Jeux d’hiver 2010 : préparation olympienne chez Bell Canada


Jean-François Ferland - 29/10/2009

L’entreprise de télécommunications, qui sera le premier fournisseur de l’histoire des Jeux olympiques à livrer à la fois les services filaires et mobiles sur une infrastructure IP convergente, a fait état des efforts déployés en marge de l’événement qui aura lieu à Vancouver et Whistler en 2010. Les chiffres en sont aussi étourdissants qu’un saut acrobatique.

Le fournisseur de services de télécommunications Bell Canada, lors d’une vidéoconférence évoluée qui réunissait des participants situés à Toronto, Montréal et Vancouver, a récemment brossé un portrait de l’infrastructure installée et des préparatifs réalisés dans le cadre de deux événements sportifs majeurs où l’entreprise oeuvrera à titre de fournisseur officiel en Colombie-Britannique. Il s’agit des Jeux olympiques, qui auront lieu du 12 au 28 février 2010 et des Jeux paralympiques, qui se dérouleront du 13 au 21 mars.

Le vice-président aux services et à l’exploitation pour le dossier des Jeux olympiques chez Bell Canada, Justin Webb, a décrit l’offre technologique qui est requise pour fournir lors des Jeux olympiques des services de voix, d’image et de données par le biais des réseaux filaires et sans fil, sur un réseau unifié à protocole IP, pour les communications liées aux compétitions ainsi que pour les communications périphériques.

Bell a dû mettre en place une infrastructure d’une importance considérable pour desservir plus de 2 500 athlètes de 80 pays qui devraient prendre part à des compétitions dans 15 sports répartis dans 130 lieux différents; 10 000 journalistes ont été accrédités et qu’au moins 42 pays ont commandé un service de retransmission des images, sans oublier que 1 200 employés à temps plein, 3 500 employés à temps partiel et 25 000 bénévoles oeuvreront sur les sites dans le cadre de l’événement.

Ainsi, le fournisseur aura installé 7 000 téléphones à protocole VoIP, 20 000 ports Ethernet et 5 000 kilomètres de câblage; 7 000 appareils radio bidirectionnels seront utilisés pour les communications sur les lieux de compétition; des tours temporaires auront été établies pour la retransmission des signaux de télécommunication mobile et des signaux radios.

À partir de Vancouver, Norm Silins, le directeur général responsable des services pour les Jeux olympiques chez Bell Canada, a fait la présentation d’un réseau étendu qui sera fondé sur 20 armoires, disposées dans 20 lieux de compétition, qui seront interreliées en redondance.

Polyvalence, prudence et longue distance

Les autres services technologiques incluent, entre autres, l’infrastructure pour le balayage des billets d’accès aux compétitions, pour les transactions par carte de crédit aux concessions et pour la transmission des données de chronométrage et de pointage, les systèmes de gestion du contenu et le site Web, l’infrastructure du centre des médias et la retransmission du contenu capté par les caméras de télévision.

De plus, un système de transmission sans fil captera les images prises par les photographes en haut des pentes de ski afin de les retransmettre vers le centre des médias par le biais d’une fibre optique enfouie sous le sol. Surtout, une fibre optique, enfouie sur une distance de 120 kilomètres entre Whistler et Vancouver, enverra le contenu des montages jusqu’au centre de retransmission mondial. Selon Justin Webb, cette liaison aurait la capacité de soutenir tout le trafic Web circulant en ce moment sur le réseau de l’entreprise à l’échelle canadienne. Par ailleurs, Bell tirera profit de son nouveau réseau mobile à technologie HSPA évoluée, qui sera inauguré en novembre prochain.

Dans sa documentation, Bell explique qu’un réseau de distribution du contenu aura recours à 30 000 serveurs (!) répartis à l’échelle mondiale, pour garantir la disponibilité de l’information et prévenir les cyberattaques, alors que le portail officiel des Jeux olympiques pourrait recevoir 1,5 milliard de visites durant l’événement.

Transfert technologique olympique

400 employés de Bell auront été intégrés à l’équipe des télécommunications du comité d’organisation des Jeux olympiques, M. Webb explique qu’un repêchage, semblable à celui qui est réalisé au hockey, a permis de former des équipes de travail comptant parmi les meilleurs employés de l’entreprise, en provenance de partout au pays.

Alors qu’une pratique d’ordre technique de trois jours a déjà été réalisée, une autre répétition générale est prévue pour décembre, avec des serveurs qui simuleront des charges de trafic et des techniciens qui simuleront des incidents.

Interrogé à propos du transfert de connaissances qui est effectué entre les équipes techniques des Jeux olympiques, M. Webb a fait état d’une consultation de l’équipe responsable des jeux de Salt Lake City en 2002, tout comme d’une présence d’employés de l’entreprise en arrière-scène et lors des pratiques aux jeux de Turin en 2006 et de Beijing en 2008. Alors qu’un transfert est prévu après les jeux de Vancouver par le biais du Comité international olympique, des employés de Bell iront prodiguer des conseils dans le cadre de la préparation des Jeux olympiques de Sochi en 2014.

Logistique, échéancier et coûts considérables

Les représentants de Bell ont comparé l’ampleur des services fournis pour les Jeux olympiques de Vancouver à l’offre requise par une grande entreprise de calibre Fortune 500.

Stéphane Boisvert, le président de l’entité commerciale Bell Marchés Affaires, a indiqué que les trois facteurs d’un projet de cette envergure qui ont une résonance dans l’offre commerciale de l’entreprise étaient l’implantation d’une infrastructure capable de soutenir une forte croissance, la gestion de plusieurs emplacements géographiques et la réponse aux besoins des clients.

En relatant que la préparation a requis 29 grands flux de projets comptant au total quelque 10 000 étapes jalons, M. Boisvert et ses collèges ont souligné qu’un événement du genre, tout comme un sommet politique international comme le G8, se distinguait d’autres projets commerciaux par la nécessité absolue d’être prêt pour le jour et l’heure de l’ouverture officielle.

Selon Justin Webb, l’investissement total de Bell dans le projet des Jeux olympiques de Vancouver serait de 200 M$, dont une valeur de 60 M$ serait attribuable à l’infrastructure et aux services qui seront fournis au Comité olympique de Vancouver lors des compétitions.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
Google+