Informatique en nuages: conserver les données des Canadiens au Canada


Denis Lalonde - 18/03/2010

À l’ère de la mobilité et de l’informatique en nuages, le gouvernement du Canada et le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) doivent s’assurer de bien encadrer la protection des renseignements personnels et l’accès à la vie privée des Canadiens, selon un dirigeant de Bell.

« L’industrie des télécommunications ne doit pas être déréglementée. La protection de l’accès à la vie privée demeure un enjeu majeur. C’est évident que lorsqu’un organisme réglemente une industrie, il faut qu’il évolue. C’est au gouvernement et au CRTC de décider quels sont les règlements qui demeurent pertinents ou non au fil des ans», affirme Stéphane Boisvert, président de Bell Marché Affaires, en marge d’une allocution prononcée à Montréal devant les membres de l’Association des MBA du Québec.

M. Boisvert souligne que certains règlements du CRTC n’ont pas été modifiés depuis les années 50, par exemple la réglementation des câbles de cuivre, en voie de disparition depuis l’arrivée de la fibre optique.

« Le gouvernement a un rôle à jouer notamment au niveau de la réglementation entourant les participations des entreprises étrangères dans des sociétés canadiennes et du côté de l’information et du contenu », croit-il.

Informatique en nuages

Stéphane Boisvert ajoute que si les entreprises d’ici commencent à adopter en masse l’informatique en nuages, elles doivent s’assurer de conserver leurs données, celles de leurs employés et de leurs clients au pays, avant tout pour des raisons de proximité.

« Héberger des données comporte un risque. En cas de pépin, c’est plus compliqué d’aller sur place. Si les données d’une entreprise québécoises sont hébergées à Austin, au Texas, il faut prendre l’avion et aller là-bas. Si on fait affaire avec Google ou Microsoft, tout est géré aux États-Unis. Lorsque les serveurs sont situés à Laval, Toronto ou Mississauga, c’est beaucoup plus proche », illustre-t-il.

L’informatique en nuages est un procédé qui permet aux entreprises d’héberger leurs données sur des serveurs distants grâce à une simple connexion Internet.

M. Boisvert se garde bien de mettre en doute les pratiques de sécurité des entreprises étrangères, mais estime que l’industrie canadienne des télécommunications a le devoir de s’assurer que les entreprises du pays ont accès aux solutions adéquates pour y conserver leurs données.

Déréglementation en vue

Le dernier budget fédéral prévoit augmenter la concurrence dans l’industrie des télécommunications en éliminant les restrictions encore applicables à la propriété étrangère des satellites canadiens.

« Si on déréglemente l’industrie des télécommunications, je ne crois pas que le gouvernement va laisser une entreprise comme Bell passer sous contrôle étranger. Le gouvernement doit à présent définir un plan à long terme de ce qui a été articulé dans le budget fédéral », dit Stéphane Boisvert.

La productivité, un enjeu

Le président de Bell Marché Affaires soutient que les entreprises canadiennes sont en retard sur celles des États-Unis au niveau des investissements en nouvelles technologies, citant des chiffres qui datent de 2007, soit avant le début de la récession.

« Durant cette année, les É-U ont dépensé 1 370 dollars de plus par poste dans le secteur des TIC que le Canada. Le Canada doit donc presser le pas s’il veut demeurer aux premières lignes des économies avancées », dit-il, citant une étude de Roger Martin, président de l’Institute for Competitiveness & Prosperity, un organisme sans but lucratif ontarien voué à la vulgarisation des enjeux

Il affirme donc que le progrès technologique est indissociable de la prospérité du pays puisqu’il permet de développer les capacités sur lesquelles les entreprises doivent miser pour demeurer compétitives.




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À propos de Denis Lalonde

Denis Lalonde est rédacteur en chef chez Direction informatique, développant des contenus et services uniques pour les spécialistes des technologies de l’information en entreprise à travers la province de Québec, tant à l’imprimé que sur le Web. Il s’est joint à IT World Canada, l’éditeur de Direction informatique, après avoir travaillé plus de cinq ans chez Médias Transcontinental pour les publications LesAffaires.com et le Journal Les Affaires. Journaliste accompli à l’aise sur toutes les plateformes médiatiques, Denis a également travaillé au Journal de Montréal, au portail Internet Canoë et au Réseau de l’information (RDI). Twitter: DenisLalonde
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