Communications au Canada: les réseaux privés virtuels IP font leur marque


Jean-François Ferland - 11/08/2009

Le CRTC a récemment publié le Rapport de surveillance de l’industrie des communications pour 2008. Ce deuxième article souligne l’impact des protocoles de nouvelle génération sur le secteur des services de transmission de données et de liaison spécialisée.

Alors que nous avons présenté les données générales de l’industrie des communications dans un premier article, nous analysons ici les données du deuxième rapport ananuel de surveillance de l’industrie des communications du CRTC, qui couvrent les services de transmission de données et de liaison spécialisée. Ces derniers ont produit des revenus de 4,3 G$ en 2008, en hausse de 4,3 % en comparaison avec l’année 2007.

Les services de transmission de données sont définis comme étant des services gérés de réseau local et de réseau étendu pour des réseaux, de vidéo, de téléphonie et de données à l’échelle métropolitaine, nationale ou internationale. Ces services incluent des protocoles traditionnels comme le relais de trames, le transfert asynchrone et la commutation par paquets comme X.25.

Les services de liaison spécialisée, pour leur part, raccordent deux ou plusieurs points à l’aide d’installations consacrées à l’acheminement de trafic de données, de vidéo et de téléphonie. La transmission analogique ou numérique se réalise à l’aide de satellites, de fils de cuivre ou de fibre optique.

Transmission de données

Le segment de la transmission de données a produit des revenus de 2,6 G$, en croissance de 5,9 % en douze mois. Ces revenus constituent 60 % de l’ensemble des revenus de transmission de données et de liaison spécialisée. Depuis 2004, les revenus de ce segment ont eu un taux de croissance annuel composé de 2,9 %. Les protocoles de données ont produit des revenus de 1,7 G$, en croissance annuelle de 10,6 %. La portion de marché qui a trait à la fourniture et la gestion de réseau et d’équipement, pour sa part, a produit des revenus de 846 M$, en recul de 2,8 % en douze mois.

En répartissant les revenus en fonction des protocoles utilisés, on constate que les protocoles Ethernet et de réseau privé virtuel fondé sur IP, qui sont qualifiés de « nouveaux », distancent encore plus les protocoles traditionnels en matière de revenus. D’ailleurs, c’est depuis 2006 que les revenus émanant des services de données « non traditionnels » ont dépassé ceux des protocoles de précédente génération.

Essor du réseau privé virtuel

Au total, les nouveaux protocoles ont produit des revenus de 1,3 G$ en 2008, en croissance de 19 % d’année en année. Les services de détail ont produit des revenus de 1,2 G$, en hausse de 19,7 % en douze mois. Les revenus associés au protocole RPV-IP ont été de 751,7 M$, en croissance de 40,4 %, alors que ceux qui ont trait au protocole Ethernet ont produit des revenus de 474,1 M$, en recul de 2,9 %. C’est depuis 2007 que les protocoles de réseaux privés virtuels produisent plus de revenus que ceux de réseau Ethernet.

Les services de gros, pour leur part, ont produit des revenus de 112,5 M$ en 2008, en hausse de 11,1 % en douze mois. Toutefois, la provenance des revenus est à l’inverse que pour les services de détails, puisque les revenus associés à Ethernet ont été de 99,4 M$, en croissance de 10,4 % d’année en année, alors que ceux qui ont trait aux réseaux privés virtuels sur IP ont été de 13,1 M$, en croissance de 16,6 % en douze mois.

Les protocoles traditionnels ont produit des revenus de 433,8 M$, en recul de 9,2 % d’année en année. 373,1 M$ provenaient de la vente de services de détail, en recul de 10,1 % en douze mois, alors que 60,7 M$ provenaient des services de gros, en recul de 2,6 % en douze mois.

Liaison spécialisée

Les services de liaison spécialisée ont produit des revenus de 1,7 G$, en hausse de 2,1 % d’année en année. Cette hausse constitue un petit baume, toutefois, alors que le taux de croissance annuel composé de ce secteur a été de -4,3 % entre 2004 et 2008. Si les revenus de 1,6 G$ pour l’année 2007 avaient constitué une hausse de 0,9 %, les revenus des années 2004 à 2006 avaient fait l’objet de reculs annuels qui ont varié de 9,2 % à 10,4 %.

« Non seulement les nouveaux services de transmission de données ont-ils attiré une part des revenus des services traditionnels, mais ils ont aussi freiné la croissance des revenus des services de liaison spécialisée grâce à leur capacité d’offrir à un coût raisonnable les principales caractéristiques de ces derniers comme la capacité et la sécurité », résume bien le rapport du CRTC.

L’importance de la distance

Un autre ensemble de données d’intérêt a trait aux revenus des services de liaison spécialisée en fonction de la distance. Pour les services de détail, les revenus associés à des services sur une courte distance ont été de 348 M$, en recul de 19 % d’année en année, alors que ceux qui ont trait à des services sur une longue distance ont été de 549 M$, en recul de 4,8 % en douze mois. Du côté des services de gros, les services sur courte distance ont produit des revenus de 381 M$, en hausse de 32,9 % en douze mois, alors que les services sur courte distance ont produit des revenus de 437 M$, en hausse de 12,1 % d’année en année.

Les services sur courte distance semblent avoir subi les plus grands contrecoups de l’intérêt envers la transmission de donnée et les nouveaux protocoles. De 2004 à 2008, le taux de croissance annuel composé a été de -9,6 % pour les services de détail et de -15,1 % pour les services de gros.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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