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Le bien-être collectif, c’est capital!


Alain Beaulieu - 14/09/2007

Nulle part il n’est écrit que la qualité d’une idée se mesure en revenus générés. Une bonne idée en TI peut aussi contribuer à améliorer le bien-être de la collectivité.

Les investisseurs recherchent le succès. Ils veulent investir dans une idée qui aura du succès. Ils sont donc à l’affût de la prochaine bonne idée. Mais qu’est-ce qu’une bonne idée? Plus encore, qu’est-ce que le succès?

On s’entend généralement, dans la communauté des investisseurs, pour dire qu’une bonne idée, par opposition à une mauvaise, est celle qui permettra de faire de l’argent, beaucoup d’argent, de sorte à maximiser les retombés de l’investissement. Donc, une idée qui incitera les gens à dépenser. On s’entend tous pour dire que conformément à cette définition, le iPod d’Apple qui a beaucoup de succès sur le marché, et maintenant le iPhone, qui est tout aussi prometteur, sont des bonnes idées.

Mais alors que faire des « bonnes idées » qui, par définition, n’ont pas de répercussions commerciales importantes? Des logiciels qui permettent de localiser plus facilement et rapidement les enfants disparus ou enlevés. Des logiciels qui permettent d’utiliser de façon plus responsable les ressources, de générer moins de déchets, de prévoir les catastrophes climatiques plus rapidement et avec plus de précision. Des logiciels qui permettent de mieux aider les citoyens en détresse, etc.

La liste pourrait s’allonger encore longtemps, mais je crois que vous avez saisi ce à quoi je veux en venir. Et si les investisseurs s’entendaient pour dire qu’une bonne idée en est une qui permettra d’améliorer le bien-être de l’ensemble de la population, pas juste des consommateurs bien nantis. Et si le succès ne se mesurait pas seulement en fonction des revenus générés? Je sais, plusieurs me diront que je rêve, puisqu’on parle d’argent que des gens ont investi et pour lequel ils veulent un rendement, et que l’argent ne pousse pas dans les arbres, etc.

Mais comment espérons-nous pouvoir un jour améliorer le bien-être collectif si on se restreint à une couche de la société? Il faut bien qu’il y ait des gens qui rêvent un peu pour que la société progresse pour le mieux. C’est probablement ce qui a permis l’émergence du PC à 100 $ pour les pays en développement, qui permettra aux moins fortunés de la planète de pouvoir, eux aussi, profiter des bienfaits des technologies de l’information (TI). Car, admettons-le, ce n’est probablement pas une idée qui générera des profits faramineux, mais ses impacts à long terme sur le bien-être collectif sont assurément importants.

Rationalité économique

Certains, parmi les plus cyniques, diront qu’au bout du compte, c’est la rationalité économique qui a le dernier mot. On soulignera le fait qu’apporter les bienfaits des TI jusque dans les couches moins fortunées de la société permettra de développer un marché sous-exploité, jusque-là négligé par l’industrie. Que les citoyens des pays en développement constitueront autant de consommateurs potentiels, etc.

D’ailleurs, ne présente-t-on pas aux investisseurs la protection de l’environnement et l’utilisation responsable des ressources comme un moyen « de faire plus avec moins »? Un argument assurément plus séduisant d’un point de vue financier que la détérioration de la santé et de la qualité de vie des habitants de la planète.

Cela étant dit, ce que je veux dire, c’est que l’auteur d’une idée n’est pas toujours motivé par les retombés financières de son idée. Parfois, il l’a eue parce qu’il était outré par une situation particulière et qu’il cherchait un moyen d’y remédier pour le bien de tous.

Alors financiers et investisseurs, ayez une bonne pensée pour les gens qui ont à cœur le bien-être collectif, accordez-leur une oreille attentive, donnez-leur une deuxième chance. Peut-être les revenus seront-ils aussi au rendez-vous, car une bonne idée ne laisse jamais personne indifférent. Pas même les consommateurs…

Alain Beaulieu est adjoint au rédacteur en chef au magazine Direction informatique.




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