CEIM: les capital-risqueurs se laissent désirer


Jean-François Ferland - 12/09/2008

Québec attribue au Centre d’entreprises et d’innovation de Montréal 800 000 $ pour en assurer le fonctionnement. Les intervenants déplorent la rareté du financement pour les entreprises en amorçage et en démarrage.

Le Centre d’entreprises et d’innovation de Montréal (CEIM), en présence de Raymond Bachand, le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE), ministre du Tourisme et ministre responsable de la région de Montréal, a dévoilé l’obtention d’une « aide financière » qui servira au fonctionnement du centre dont la mission est d’agir comme incubateur d’entreprises technologiques en phase de démarrage.

Ce centre, qui est en activité depuis 1996, soutient la création et le développement d’organisations dans cinq secteurs précis, dont ceux des technologies de l’information, du multimédia et des technologies industrielles.

M. Bachand, en complimentant le travail du CEIM, a affirmé que les activités de l’organisme répondaient aux besoins des entrepreneurs. En positionnant la stratégie d’innovation du gouvernement du Québec comme étant parmi les plus « costaudes » du Canada et même de l’Amérique du Nord, il a qualifié l’appui gouvernemental au CEIM comme étant « très important ».

« Le CEIM est presque rendu à des efforts d’autofinancement de 50%, ce qui est déjà remarquable si on compare à d’autres endroits dans le monde, mais vous avez toujours besoin de l’appui des gouvernements. L’entrepreneuriat est essentiel. L’entrepreneuriat technologique innovant est encore la source principale de croissance économique », a indiqué le ministre.

« Dans cette course à la mondialisation, il y a une course à l’innovation qui va nous faire gagner, comme société. La participation financière du gouvernement est essentielle à ce stade, mais on espère tous que le secteur privé et le capital de risque prennent la relève », a-t-il ajouté.

M. Bachand a fait état d’une « révolution culturelle » dans le capital de risque au Québec au cours des dernières années, avec l’implication d’entités comme la Caisse de dépôt et le Fonds de solidarité de la FTQ qui ont contribué à l’offre de millions de capitaux d’ici et de l’étranger pour la réalisation de rondes de financement de niveaux supérieurs. « Mais avant de se rendre à ces rondes, ça prend un démarrage, ça prend un incubateur », a-t-il souligné.

Aide “rarissime ”

Hélène Desmarais, la présidente du conseil et la chef de la direction du CEIM, a souligné à l’aide de chiffres l’implication de l’incubateur dans le soutien des entreprises en phase de démarrage : 56 entreprises encadrées et 25 projets nouveaux en 2007; un taux de réussite des entreprises graduées de 76 % en douze ans ; le soutien au démarrage, depuis les débuts du centre, de 267 entreprises qui embauchent 2 074 personnes et produisent des revenus annuels de 148 millions $. Elle a également déploré l’absence de financement pour la première phase d’existence des entreprises.

« Ces résultats ont été obtenus dans un contexte où l’accès au financement d’amorçage demeure rarissime et constitue le principal frein au démarrage d’entreprise, a-t-elle déploré. Mais le CEIM n’est pas resté muet. Nous n’avons pas hésité, au cours de la dernière année, à sensibiliser les principaux acteurs du milieu, tant public que privé, à ce problème persistant. »

« Sans une masse critique d’entrepreneurs, notre économie ne pourra se renouveler adéquatement pour faire face aux défis de la mondialisation », a-t-elle ajouté, en soulignant l’implication financière des gouvernements fédéral et provincial depuis la fondation du centre.

« Clairement, le secteur privé ne répond pas aux besoins, a déclaré pour sa part Serge Bourassa, le président et chef de la direction du CEIM. À partir du moment où l’on prend la différence entre l’amorçage technologique et le démarrage, où les potentiels de rendement ne sont pas les mêmes, on comprend les défis structurels [des entrepreneurs], alors que certains fonds s’impliquent davantage au niveau du démarrage et pas de l’amorçage. »

« Forcément le secteur privé n’a pas été en mesure de combler [les besoins] et on pourrait s’attendre à ce que le gouvernement prenne une place plus prédominante », a-t-il concédé.

Incidemment, l’annonce de l’attribution de financement au CEIM a été réalisée au début du mois de septembre 2008, soit presque à mi-chemin de la période d’application du financement de l’incubateur, soit du 1er avril 2008 au 31 mars 2009.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.


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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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