Communications au Canada en 2008 : revenus, utilisateurs et concurrence en télécoms à la hausse


Jean-François Ferland - 07/08/2009

Le Rapport de surveillance des communications du CRTC estime que les industries des télécommunications et de la radiodiffusion ont produit des revenus de 54 G$ en 2008, en hausse de 6 % d’année en année. Ce premier article, d’une série de deux, traite des constats généraux pour l’industrie des télécoms et les nouveaux médias en ligne.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes a publié la deuxième édition du Rapport de surveillance des communications, dont les données ont trait à l’année 2008.

Alors que les revenus généraux de 54 G$ en 2008 auraient constitué une hausse de 6 % en comparaison avec les revenus en 2007, c’est à l’industrie des télécommunications que revient la part du lion. Ses revenus de 40,3 G$ l’année dernière constitueraient une hausse de 5,5 % en comparaison avec les revenus produits en 2007.

De ces revenus, 44 % auraient été produits par des « entreprises concurrentes », soit des organisations qui font une lutte commerciale à des entreprises établies de longue date. Leurs revenus auraient été de 17,6 G$ en 2008, en croissance de 10 % d’année en année.

Téléphonie sans fil

De ces revenus, 40 % seraient attribuables aux services de téléphonie sans fil qui auraient produit 15,9 G$ en 2008. C’est ce secteur qui aurait connu la plus forte croissance annuelle en télécoms, soit 10,5 %. Toutefois, le CRTC note que cette progression serait moindre que la croissance annuelle de 14,3 % qui a eu lieu de 2004 à 2007.

Les 22,1 millions d’abonnés aux services de téléphonie mobile en 2008 représenteraient une hausse annuelle de 9 %. Les téléphones évolués, qui composaient 12 % des appareils utilisés en 2007, constitueraient 21 % des appareils employés au Canada en 2008.

Une donnée d’intérêt du CRTC a trait à la couverture des réseaux sans fil de troisième génération, qui serait passée d’une atteinte de 78 % des foyers en 2007 à 91 % des foyers en 2008. D’ailleurs, l’organisme fédéral souligne qu’une bonne partie de la croissance annuelle de 54,1 % des dépenses en immobilisation – de 7,8 G$ en 2007 à 12 G$ en 2008 – serait attribuable aux investissements réalisés dans le cadre la mise aux enchères d’une partie de spectre par Industrie Canada.

Internet

Les revenus associés aux services d’accès à Internet auraient été de 6,2 G$ en 2008, en hausse de 9,4 % en comparaison avec les revenus de l’année 2007. 9,8 millions de personnes auraient eu un abonnement résidentiel à Internet, en croissance de 5,6 % en douze mois, ce qui correspond à 74 % des foyers canadiens [NDLR le nombre d’abonnés est constitué des détenteurs de comptes d’accès et non du total d’utilisateurs dans les foyers].

Par ailleurs, plus de la moitié (52 %) des foyers utiliseraient un service d’accès à large bande, soit plus de 1,5 Mb/s. Cette proportion positionnerait encore le Canada en tête de liste des pays du G7.

Téléphonie résidentielle

Les services de téléphonie résidentielle auraient produit des revenus de 4,87 G$ en 2008, ce qui constituerait une croissance annuelle de 0,5 %. Non seulement cette croissance est la plus faible parmi tous les secteurs des télécoms, mais ce secteur est celui qui aurait produit le moins de revenus parmi ceux qui ont trait aux télécommunications grand public.

Surtout, on remarque qu’un type de concurrents aux services traditionnels filaires, soit les câblodistributeurs, ont vu leur proportion des revenus du secteur atteindre 18,6 %, contre 13,6 % en 2008. Qui plus est, les 2,9 millions de lignes téléphoniques par câble qui auraient été actives en 2008 représenteraient 22,5 % des 13 millions de lignes résidentielles qui étaient en activité au Canada. En 2007, les 2,3 millions de lignes câblées constituaient 17,9 % des lignes résidentielles en activité au Canada.

Selon le rapport du CRTC, 99 % des foyers auraient accès à au moins un service de télécommunication.

Radiodiffusion : croissance des nouveaux médias

Pour l’autre industrie majeure des communications canadiennes qui sont observées par le CRTC, soit la radiodiffusion, le rapport fait état du recours aux nouveaux médias par la population canadienne.

On constate que les anglophones passeraient plus de temps sur Internet que les francophones, mais que la progression annuelle des francophones aurait été supérieure de 2007 à 2008. Les anglophones auraient navigué en moyenne 13,8 heures par semaine sur la Toile l’an dernier, contre 13,4 heures en 2007, tandis que les francophones auraient consacré en moyenne 11,1 heures par semaine à l’exploration du Web, contre 9,8 heures en 2007.

Toutefois, la diffusion en continu des stations de radio ferait l’objet d’un déclin. 13 % des francophones auraient écouté une station en continu pour un mois donné en 2008, en recul de 3 % en comparaison avec l’année 2005. Chez les anglophones, 16 % des internautes auraient syntonisé une station de radio en ligne en 2008, contre 23 % en 2005.

Le recours à la baladodiffusion, à l’inverse, aurait progressé de façon importante en un an. La proportion d’adeptes de cette forme de distribution aurait augmenté de 40 % chez les francophones et de 46 % chez les anglophones entre 2007 et 2008.

Le rapport du CRTC fait aussi état de revenus de 14 G$ pour l’industrie de la radiodiffusion en 2008. Les revenus des radiodiffuseurs commerciaux privés auraient augmenté de 5 % à 1,5 G$.

Du côté de la télévision, les revenus généraux auraient crû de 5 % à 5,5 G$. Toutefois, les télédiffuseurs conventionnels privés auraient produit des revenus de 2,14 G$, en baisse de 1,5 %, alors que les canaux spécialisés, à la carte, de vidéo sur demande et payants auraient produit 2,9 G$ de revenus, en hausse de 8 % en douze mois.

Enfin, les revenus des distributeurs de services par câble ou par satellite auraient atteint 7 G$ en 2008, en hausse de 10,2 % d’année en année.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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