Centres de données et énergie propre : Apple réagit au rapport de Greenpeace


Jean-François Ferland - 18/04/2012

Apple répond aux estimations formulées par Greenpeace à propos de l’énergie qui est utilisée pour l’exploitation de ses centres de données. Greenpeace, dans son blogue, commente la réaction d’Apple et lance une guerre de chiffres. Les autres entreprises visées par le rapport de l’organisme environnemental demeurent muettes.

L’entreprise technologique Apple, qui a été identifiée par Greenpeace comme étant les exploitants de centres de données pour l’infonuagique qui utilisaient le plus « d’énergie sale » (Lire : Centres de données et énergie propre : Greenpeace publie ses estimations pour 2012 a réagi publiquement aux affirmations de l’organisme environnemental qui sont contenues dans un rapport pour 2012.

Le quotidien The New Work Times, dans un article, indique qu’Apple, par le biais d’une porte-parole, a mis en doute les conclusions du rapport tout en affirmant que l’entreprise préparait la construction de deux « énormes projets à énergie renouvelable » dans son centre de données qui a été mis en fonction récemment à Maiden, en Caroline du Nord.

Selon l’article du New York Times, un projet aurait recours à des panneaux solaires et l’autre projet aurait recours à des piles à combustible. La représentante d’Apple a indiqué que ces projets contre-balanceraient éventuellement la plupart de la consommation d’énergie du centre de données qui est fondée sur le nucléaire et le charbon.

Le New York Times indique qu’Apple, dans un énoncé publié en réponse au rapport de Greenpeace – qui ne semble pas avoir été publié dans Internet – a indiqué que son centre de données consommerait environ 20 millions de watts (ou 20 mégawatts) lorsqu’il fonctionnera à pleine capacité. Un document associé au rapport de Greenpeace estimait que la première phase du centre de données d’Apple à Maiden, d’une superficie de 500 000 pieds carrés, consommerait 100 mégawatts, dont 10 % proviendraient de sources d’énergie renouvelable à même le site.

Réplique

Greenpeace, dans un billet de blogue rédigé par le spécialiste des questions technologiques Gary Cook, a dit apprécier qu’Apple reconnaisse la nécessité de révéler plus d’information à propos de la consommation d’énergie de ses centres de données. Toutefois, l’organisme environnemental indique que la consommation d’énergie rapportée ne faisait pas de sens en fonction de l’ampleur de l’investissement et de la taille du site pour le centre de données de Maiden.

Dans son billet, Greenpeace indique qu’Apple avait fait mention d’un investissement d’un milliard de dollars américains sur dix ans et que l’organisme avait estimé qu’il faudrait obtenir 1
mégawatt d’alimentation électrique pour les serveurs par tranche de 15 millions de dollars américains d’investissement.

Ainsi, 1 milliard de dollars américains en investissements par Apple équivaudraient à une consommation de 66 mégawatts pour les serveurs. En ajoutant la consommation électrique pour les besoins qui ne sont pas liés aux technologies, Greenpeace arrive à la somme de 100 mégawatts.

« Alors qu’Apple est bien connue pour la fabrication de produits informatiques plus coûteux, si les plans de la compagnie pour un investissement d’un milliard de dollars [américains] ne génèrent que seulement 20 mégawatts en consommation d’énergie, cela portera la « prime Apple » (Apple Premium) à un tout autre niveau », écrit Gary Cook.

Mutisme

Au moment de mettre en ligne cet article, la plupart des autres exploitants de centres de données pour des services d’infonuagique qui ont été pointés du doigt par Greenpeace n’avaient pas réagi publiquement aux accusations qui ont été formulées par Greenpeace en matière d’utilisation d’énergie.

Dans le blogue officiel de Salesforce.com, on retrouve un billet publié le 10 avril 2012 où l’entreprise partage son but d’exploiter le « nuage ayant le meilleur développement durable au monde » (world’s most sustainable cloud). Salesforce y inclut un hyperlien vers une page Web qui décrit l’impact environnemental de l’infonuagique. Toutefois, aucun billet du blogue de Salesforce.com ne contient de commentaire sur le rapport de Greenpeace.

Chez Amazon, ni le blogue corporatif Amazon Web Services Blog ni le blogue Amazon Green qui traite de sujets environnementaux ne contenaient de billet en réaction au rapport de Greenpeace.

Une vérification sommaire des blogues corporatifs de Google, de Twitter, de Microsoft, d’IBM, d’HP et d’Oracle n’a pas permis de trouver de billet en réaction au rapport de Greenpeace.

Pour consulter l’édition numérique du magazine de février-mars 2012 de Direction informatique, cliquez ici

Jean-François Ferland est rédacteur en chef adjoint au magazine Direction informatique.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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