Carrière en TI : des chiffres sur l’offre, la demande et la gestion


Alain Beaulieu - 08/04/2009

Alors que la crise affecterait moins le secteur des TI que d’autres au niveau de l’emploi au pays, les Canadiens se sentent bien seuls quand vient le temps de gérer leur carrière.

Bien qu’en général il ne soit jamais facile de chercher du travail en période de crise économique, cela est moins difficile dans certains domaines et pour certaines professions. À cet égard, le secteur des technologies de l’information (TI) serait plutôt bien choyé, ou disons moins affecté que les autres secteurs de l’économie.

Le fournisseur de services en recrutement de personnel en TI Sapphire Technologies a rendu public un rapport faisant état des tendances observées par la firme sur le marché canadien de l’emploi à la fin de l’année 2008 et au 1er trimestre de 2009. Ce rapport montre que bien qu’il y ait un ralentissement de l’embauche dans le secteur canadien des TI, le taux de chômage dans ce secteur est inférieur de moitié au taux général de chômage, soit 3,5 % versus 7,7 %.

La firme attribue cet état de choses au fait que les entreprises sont de plus en plus dépendantes des TI. Les organisations canadiennes ont bien sûr réduit leur budget consacré aux TI, mais la firme de recherche IDC s’attend quand même à qu’elles dépensent plus de 40 milliards de dollars au total en 2009.

Malgré le taux de chômage de 3,5 % en vigueur dans le secteur, les organisations interrogées prétendent qu’il n’y a pas suffisamment de spécialistes TI qualifiés pour combler leurs besoins. C’est peut-être parce que les compétences qu’elles recherchent sont difficiles à trouver.

En fait, les attentes des employeurs envers les compétences et les habiletés de leurs futurs employés TI ont changé. Ainsi, on ne se contente plus d’experts aux connaissances approfondies sur une technologie particulière : on veut des spécialistes doublés de solides habiletés en gestion et en communication.

Cela dit, certaines compétences technologiques sont actuellement plus recherchées que d’autres, ce qui fait que ces domaines d’expertise affichent un taux de chômage moindre. C’est notamment le cas de ceux qui disposent d’une expertise en réseautique, plus particulièrement les analystes et les administrateurs de réseaux ainsi que les concepteurs de réseaux, pour lesquels la demande a crû de 12 % et de 18 % respectivement au cours des 12 derniers mois. Les professionnels TI bilingues ou qui peuvent effectuer des analyses de valeur et de rentabilité et gérer des projets sont aussi en bonne posture actuellement sur le marché de l’emploi, tout comme ceux disposant d’une expertise sur une technologie exclusive à un fournisseur particulier.

Le rapport de la firme souligne des variations géographiques au niveau de la demande. Ainsi, elle a constaté une augmentation de 36 % de la demande pour des postes exécutifs ou de gestion des TI dans le centre du Canada pour les douze derniers mois, ce qui démontre la préoccupation des organisations pour une utilisation stratégique des TI.

Dans l’est du pays, cette fois, la firme note une augmentation de 38 % de la demande pour les concepteurs de réseaux, alors que la demande pour les analystes/administrateurs de réseaux est en hausse de 21 %.

La demande pour l’ensemble des profils est demeurée forte dans l’ouest du pays, alors qu’elle affichait une hausse de 8 % pour les 12 derniers mois, alors que les concepteurs de réseaux et les analystes étaient plus particulièrement recherchés.

Gérer seul sa carrière

La même journée, le site canadien de gestion de carrière Monster.ca rendait publics les résultats d’un sondage sur la manière dont les employés gèrent leur carrière. Réalisé auprès de 3 401 internautes canadiens au début de mars, le sondage montre que l’exercice est avant tout une affaire individuelle, dans la mesure où les employés ne peuvent pas beaucoup compter sur l’appui de leur patron pour faire progresser leur carrière.

82 % des Canadiens qui sont de cet avis, alors que 12 % affirment pouvoir bénéficier de l’appui de leur famille et de leurs amis. Seulement 6 % soutiennent que leur employeur ou leur patron les aide dans ce processus. Au Québec, ces proportions sont respectivement de 84 %, 12 % et 3 %.

Le sondage canadien s’inscrit dans un sondage international plus vaste sur le même sujet auquel ont participé 25 342 personnes, afin de permettre une comparaison internationale. Or, il appert que les Canadiens et plus particulièrement les Québécois se sentent plus seuls que la moyenne des autres citoyens de la Terre quand vient le temps de gérer leur carrière, puisque 78 % de l’ensemble des répondants sont de cet avis, alors que 16 % peuvent compter sur leurs amis et de leur famille et 6 % sur leur patron.

C’est en outre en Espagne que les patrons sont plus enclins à aider leurs employés dans la gestion de leur carrière, à raison de 23 %, alors que c’est en France et en Pologne qu’ils le sont le moins, dans une proportion de 3 %.

Alain Beaulieu est adjoint au rédacteur en chef au magazine Direction informatique.




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