iPhone 3G et MacBook Pro : hors WiFi, point de salut


Nelson Dumais - 03/10/2008

On peut réussir à transférer un texte d’un ordinateur de table ou d’un portable à un iPhone, à la condition de passer par un réseau WiFi. Sinon, dommage.

Mise à jour : connexion réussie!

La vie étant ce qu’elle est, imaginez le pire. Sans préavis, en pleine semaine de grosse production urgente avec des documents livrables pleins les bras, vous devez vous rendre dans la famille, celle qui vous prend normalement huit heures en automobile. Comme il se doit, c’est là une obligation aussi bétonnée que celle de livrer vos documents dans les délais impartis. Autrement dit, il n’est pas question de laisser choir un des éléments du dilemme.

Dans mon cas, j’ai décidé de survivre à l’épreuve et mon premier réflexe a été de m’acheter un billet d’autocar. Évidemment, ce sera plus long que huit heures, me suis-je dit, mais au moins, j’aurai le confort et, surtout, je disposerai d’une tablette et d’une prise de courant pour utiliser mon bloc-notes à satiété. En revanche, j’attraperai possiblement le mal de route. Mais les contraintes de production étant ce qu’elles sont, je saurai m’accommoder de ce petit désagrément. Me suis-je dit!

J’aurais pu amener mon ThinkPad, une machine que j’adore littéralement. Mais flairant que j’aurais besoin du Net pour faire de la recherche et pour livrer au moins un texte « en route », j’ai choisi d’amener mon MacBook Pro.

C’est que contrairement à ma blonde qui utilise un Blackberry, moi, le branché mur à mur, j’ai un iPhone 3G. Rien de moins. Un iPhone bourré de bonne musique! Or, on m’avait parlé d’un produit très simple permettant de transvaser du texte entre un Mac et un iPhone (ou iPod touch) via Safari, WriteRoom, un traitement de texte de base fabriqué par un développeur indépendant établi à Bangor, Maine. Je me suis donc précipité au AppStore d’Apple et me suis procuré ce petit logiciel moyennant 5 $.

En moins de deux, ce produit s’est installé et m’a permis de créer quelques petits documents de test. Pour les faire apparaître dans le MacBook Pro, je n’ai eu qu’à passer par la fonction « Bonjour » de Safari. J’ai ainsi cliqué sur l’icône « Afficher tous les signets » (le petit livre à l’extrême gauche sur la barre de menus) laquelle, en se déployant m’a permis de voir mes documents WriteRoom. Là, j’ai sélectionné le texte de l’un d’eux et je l’ai remplacé par un texte pris au hasard dans cet ordi, lequel est apparu subito presto dans le iPhone. J’étais aux oiseaux!

Sur l’iPhone, au bas de l’interface de ce logiciel, il y a un bouton qui donne accès à un menu où il est possible d’expédier le document par courriel. Voyant cela, j’ai vivement composé l’adresse de Patrice-Guy Martin, l’imperturbable rédacteur en chef de Direction informatique, et lui ai expédié le tout. Joie! Non seulement l’a-t-il reçu, mais il lui a répondu. J’étais ravi; je venais d’expédier par mon iPhone un texte rédigé en Word sur mon MacBook Pro. Wow!

Ça, c’était hier. Aujourd’hui, j’ai déchanté. Je viens en effet de constater que la communication entre les deux appareils ne peut de faire, sous WriteRoom et ailleurs, que s’ils sont connectés à un réseau WiFi, ce qui était le cas chez moi durant mes tests. Vous avez bien compris, ces bidules ne se parlent que par WiFi! Et il faut oublier le mode sync qui nécessite le logiciel iTunes, tout comme il faut oublier de vouloir jouer au petit malin en enregistrant le document en format PDF. Si iTunes reconnaît ce format, il ne semble pas capable d’en transmettre le moindre bit à une autre application de l’iPhone ce qui permettrait peut-être de le transmettre par courriel.

Enfin, comme l’iPhone ne peut être branché à la manière d’un disque rigide externe dans lequel on glisserait des documents de la souris (ne serait-ce pas génial?), je me suis retrouvé devant un gros mur de briques. Pour que mon plan fonctionne, il eut fallu que l’autocar dispose d’un réseau WiFi, un peu comme on trouve sur Via Rail.

Une petite recherche sur le Net (le iPhone étant un appareil 3G) a simplement confirmé ce verdict. Même des utilitaires d’échange de fichiers conçu pour l’iPhone, comme FileMagnet, ne fonctionnent qu’en mode WiFi. D’autres outils, p. ex. DiskAid, me sont apparus comme sentant un peu le souffre ou étant trop complexes (forte senteur UNIX) pour ma petite tête compte tenu du temps dont je disposais. Je ne les ai donc pas mis à l’essai.

Finalement, pour que ce texte arrive chez le rédacteur en chef dans le respect des modalités de tombée, j’ai dû le placer sur une clé USB et, à une halte repas, supplier la caissière pour qu’elle l’expédie avec son PC, un vieux clone remontant à Mathusalem.

Et dire que le iPhone est une fabuleuse machine Internet utilisant des réseaux mobiles de troisième génération, une machine conçue avec grande minutie par la fabricante du non moins somptueux MacBook Pro. Voilà de quoi se tordre de rage. Deux appareils haut de gamme arborant la même pomme bénie qui ne peuvent échanger naturellement. Même pas par Bluetooth. Au moment où je vous écrivais ce texte, Patrice-Guy Martin faisait des tests de son côté et en arrivait à cette conclusion. On croirait rêver, non?

Bien sûr, le 3G d’Apple m’a permis de faire de la recherche sur Internet à partir de mon siège d’autobus. Il m’a en outre permis d’échanger quelques courriels avec ledit rédacteur en chef. Mais il ne m’a pas permis de savoir pourquoi Apple avait fermé toutes les voies de communication entre ses deux catégories d’appareils ou, formulé avec plus de rectitude, n’avait rien fait pour y établir des ponts. Peut-être le fera-t-elle dans une prochaine version? Mais Apple étant Apple, elle se garde bien d’en souffler mot.

En attendant, hors WiFi, point de salut.

Nelson Dumais est journaliste indépendant, spécialisé en technologies de l’information depuis plus de 20 ans.

Mise à jour: Connexion réussie!

Un de nos lecteurs, Jean-François Dallaire, spécialiste en support technique Apple, nous a contacté pour nous suggérer d’utiliser la fonction de partage Internet du Mac pour créer un réseau WiFi ad hoc à partir de l’ordinateur portable Mac et ensuite de brancher l’iPhone au réseau ainsi créé pour échanger le fichier via Bonjour. Comment n’y avions-nous pas pensé?

En quelques minutes, nous avons testé le tout et bing!, évidemment, le réseau ainsi créé était visible de l’iPhone, et le protocole Bonjour a permis l’échange d’un texte avec le partage activé dans WriteRoom. Nos excuses à nos lecteurs et merci à M. Dallaire pour sa suggestion.

Patrice-Guy Martin, rédacteur en chef


À lire aussi cette semaine: Un premier bilan annuel pour le commerce électronique au Québec Élections 2008 : la politique Web 2.0 – partie 1 Le Linux de Novell améliore la virtualisation L’actualité des TI en bref Débandade magnétique




Tags: , , , , , , , , ,