Informatique verte : quand le coût en vaut le coup


Jean-François Ferland - 05/03/2009

Un sondage mondial portant sur des initiatives associées à l’informatique verte dans les moyennes entreprises démontre un intérêt accru envers l’atténuation des impacts environnementaux. Toutefois, la motivation dominante est d’ordre économique.

L’étude, produite par la firme canadienne Info-Tech Research Group à la demande du fournisseur IBM, a examiné onze initiatives liées à l’informatique verte dans les domaines de la virtualisation et du regroupement des systèmes informatiques, de l’élimination du matériel informatique en fin de vie, de l’efficacité énergétique et de la réduction des voyages d’affaires.

À cet effet, la firme a sondé les responsables des TI d’entreprises de moyenne envergure oeuvrant dans huit d’industries en Allemagne, au Brésil, au Danemark, aux États-Unis, en Finlande, en France, en Inde, au Japon, en Norvège et au Royaume-Uni. 8 % des répondants étaient situés au Canada.

Alors que la moitié des répondants ont dit qu’ils réalisaient un projet pilote ou une implantation d’une des initiatives faisant l’objet de l’étude, 80 % des répondants auraient indiqué que leurs organisations avaient réalisé ou planifiaient la réalisation d’initiatives à court terme.

Les projets déjà accomplis les plus populaires seraient la consolidation des imprimantes (57 % des répondants), le recyclage des équipements technologiques (56 %) et la gestion de l’alimentation électrique des ordinateurs (53 %). Les projets les moins populaires seraient la construction d’une nouvelle salle de serveurs (40 %) et la virtualisation des postes de travail (44 %).

Quant aux initiatives prévues, les projets les plus souvent mentionnés seraient la modification d’une salle de serveur existante (42 %), la virtualisation des serveurs et la construction d’une nouvelle salle de serveurs (38 %), soit trois projets interreliés. Les projets prévus les moins populaires seraient la consolidation des imprimantes (31 %) et le recyclage du matériel informatique (32 %).

Motivations

D’ailleurs, l’étude souligne que presque toutes les initiatives associées à l’informatique verte sont motivées à 60 % par des motifs commerciaux – comme la réduction des coûts et l’obtention d’une meilleure image publique – et à 40 % par des motifs environnementaux. Seulement 20 % des répondants auraient dit accorder une emphase égale aux deux types de motifs. Les auteurs de l’étude affirment que l’importance des bénéfices environnementaux augmente en cours d’implantation.

Selon l’étude, les bénéfices qui motivaient le plus l’implantation d’initiatives en informatique verte étaient, ex aequo avec 57 % des répondants, la réduction de l’électricité et la réduction des fournitures à remplacement périodique, dans une optique de réduction des coûts. Une fois l’implantation réalisée, les plus grands bénéfices étaient, également ex aequo avec un taux de 68 %, l’augmentation de fonctionnalités et la réponse aux demandes provenant de la clientèle.

Consolidations et économies

À propos de la consolidation du stockage et de la virtualisation des serveurs, l’étude indique que 25 % des moyennes entreprises sondées ont réalisé des projets de la sorte et que la moitié compte en faire tout autant au cours des douze prochains mois.

La consolidation du stockage serait motivée par un manque de puissance de traitement ou de capacité de stockage chez 59 % des répondants, alors que 58 % des personnes sondées voudraient réduire la consommation électrique en raison de compressions budgétaires.

Pour les bénéfices perçus à propos de ces initiatives, la réduction des investissements futurs en matériel et l’amélioration de la capacité des équipements ont toutes deux obtenu l’aval de 73 % des répondants à propos du stockage. Au sujet des serveurs, la réduction des investissements futurs (76 %) aurait devancé de peu la réduction de l’espace de plancher (75 %).

Du côté des postes de travail, 65 % à 69 % des répondants qui auraient perçu des bénéfices liés à la réduction des coûts, à l’obtention de crédits d’organismes et à la réponse à des demandes émanant d’employés qui auraient souhaité voir leur employeur adopter des initiatives environnementales.

Dans les salles de serveurs, l’enjeu dominant qui inciterait à la mise à jour se salles existantes serait l’optimisation de l’espace pour 68 % des répondants, alors que l’émission de chaleur serait le facteur premier qui motiverait la construction d’une nouvelle salle, selon 59 % des participants à l’étude.

Quant aux bénéfices, l’augmentation de la capacité de traitement d’une salle existante serait privilégiée par 77 % des répondants, alors que 85 % des personnes sondées apprécieraient surtout les réductions de coûts engendrées par une nouvelle salle.

En matière de gestion de l’énergie consommée par les TI, l’enjeu premier serait la réduction des coûts chez 54 % des répondants, alors que le bénéfice majeur serait l’utilisation des données liées à cette consommation énergétique pour influencer l’approvisionnement, l’utilisation et la gestion des TI dans le futur chez 68 % des répondants.

Réductions

Les réductions des déplacements liés au travail, certes, réduisent la pollution et les émissions de carbone engendrées par les moyens de transport. À cet effet, l’étude d’Info-Tech s’est intéressée à la perception des organisations envers l’utilisation des technologies pour réaliser certaines tâches à distance.

À propos de la collaboration et des conférences à distance, le facteur premier qui motiverait l’implantation d’initiatives serait la réduction des coûts associés aux déplacements pour 74 % des organisations, alors que le bénéfice majeur observé serait la diminution de la consommation d’essence pour 77 % des répondants. Au sujet du télétravail, la réduction des coûts de voyage et la réponse à des demandes d’employés arriveraient ex aequo à 62 %, mais ce serait la réduction des coûts qui aurait les devants quant aux bénéfices observés (79 % contre 74 %).

Enfin, le recyclage des équipements technologiques, en étant motivé par des obligations réglementaires et une responsabilité environnementale, serait la seule initiative à ne pas être motivée par un facteur d’ordre financier. Les facteurs qui motiveraient le plus l’adoption d’une telle initiative seraient la réduction des déchets par le recours à des fournisseurs qui recyclent les produits informatiques pour 82 % des répondants et la réduction de l’envoi de déchets au dépotoir pour 75 % des répondants.

Conditions

L’étude souligne que la réussite d’initiatives liées à l’informatique verte dépend de trois facteurs. Le premier est le soutien des parties prenantes au sein de l’organisation, des dirigeants aux employés en passant par les gestionnaires des immeubles, alors que les trois quarts des projets qui auraient connu un grand succès auraient été fortement soutenus par le chef de la direction.

Le deuxième facteur est l’absence de barrières à l’implantation. Selon l’étude, 18 % des organisations sondées ne pourraient aller de l’avant à cause d’un « cycle de rafraîchissement manqué » – probablement parce que les produits présentement utilisés seraient trop récents. 5 % manqueraient de financement, 10 % seraient confrontés à une barrière provenant de l’exploitant d’un édifice et 8 % manqueraient de ressources humaines.

Enfin, le troisième facteur est d’ordre économique. Toutefois, 61 % des répondants auraient dit qu’ils ne s’attendaient pas à être affectés par une diminution des revenus, une baisse des budgets technologiques ou une révision des priorités des projets en raison du climat économique actuel.

L’étude est fondée sur des données provenant d’un sondage en ligne auquel ont participé 1 000 responsables des technologies de l’information d’organisations qui comptaient entre cent et mille employés. Vingt personnes ont également pris part à des entretiens approfondis.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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