La 3D industrielle à 360 degrés selon Dassault Systèmes


Jean-François Ferland - 31/10/2012

Bruno Latchague de Dassault Systèmes

Bruno Latchague de Dassault Systèmes.

Avec la plateforme 3DExperience, Dassault Systèmes mise sur l’interaction accrue entre divers intervenants lors de la préparation d’un produit. De passage à Montréal, Bruno Latchague a discuté de l’évolution des solutions informatiques de modélisation et de simulation.

Bruno Latchague, le directeur général adjoint, stratégies vente et distribution mondiale pour les solutions 3DS Value chez le fournisseur français de solutions industrielles de modélisation et simulation Dassault Systèmes, était à Montréal afin de présenter la plateforme 3DExperience lors d’une conférence au congrès WCIT 2012.

M. Latchague connaît bien le marché québécois, puisqu’en 1992 il a participé à l’élaboration d’un partenariat entre Dassault Systèmes et Bombardier Aérospatiale pour la conception du modèle d’avion Global Express. « On avait expérimenté beaucoup de technologies que nous utilisons aujourd’hui, par exemple le DMU (Digital Mock-Up en anglais ou maquette numérique), comment les gens peuvent concevoir et imaginer un avion en virtuel… Je venais alors à Montréal deux fois par mois », s’est-il remémoré.

« Le vice-président directeur de l’ingénierie chez Bombardier, John Holding, avait compris qu’en faisant une maquette visuelle on pouvait non seulement représenter un avion, mais aussi faire en sorte que des gens à travers le monde y collaborent, a ajouté M. Latchague. Le Global Express a été un des premiers avions à être réalisé en ingénierie concourante, avec des partenaires qui partageaient des risques. À l’époque, on utilisait la solution CATIA V4 avec un gestionnaire de données qui ne s’appelait pas encore Enovia, mais VPM. On avait été au bout au concept. »

Le directeur a rappelé que la modélisation industrielle en trois dimensions servait à l’origine à faire du calcul scientifique pour les pièces et à préparer leur usinage. Ensuite, on a envisagé d’y réunir plusieurs pièces afin de faire de l’assemblage numérique et voir si elles s’agençaient bien.

« C’était alors la maquette numérique qui permettait de faire une synthèse du produit, mais aussi de collaborer à distance. L’étape suivante fut la simulation de la manière de fabriquer les pièces, ce qui a mené au PLM (Product Lifecycle Management en anglais ou gestion du cycle de vie du produit), puis la simulation de l’assemblage et la simulation du projet complet », a-t-il résumé.

La collaboration au temps présent

Dassault Systèmes, selon M. Latchague, amorce une nouvelle étape avec la plateforme 3DExperience. Il s’agit d’une plateforme pour le travail collaboratif entre les concepteurs, les ingénieurs, les directeurs du marketing et même les consommateurs, qui combine des applications de modélisation en 3D, de simulation, de veille de l’information et de collaboration et d’interaction sociale.

« On ne fait plus des produits industriels sans penser à ceux qui vont les utiliser ou au contexte de leur utilisation. On a maintenant la synthèse du produit, de la nature et de l’homme, a expliqué M. Latchague. Nous avons évalué petit à petit et maintenant il faut amener des solutions dans les industries qu’on veut servir, où on parlera d’expérience plutôt que de gestion de cycle de vie ou de processus de fabrication d’un produit. »

M. Latchague a souligné que le consommateur était aujourd’hui un acteur de plus en plus important dans le processus de conception et de fabrication d’un produit. « Dans le passé, on faisait de grandes études de marketing puis des analyses… Aujourd’hui, si on a la capacité de montrer des choses en virtuel à la population à des consommateurs ou à des usagers, ces derniers disent “voici ce que j’aime, ce que je n’aime pas, ce que je voudrais”… Ils deviennent alors des fournisseurs d’idées. Notre vision est de dire que le monde virtuel est un média qui permet aux gens d’échanger, de créer, de proposer et de faire. »

« Mais voir ne suffit pas : il faut simuler, c’est-à-dire avoir l’intelligence et le savoir-faire qui permettent que les idées fonctionnent, que le produit ne va pas se casser, qu’il peut être fabriqué, monté et démonté, etc. », a-t-il ajouté.

Mobilité, logiciel service et gestuelle

À propos de l’intégration dans les solutions de Dassault Systèmes d’approches technologiques qui gagnent en popularité dans le domaine des TIC, M. Latchague a convenu que la mobilité occupera une place croissante dans l’offre du fournisseur de solutions industrielles.

« Avec les téléphones et les tablettes d’aujourd’hui, il est possible de savoir, de voir et de montrer. Il n’y a pas de limite au niveau de la 3D parce que les technologies ont été adaptées. On est capable de présenter en temps réel des produits complexes et de collaborer, avec des lignes 3G et 4G. On a exactement les mêmes capacités dans 3DExperience que ce que les jeunes font en ligne avec World of Warcraft… L’inhibiteur n’est pas la capacité du matériel, mais la disponibilité des logiciels et des fonctionnalités afin de l’exploiter à fond », a-t-il déclaré.

En matière de logiciel service, Dassault Systèmes a amorcé l’offre, dans quelques industries, de solutions en ligne dont les fonctions sont fondées sur des normes dans les processus commerciaux. Ces solutions sont offertes en premier lieu à des PME qui collaborent avec de grandes organisations. Elles seront offertes aux grandes entreprises lorsqu’elles auront atteint une certaine maturité.

« Il faut que les solutions en ligne répondent bien aux besoins des secteurs industriels, sinon on rationalise par le bas et il n’y a pas tellement de valeur. Il nous faudra convaincre les clients que ces solutions sont assez sécurisées pour qu’elles y mettent leurs actifs », a commenté M. Latchague.

Quant à l’interface utilisateur des solutions industrielles, elle pourrait bientôt recourir à la gestuelle naturelle, tout comme celle qu’on utilise avec les consoles de jeu vidéo de dernière génération.

« C’est en train d’arriver, surtout pour le design, a indiqué M. Latchague. Pour nous l’objectif n’est pas de faire un jeu, mais une simulation objective en temps réel. La convivialité nous demande de soutenir [la gestuelle], les fabricants comme Microsoft nous donnent ce qu’il faut pour y arriver et nous y collons tout notre attirail de connaissances et de savoir-faire. »




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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