La vidéo d’entreprise dans la poche


François Picard - 16/03/2010

L’audiovisuel d’entreprise n’est plus ce qu’il était. De matériel lourd et complexe, on est passé à de petits caméscopes haute définition que tout le monde peut prendre en main.

Des firmes de production peuvent réaliser des films qui montrent la vie d’entreprises ou d’organismes, mais c’est plus en interne qu’on est à même d’enregistrer sur vidéo les moments les plus importants ou les façons de procéder. L’utilisation d’un caméscope est primordiale pour archiver en vidéo les événements qui ont marqué l’histoire d’une entreprise aussi bien que pour répondre à différents besoins de formation ou de promotion, comme sur un site Web ou sur YouTube. Aujourd’hui, de simples petits caméscopes de poche peu coûteux suffisent pour filmer tout cela facilement et dans un format assez professionnel pour être montré sans gêne. À vrai dire, on ne penserait pas, en les voyant, que ces petits caméscopes de poche sont des appareils sérieux jusqu’à ce qu’on en essaie un.

Des caméscopes miniaturisés

Les grandes entreprises et les organismes importants ont un service de communication ou de l’audiovisuel qui se charge de photographier et filmer leurs grands moments, ou de le faire faire. Cependant, beaucoup d’entreprises ne le font pas parce qu’elles considèrent qu’elles n’en ont pas les moyens ou que c’est trop compliqué.

La Zi8 de Kodak

La Zi8 de Kodak

Pourtant, c’est maintenant possible grâce à de petites caméras peu coûteuses, en particulier des caméscopes de poche haute définition avec lesquels n’importe qui peut faire de la vidéo de grande qualité. Il y en a plusieurs sur le marché et nous en avons testé une, la Zi8 de Kodak.

Depuis quelques mois, plusieurs fabricants proposent des caméscopes de poche à peine plus gros qu’un téléphone cellulaire, mais capables de filmer en haute résolution, du format DV au format HDTV 1080p des grands téléviseurs à écran plat. Ils ne disposent pas de téléobjectif, ni de toutes sortes d’options, comme les caméscopes plus standard, mais du minimum nécessaire pour produire des images de qualité qu’on a du plaisir à présenter ou à réutiliser dans d’autres montages. Il suffit de viser et de presser un bouton pour filmer; c’est tout. En plus, la plupart de ces caméscopes ont aussi une fonction d’appareil photo qui permet de faire photos et vidéos avec le même appareil.

Pour une utilisation en entreprise, autant laisser de côté les caméscopes de poche de base qui n’ont qu’une définition de 640 pixels par 480 ou moins et se tourner vers ceux qui offrent une définition 720p ou 1080p qu’on peut visionner sur les écrans de téléviseurs haute définition. Memorex, par exemple, a sorti deux modèles dernièrement, le caméscope MyVideo et le caméscope MyVideo HD. Dans ce cas, le modèle de base (640 x 480) coûte une centaine de dollars alors que le modèle HD (1280 x 720) ne se vend que 30 dollars de plus pour un bien meilleur résultat. En fait, le modèle haute définition serait le minimum à rechercher pour un usage sérieux.

Chez Kodak, outre la Zi8, on peut trouver la Zx1 et la Zi6 qui permettent de filmer en 720p avec un appareil photo à 3 MP. Depuis peu Kodak propose également le Kodak Playsport qui a des caractéristiques similaires au Zi8, mais résiste à l’eau jusqu’à 3 mètres de profondeur.

Le HMX-U10 de Samsung

Le HMX-U10 de Samsung

Pour sa part, Samsung vend le HMX-U10 filmant en 1080p avec un appareil photo de 10 MP. De leur côté, Creative Labs a fabriqué le Creative Vado 720p, JVC le GC-FM1 Picsio, Sony le Webbie et le Bloggie. D’autres fabricants moins connus, comme Flip Video, proposent aussi plusieurs modèles sur le marché canadien.

Le caméscope HD Kodak Hi8

Quand les premiers caméscopes de poche sont apparus sur le marché, il y a une quinzaine de mois, ils étaient beaucoup plus coûteux pour une qualité moindre. Payer 180 $ pour un caméscope capable de filmer en haute définition 1080p et de faire afficher ses films sur un téléviseur haute définition, c’est une véritable aubaine, même s’il manque plusieurs options qu’on ne peut trouver que sur des caméscopes pleine grandeur comme un téléobjectif.

Le Zi8 ne mesure que 6,2 cm par 11,32 cm et son épaisseur est de 2,15 cm. Il pèse seulement 135 grammes, pile au lithium-ion incluse. Il dispose d’un objectif fixe, d’excellente qualité, de 6,3 mm à f:2,8. Si on veut le comparer à un ancien objectif 35 mm, cela donne un équivalent de 61 mm en 1080p et de 46 mm en 720p. Il y a deux options de réglage optique : le mode normal de 1 mètre à l’infini et le mode macro à 15 cm. L’écran témoin mesure 64 mm en diagonale. La mémoire interne est de 128 Mo, mais on peut y ajouter des cartes SD/SDHC jusqu’à 32 Go.

On dispose de quatre formats de prise de vue : 1080p à 30 images par seconde, 720p à 60 images par seconde, 720p à 30 images par seconde et WVGA (848 x 480) à 30 images par seconde. En plus, on peut faire des photos instantanées en 5 mégapixels qui sont en réalité des images de 1,6 MP qui sont interpolées par logiciel, mais sont quand même très bonnes. Le caméscope dispose d’un micro interne monaural ainsi que d’une prise micro stéréo standard. Nous avons commandé sur eBay un micro stéréo à câble flexible (8 $) qui permet de l’orienter pour prendre le son avec une meilleure qualité qu’avec le micro interne. Le résultat est très bon parce que cela donne plus de relief au son. On peut d’ailleurs ajuster la qualité du son du micro externe dans les réglages de base du caméscope.

Le caméscope de poche est fourni avec un adaptateur/chargeur de pile, un câble HDMI qui se branche à un téléviseur haute résolution pour y afficher directement les prises de vue et un câble audio-vidéo analogique pour transférer les vidéos sur des téléviseurs plus anciens ou un caméscope analogique. Même si les vidéos prises avec le Zi8 peuvent être exploitées sur un Mac aussi bien que sur un PC, Kodak ne fournit qu’un logiciel pour PC, Arcsoft Media Impression. Le logiciel permet de récupérer les différentes séquences qui ont été enregistrées dans des fichiers séparés, puis d’en faire un film de la qualité appropriée au mode d’affichage final qu’on a prévu : Blu-ray, DVD, YouTube, Facebook, courrier électronique…

Le Zi8 se tient en main facilement. La meilleure prise de vue s’obtient en le tenant de deux mains et en activant le mode antitremblements. On peut aussi le placer sur un trépied grâce au support intégré à la base du caméscope et éviter les mouvements intempestifs en se servant de la télécommande vendue en option (10 $ seulement).

Après avoir testé les différents formats de prises de vue, je préfère le réglage en1080p qui permet un visionnement directement à l’écran d’un téléviseur haute définition. Cependant, cela prend beaucoup plus de mémoire que le 720p à 30 images secondes et le risque d’avoir des images floues est plus élevé si ce qu’on filme bouge beaucoup et qu’on n’utilise pas de trépied. Comme il n’y a que peu de différences entre les deux formats, je recommanderais la prise de vue courante en 720p à 30 images secondes plutôt qu’en 1080p ou en 720p à 60 images secondes. J’ai obtenu le meilleur encodage en HD avec l’utilisation du module Création, édition et capture vidéo du logiciel Nero 9 et l’option de projet AVCDH puis le meilleur affichage en passant par un port HDMI, si l’ordinateur en a un, ou par un lecteur média HD.

La vidéo événementielle en entreprise n’occupe pas encore une place importante au Canada, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays, spécialement en Europe. En France, par exemple, on trouve même des Archives nationales audiovisuelles du travail et des entreprises. Cela devrait cependant changer avec de tels caméscopes miniaturisés, de plus en plus simples et au rendement exceptionnel. En 2010, réaliser une vidéo d’entreprise diffusée sur des sites comme YouTube, Dailymotion ou LinkedIn semble être un excellent tremplin pour trouver des partenaires et des clients aussi bien que de nouveaux employés.

François Picard est journaliste et éditeur du magazine Atout Micro.