile à comprendre, mais cela constitue un manque de vision. C’est comme essayer de sauver un patient sans lui donner d’oxygène », a-t-elle indiqué.

Mme Radford a évoqué une étude de l’université Harvard qui évaluait que seulement le tiers les entreprises américaines qui avaient perdu leur place dans le premier quadrant avaient pu y revenir après une période de récession. « Qui a alors bougé vers le premier quart? Celles qui ont investi deux fois plus en R&D  », a-t-elle ajouté.

Combler d’autres fossés

La présidente d’honneur a évoqué l’apport immédiat du recours aux technologies sur l’augmentation de la productivité, de la réduction de coûts et de l’incitation à l’innovation. Toutefois, elle a noté le glissement du Canada et le retard du Québec quant au niveau de productivité par personne, en comparaison avec les États-Unis.

« Le Québec ne doit pas prendre un retard qui aurait des conséquences majeures. La moitié de l’écart entre le Québec et les États-Unis s’explique par [un manque] d’investissement en TIC », a-t-elle souligné.

Mme Radford a noté le fossé qui sépare le besoin en main-d’oeuvre et le nombre d’étudiants qui sortent des bancs d’école. Elle a dit que les entreprises devaient démontrer leur engagement envers la croissance durable, notamment par un investissement dans la communauté, afin d’attirer des personnes qualifiées. « Si nous faisons des choix judicieux, nous en récolterons les fruits », a-t-elle affirmé.

Soutenir l’essor

Raymond Bachand, le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du gouvernement du Québec, a indiqué d’entrée de jeu que sa présence à l’événement consacré à l’industrie des TI était « un geste symbolique de l’importance que le gouvernement accorde à cette industrie ».

En affirmant que les TI constituaient un dénominateur commun et un levier d’innovation qui permet d’avoir une économie sans frontières et une amélioration de la performance à la sortie de la crise économique, le ministre a souligné la bonne position relative de l’industrie des TI en comparaison avec d’autres secteurs industriels québécois. Il a surtout mis l’emphase sur l’importance de l’innovation à titre d’élément de progression.

« L’innovation est autant plus importante que les cycles de vie sont plus courts », a-t-il indiqué avant de décrire les formes d’appui gouvernemental envers la R&D, dont le maintien de la stratégie de l’innovation et la bonification de son enveloppe budgétaire, l’allocation de 125 M $ pour des stratégies de liquidité, une récente mesure fiscale liée à l’équipement informatique et l’apparition de fonds de capitaux de risque.

En mentionnant que le passage des idées des laboratoires vers les entreprises n’était pas encore satisfaisant à son goût, M. Bachand a affirmé que le moment était idéal pour les organisations pour réfléchir à une stratégie d’innovation. « Ce qui m’encourage, malgré les mises à pied qui m’angoissent, c’est que nos entreprises gardent le cap sur l’avenir par la R&D », a-t-il confié.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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