Camelot-Info : plus que l’ombre de lui-même


Alain Beaulieu - 01/12/2006

En fermant son magasin de la Place Ville-Marie et son site camelot.ca, la librairie spécialisée en informatique est revenue à son point de départ, alors qu’elle exploitait un seul magasin.

Une institution québécoise dans le secteur des livres d’informatique et des logiciels, Camelot-Info, perd de plus en plus de plumes. Après la fermeture de son magasin montréalais de l’avenue Côte-des-Neiges, en septembre 2003, et de ses magasins de Laval et de Ste-Foy, voilà que l’entreprise de l’empire Quebecor, filiale de Groupe Archambault, fermera sa succursale de la Place Ville-Marie et son site transactionnel Camelot.ca le 31 janvier prochain.

Il ne restera donc plus que le magasin de la Place Phillips, pour desservir l’ensemble de la clientèle québécoise, maintenant essentiellement montréalaise, de la librairie fondée en 1978. Au plus fort de son histoire, c’est-à-dire lors de son acquisition par Groupe Archambault en 2000, elle-même une filiale de Quebecor Média depuis 1995, l’entreprise s’appuyait sur six magasins et un site transactionnel, mis sur pied en 1994, pour générer ses revenus.

L’unique survivant de la bannière propose un large éventail de livres d’informatique, incluant des livres techniques et de programmation avancée, ainsi que des logiciels, des progiciels et des jeux en français et en anglais.

D’ici la fermeture du magasin de la Place Ville-Marie, Camelot-Info applique un rabais de 30 % sur le prix régulier des articles qui y sont en inventaire. Cependant, la réduction ne peut être appliquée aux achats effectués sur Camelot.ca.

Aussi, étant donné que le magasin de la Place Ville-Marie a interrompu les commandes spéciales auprès de certains de ses fournisseurs, il ne peut garantir la faisabilité de certaines commandes passées et futures, dans l’intervalle.

La faute de la concurrence?

N’ayant pu obtenir d’explications de la part du Groupe Archambault et de Quebecor Média, qui ont préféré ne pas commenter la décision, nous devons nous rabattre sur des hypothèses pour expliquer la décision de l’entreprise.

Ainsi, on peut trouver une hypothèse d’explication dans la concurrence féroce que mènent les grandes surfaces, comme Future Shop, Bureau en Gros et Best Buy, dans le secteur des produits informatiques. Déjà en 2003, la direction de Groupe Archambault avait invoqué, lors d’une entrevue accordée au journal Les Affaires, la concurrence des grandes chaînes, comme Wal-Mart, Costco et Bureau en Gros, pour justifier la décision de fermer le magasin de Côte-des-Neiges. Cette concurrence aurait fait chuter les ventes de la bannière de plus de 15 %, à l’époque.

Groupe Archambault et Quebecor Média ont également été avares de commentaires sur la suite qu’ils entendent donner aux événements, notamment en ce qui a trait à la vente de livres d’informatique en ligne. On sait que Groupe Archambault, qui exploite une quinzaine de librairies au Québec, propose sur Archambault.ca une sélection de livres d’informatique en français et en anglais. On pourrait donc croire qu’après le 31 janvier, les clients désirant acheter des livres d’informatique en ligne pourront se rabattre sur ce site. Le site d’Archambault ne proposant pas de logiciels, les clients voulant acheter des logiciels en ligne devront se tourner vers un autre fournisseur.

On se rappellera que Camelot-Info a débuté ses activités dans l’actuel site de la Place Phillips, en qualité de librairie générale. Puis au début des années 1980, alors que se développait le marché de l’informatique personnelle, la librairie a pris le virage informatique, ce qu’a accentué la décision de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) de localiser sa faculté de mathématiques et d’informatique dans le même édifice, à cette époque. Au plus fort de ses activités, la librairie proposait au total plus de 10 000 titres en inventaire et avait accès à plus de 50 000 autres titres sur commande spéciale.




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