Journées Carrières Techno : soutenir la relève


Jean-François Ferland - 01/10/2009

Une trentaine d’organismes de tous les horizons se sont réunis à l’initiative de TechnoMontréal pour faire la promotion des carrières en TI.

La grappe industrielle TechnoMontréal et plus d’une trentaine d’entreprises, d’associations, d’organismes et de ministères gouvernementaux participeront à la réalisation des Journées Carrières Techno qui auront lieu du 19 au 22 octobre à divers endroits à Montréal et à Québec. Il s’agit d’une première initiative fédératrice de la sorte à être consacrée à la relève en TIC au Québec.

Les activités inscrites à l’horaire de l’initiative incluent des tables rondes, du réseautage et des conférences. Ces activités auront trait, entre autres, aux métiers de l’industrie des TIC, aux pratiques exemplaires d’entreprises pour le soutien à la relève, au travail autonome, aux enjeux de pénurie de main-d’oeuvre ainsi qu’au marketing et aux communications.

Bon nombre des activités prévues sont destinées aux professionnels qui oeuvrent en TIC et dans les métiers connexes à la formation et à l’enseignement, afin de les sensibiliser aux défis vécus par l’industrie et partager des notions visant à harmoniser le message à relayer aux étudiants, afin qu’ils soient convaincus des opportunités offertes par une carrière dans l’industrie des TIC.

Notamment, des visites d’entreprises et du réseautage seront réalisés au bénéfice des étudiants étrangers. Aussi, une demi-journée de promotion des formations et des carrières sera organisée à l’intention d’étudiants du secondaire.

Ces activités sont organisées par l’Association québécoise des technologies, l’Association des diplômés de Polytechnique, l’École des technologies supérieures, l’Association québécoise des informaticiennes et informaticiens indépendants, l’Association de la recherche industrielle du Québec, le Centre de recherche informatique de Montréal, le Réseau Action TI, le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles, le Centre d’entreprises et d’innovation de Montréal et le Centre francophone d’informatisation des organisations. Des représentants d’entreprises participeront également à des activités à titre de conférenciers.

L’accès à la plupart des activités sera gratuit, sauf pour le Colloque annuel du Cefrio, un déjeuner-conférence de l’Association des diplômés de Polytechnique et une conférence de l’AQT. Toutes les activités nécessitent une inscription ou une réservation en ligne.

Réaction rapide

Le directeur de la grappe industrielle TechnoMontréal, Martin Duchaîne, souligne que l’industrie des technologies de l’information et des communications est une grappe aux secteurs multiples qui représente la moitié du domaine des sciences et technologies, mais qui est très fragmentée avec bon nombre d’organismes impliqués.

Il relate que l’importance de la relève et de la main-d’oeuvre est le premier grand thème qui a fait l’unanimité parmi les divers acteurs. Ainsi, la mobilisation des participants à l’initiative, qui s’est amorcée au début de l’été, a fait rapidement boule de neige.

« Dans la dernière année, la relève est devenue un thème récurrent, mais comme chacun faisait de son côté sa petite démarche, on n’avait pas la visibilité ou le momentum nécessaire pour un enjeu commun à tous, constate M. Duchaîne. Comme nous travaillons avec tous ces joueurs dans le cadre de la grappe [TechnoMontréal], nous avons convenu de regrouper nos actions dans une même semaine. Il y avait une volonté de garder l’impact de chacun des joueurs qui organise son événement propre – parce que chaque organisme a sa mission – mais [ils ont accepté] de le faire sous un même chapeau. Cela donne beaucoup plus d’impact et de visibilité aux événements de tous les joueurs. »

Cibles variées

Le programme d’activités démontre que les cibles de l’initiative consacrée à la relève ne se limitent pas qu’aux étudiants. Le gouvernement, les orienteurs scolaires et même les organisations qui oeuvrent au sein de l’industrie seront sensibilisés à l’urgence de la situation et à l’importance d’une implication active de leur part.

« La thématique est particulière : on vise à mobiliser l’industrie, mais aussi les gens qui travaillent auprès des jeunes, soit les influenceurs, les donneurs d’ordre et les organismes dont les activités visent les jeunes directement. D’un côté, nous voulons amener ces gens à faire la promotion des TIC en leur disant qu’en attirant des gens dans le domaine des sciences et technologies, il y a une chance sur deux qu’ils aboutissent dans les TIC. On leur dira ‘Vous ne saviez pas, mais ce serait bon d’ajuster le message pour que les jeunes aient une vision plus large, plus éclairée de ce qui s’offre à eux’.

« De l’autre côté, nous visons la mobilisation de l’industrie et de ses joueurs. Comme grappe, on veut s’assurer que beaucoup de personnes mettent l’épaule à la roue et puissent être montrées en exemple. Il y a un mélange d’initiatives qui étaient déjà en cours, auxquelles nous donnons plus de visibilité, tout comme des activités complètement nouvelles parce que nous avons incité les organismes à créer des initiatives. »

L’industrie

M. Duchaîne déplore que dans l’industrie des TIC, qui constitue le plus gros secteur des hautes technologies, les entreprises aient encore une approche orientée vers le court terme. Il souligne que quelques joueurs ont convenu d’aller plus loin et s’impliquent plusieurs années à l’avance. Une table ronde réunira des organisations qui ont été proactives et qui ont mis de l’avant des initiatives, afin de souligner qu’il ne faut pas attendre de voir combien de finissants sortiront des écoles avant de réagir…

« L’ETS nous dit qu’il y a neuf offres d’emploi pour un finissant. On ne peut attendre la prochaine fournée, il n’y en a pas assez. Il faut encourager les jeunes beaucoup plus tôt dans le processus à se diriger vers les formations [en TIC] », constate M. Duchaîne.

Les gouvernements

Les activités viseront aussi à sensibiliser les paliers gouvernementaux à l’importance de l’arrimage entre la formation et le marché du travail. Ici encore, l’implication de l’industrie contribuera à faire la différence.

« Le dilemme du ministère de l’Éducation est que d’un côté il y a moins de jeunes qui s’inscrivent dans les métiers comme l’informatique. La réaction première est de fermer les laboratoires, alors que de l’autre côté les collèges et les universités leur disent ‘Arrêtez, l’industrie nous attend et a besoin de nous’. Ce n’est pas qu’une question d’offre et de demande, mais plutôt d’inciter les jeunes à se diriger vers les métiers porteurs. »

« Le gouvernement a plusieurs branches : l’économie, l’immigration, l’emploi et l’éducation. Il faut que les priorités s’alignent au gouvernement. Nous voulons y faire une sensibilisation à plusieurs niveaux. Les collèges et universités sont heureux de s’associer à l’industrie pour dire qu’il faut faire la promotion des métiers en science et technologie. […] Cela permet de faire un front commun pour qu’on mette les ressources au bon endroit. »

Les orienteurs

Par le biais de l’activité Cool, les technos quelque 250 orienteurs d’une centaine d’écoles seront sensibilisés à propos des enjeux de relève par l’industrie et par les établissements d’enseignement, afin qu’ils puissent « guider correctement » les jeunes vers les métiers en TIC.

« Les professeurs aux niveaux primaire et secondaire, tout comme les orienteurs, n’ont pas un profil technique : ils ont besoin d’aide et de soutien pour vanter et expliquer le domaine des TI, estime M. Duchaîne. Les orienteurs sont restés avec l’idée que les travailleurs en technologies de l’information restent dans un cubicule avec un ordinateur à longueur de journée! Ils ne se rendent pas compte de la diversité et du côté humain qui sont très forts partout dans les technologies de l’information. C’est un visage qu’on doit donner à l’industrie. Le titre Cool, les technos vise à aider les orienteurs, qui n’ont pas toujours un métier facile, à convaincre les jeunes. »

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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