Des technologies pour mieux enseigner


Alain Beaulieu - 08/06/2007

La conférence ThinkTank 2007, dédiée à l’utilisation des TIC dans le secteur de l’éducation, a fourni l’occasion aux spécialistes du secteur de partager leurs expériences.

Du 3 au 5 juin, HEC Montréal était l’hôte de l’édition 2007 de la conférence ThinkTank, qui en était à sa dixième prestation. Organisé par le fabricant d’ordinateurs personnels chinois Lenovo, qui a acheté la division PC d’IBM en 2005, l’événement se veut un lieu d’échange sur les meilleures pratiques et les dernières innovations technologiques dans le secteur de l’éducation.

Destiné à l’ensemble des groupes d’utilisateurs des programmes ThinkPad University, ThinkPad Academy et ThinkPad 1:1 de par le monde, l’événement propose un programme de conférences et d’ateliers et une aire d’exposition de produits.

« Le but de la conférence est d’améliorer l’enseignement et l’apprentissage par une utilisation novatrice de la technologie, résume Michael Schmedlen, responsable de secteur de l’éducation, chez Lenovo Amériques. Cela comprend l’utilisation de l’ordinateur en classe et du sans-fil, mais ce qu’on veut surtout, c’est d’amener les spécialistes des TIC et les cadres du secteur de l’éducation à trouver des façons plus créatives d’enseigner grâce aux TIC. C’est un bon moyen d’inciter les spécialistes de l’éducation à partager leurs façons de faire. »

C’était la deuxième fois cette année que la conférence avait lieu à Montréal, la première étant en 2000. L’an dernier, cette conférence s’est tenue à Seton Hall University, dans la ville de South Orange, New Jersey.

L’édition 2007 a attiré 225 spécialistes provenant de la Suisse, du Royaume-Uni, du Mexique, des Émirats Arabes Unis, de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie, notamment.

Parmi les conférenciers d’honneur, notons Burt Rutan, inventeur et chef de la direction de Scaled Composites. Ayant développé, de concert avec l’inventeur et philanthrope Paul G. Hallen, le premier véhicule spatial habité de nature commerciale – SpaceShipOne – en 2001, M. Rutan a parlé de la créativité et de l’innovation scientifique.

Se référant à l’histoire de l’aéronautique, il a rappelé que la créativité scientifique est à son maximum lors des périodes difficiles, en temps de guerre et de crise notamment, ce qui explique le peu de progrès qui a été fait durant les années 1980 et 1990. Outre la peur, la recherche du plaisir a aussi un effet stimulant sur la créativité des inventeurs, l’impact des jeux vidéo sur le développement des ordinateurs personnels en attestant. En outre, la qualité des inventions est directement proportionnelle à la capacité des gestionnaires à prendre des risques et à ne pas trop encadrer le travail des chercheurs.

Ateliers

Du côté des ateliers, on a pu voir un logiciel de simulation – ERPsim – créé par une équipe de chercheurs de HEC Montréal, de l’École Polytechnique de Montréal et de la Michigan University. Servant à initier les étudiants universitaires aux processus d’affaires et aux concepts de base des systèmes intégrés de gestion (ERP), le logiciel prend la forme d’un jeu dont l’objectif est de compléter un cycle complet de production de céréales Müeslix, de l’approvisionnement en matières premières à l’expédition des produits finis. Le « jeu », qui est compatible à mySAP, se fait par équipe de cinq à six étudiants, qui sont appelés à prendre des décisions et en perçoivent les impacts à l’écran.

On pouvait également y entendre le témoignage d’un utilisateur des outils d’apprentissage interactif Vision et Monitor de DyKnow, en l’occurrence la Bryant University, de Smithfield (Rhode Island), qui, fréquentée par 3 800 étudiants qui reçoivent un ordinateur portatif à la rentrée, compte 150 facultés à temps plein et 100 facultés à temps partiel.

Les deux outils complémentaires favorisent une interactivité accrue au niveau de l’enseignement, du fait qu’ils permettent aux étudiants d’obtenir automatiquement sur leur ordinateur portatif, ou leur tablette PC, le contenu de la présentation en cours, qu’ils peuvent annoter par la suite. Par conséquent, les étudiants ne perdent pas leur temps à retranscrire ou retaper la présentation de leur enseignant.

En retour, ce dernier peut plus facilement vérifier le niveau de compréhension de ses étudiants, en leur soumettant des questions à la volée, et mieux surveiller l’utilisation que font ses étudiants de leur ordinateur portatif, ce qu’il voit sur son poste, et, le cas échéant, bloquer les applications indésirables (jeux, Internet, etc.) sur le poste de l’étudiant fautif. Les deux outils requièrent qu’un client soit installé sur l’ordinateur de chaque étudiant.

Ayant débuté en janvier 2006, le projet pilote rejoint, depuis septembre dernier, six facultés et dix classes de discipline variée. Une dizaine d’enseignants « champions » font actuellement la promotion du projet à l’intérieur de l’institution, en partageant leur expérience avec les autres enseignants de l’institution, dans le but d’en favoriser l’adoption par leurs collègues.

Qualité des contenus

Bien que la participation ait été inférieure cette année par rapport à l’an dernier, alors qu’elle atteignait 300 individus, Lenovo se dit très satisfait de cette dixième édition. « La baisse de la participation a probablement à voir avec les restrictions qui existent au niveau des déplacements internationaux, soutient M. Schmedlen. La plupart de nos clients proviennent des États-Unis et plusieurs d’entre eux n’ont pu réussir à faire faire leur passeport à temps. Du point de vue du curriculum des conférences et des ateliers, c’était assurément notre meilleure année. »

Lenovo prévoit mettre davantage l’accent sur l’enseignement primaire et secondaire l’an prochain – cette année, l’enseignement supérieur dominait – alors que la conférence aura lieu à la Wake Forest University, en Caroline du Nord. Cette dernière est, depuis cinq ans, une ThinkPad University, c’est-à-dire une université dans laquelle chaque étudiant et professeur est équipé d’un ordinateur portatif ThinkPad.

« L’an prochain, nous allons nous concentrer davantage sur la dimension académique et moins sur la dimension technologique, comme cela a été le cas cette année », affirme M. Schmedlen.