De l’espoir pour la future main-d’oeuvre en TI


Jean-François Ferland - 04/04/2008

Après des années de recul, les demandes d’admission dans certains programmes en technologies de l’information au collégial seraient à la hausse en 2007 et 2008. L’industrie doit quand même poursuivre son opération charme.

L’industrie québécoise des TIC, confrontée à une pénurie de main-d’oeuvre croissante, peut se réjouir un peu. À la lumière de récentes statistiques portant sur les demandes d’admission aux programmes collégiaux d’enseignement, les étudiants semblent s’intéresser de nouveau à faire carrière dans ce secteur.

Selon des données obtenues par l’organisme TechnoCompétences auprès du Service régional d’admission du Montréal métropolitain et du Service régional d’admission au collégial de Québec, 776 demandes d’adhésion au programme Technique d’intégration du multimédia dans les cégeps de ces deux régions auraient été soumises en 2007, contre 622 demandes en 2006, soit une hausse de 25 %. Pour le programme Technique d’animation 3D, les demandes d’admission auraient pratiquement augmenté de moitié, soit 405 demandes en 2007, contre 276 demandes 2006. Ces données totalisent les demandes des trois tours d’admission au collégial.

De plus, selon des données préliminaires et partielles qui émanent du premier tour de demandes d’admission dans la seule région de Montréal, le SRAM aurait reçu 480 demandes pour le programme Technique d’animation 3D et 538 demandes pour le programme Technique d’intégration du multimédia. Ces données partielles laissent présager que les nombres de demandes d’adhésions dans les régions de Montréal et de Québec seront supérieurs en 2008 à ceux de l’année précédente.

« Au cours des deux dernières années, on parle énormément de la croissance chez Ubisoft, Electronic Arts, A2M, de création d’emploi dans des entreprises d’ici et du campus Ubisoft, souligne Jean-François Dumais, le directeur des projets en ressources humaines chez TechnoCompétences. Cela a permis de faire connaître l’industrie et qu’il y a de l’emploi à Montréal et à Québec en jeu. On voit une hausse des admissions dans deux programmes concentrés sur le jeu vidéo, qui semble susciter l’intérêt. »

Fluctuations

Toutefois, deux programmes qui englobent une portion importante des métiers de l’industrie auraient suscité moins d’intérêt auprès des étudiants en 2007. 1 195 demandes d’admission auraient été formulées en 2007 pour le programme Technique de l’informatique, contre 1 497 demandes en 2006, ce qui constitue un recul de 20 %. 501 demandes auraient été soumises pour le Technique de l’électronique l’année dernière, contre 561 demandes en 2006, soit un recul de 10 %.

Néanmoins, le programme Technique de l’informatique pourrait connaître un regain en 2008 puisque le SRAM aurait reçu 1 004 demandes d’adhésion lors du premier tour pour les institutions d’enseignement de la région de Montréal. Pour le programme Technique de l’électronique, 303 demandes auraient été reçues à ce jour au premier tour.

« Un des facteurs négatifs dans toute l’industrie, alors qu’il y a eu une baisse des inscriptions dans toute l’industrie [au cours des dernières années], est qu’on entendait peu parler de la création d’emplois, mais plutôt de mises à pieds ou de problématiques en 2001 et 2002, rappelle M. Dumais.

« Comme le secteur est beaucoup composé de PME, la création d’emplois se voit très peu. La moitié des emplois en informatique sont dans les grandes entreprises, et lorsqu’elles engagent, elles [embauchent aussi] des gens des TI, mais ça ne se voit pas », ajoute-t-il en soulignant que plusieurs entreprises, dont une coalition de compagnies menée par Bell Canada, ont manifesté récemment le besoin de main-d’oeuvre de l’industrie sur la place publique.

« On a l’impression qu’il y aura une remontée [des demandes] et les données sont positives pour l’instant. À Montréal [en 2007], il y avait 971 demandes après le 1er tour. Il semble y avoir un regain d’intérêt », commente-t-il.

Notons que ces données ont trait aux demandes d’admission et non aux inscriptions dans les programmes collégiaux. Des candidatures pourraient ne pas être retenues par les établissements, tout comme des étudiants pourraient opter pour un autre secteur d’activité au moment de l’inscription formelle.

Sensibilisation et concurrence

Depuis près de deux ans, TechnoCompétences et des entreprises du secteur des technologies de l’information produisent deux campagnes de promotion afin d’inciter les étudiants du secondaire à faire carrière dans l’industrie. Ma carrière en Jeux, lancée en 2006, regroupe une dizaine d’entreprises du secteur du jeu vidéo, tandis que Ma carrière Techno.com, inaugurée en 2007, regroupe des partenaires de l’industrie et du monde des affaires. Selon TechnoCompétences, il y aura plus de 21 000 emplois en TI à combler au Québec d’ici 2010.

Ces programmes, indique M. Dumais ont permis de constater que plusieurs jeunes ne connaissaient pas l’industrie et ses métiers, ce qui nécessite un travail de sensibilisation et d’information. Il explique qu’un répertoire des types emplois est utilisé dans les cours d’orientation au secondaire, alors qu’un jeu en ligne et des sites d’information susciteraient un haut taux de satisfaction auprès des jeunes.

Au cours de l’année 2008, les programmes chercheront à cibler les étudiants par le biais de conférences dans les écoles secondaires et de participations aux salons de l’emploi et aux salons et festivals destinés à la jeunesse. D’ailleurs, M. Dumais confirme que la participation des entreprises du secteur des TI est plus que bienvenue, alors que plusieurs secteurs industriels tentent de charmer la jeunesse.

« Il faudra que la participation des entreprises soit encore plus grande, en raison de la concurrence. Le bassin de main-d’oeuvre se réduit au Québec, et beaucoup d’autres secteurs, non seulement celui des TI, ont besoin de main-d’oeuvre. Plus les entreprises s’impliqueront, mieux ce sera », estime M. Dumais.




Tags: , , , , , , , , ,

À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
Google+