Le choix d’un numériseur à balayage


François Picard - 04/04/2007

Les numériseurs à balayage ou scanneurs de table ont été un peu délaissés avec l’arrivée des appareils photo numériques. Même si on a moins besoin de numériser des photos, on constate un regain d’intérêt pour ces périphériques de l’ordinateur qui se font aussi photocopieurs et télécopieurs.

Très sincèrement, en achetant il y a deux ans un nouveau numériseur à balayage de Microtek pour seulement 69 $ en solde, je ne m’attendais pas à ce qu’il me serve autant. En plus de numériser d’anciennes photos sur papier, je m’en sers pour faire mes photocopies et mes télécopies. Dans le premier cas, les pages numérisées sont envoyées directement à l’imprimante laser et, dans le second, les pages numérisées sont automatiquement mises en format PDF et transmises par courrier électronique en passant par le service MyFax. Tout cela se fait avec les logiciels fournis avec l’appareil. Plus besoin, donc, d’un gros photocopieur ni d’un télécopieur autonome.

Après deux ans d’utilisation de cet appareil, qui était mon troisième scanneur de table depuis 17 ans, j’en retire que cela ne donne rien d’investir beaucoup dans l’achat d’un scanneur à moins de travailler au niveau de la photo ou de l’illustration. Au niveau bureautique, même les scanneurs les moins coûteux peuvent suffire. Début 2007, on en trouvait une dizaine à moins de 200 $ en magasin avec, parmi les plus souvent rencontrés, le CanoScan LiDE 60 de Canon (60 $), le CanoScan LiDE 25 de Canon (80 $), le Scanneur Photo HP Scanjet 4370 (100 $), le CanoScan LiDE 70 (100 $), le CanoScan 4400F de Canon (120 $), le ScanMaker s400 de Microtek (120 $), le CanoScan 4200F de Canon (130 $) et le HP Scanjet 4850 à 150 $ (les prix sont approximatifs et peuvent varier d’un magasin à l’autre).

À cause, semble-t-il, du traitement de l’image différent dans Vista et de son manque de support du protocole TWAIN, certains modèles ne sont pas compatibles avec Vista 32 bits et encore moins avec Vista 64 bits tant que leur fabricant n’aura pas produit un pilote approprié. Il faut donc bien vérifier au moment de l’achat ce qu’il en est si on compte s’en servir avec Vista. Il faut bien comprendre aussi que ce peut être compliqué de faire un pilote pour Vista et que plusieurs manufacturiers préfèrent mettre du temps sur les nouveaux appareils. On nous a cependant signalé un petit utilitaire, VueScan 8.4.17 d’Hammrick Software, qui permettrait d’utiliser plus de 500 scanneurs sous Vista. Pour 45 $ environ, cela permettrait de continuer d’utiliser un scanneur dont on est satisfait, avec le nouveau système d’exploitation de Microsoft.

Des points de repère pour faire un choix éclairé

Le type de capteur

Quand on magasine pour un numériseur à balayage, la première chose à vérifier est le type de capteur, car il en existe maintenant deux types : des capteurs à CCD et des capteurs CIS (Contact image sensor ou capteur d’images par contact). Les capteurs CIS permettent de produire des scanneurs à moindre coût, mais ils donnent habituellement une image numérisée moins belle que les capteurs plus traditionnels à CCD. Un capteur à CCD (Charged Coupled Device ou dispositif à transfert de charge) est composé d’une quantité de minuscules cellules photoélectriques qui transfèrent des informations sur la lumière qu’elles captent à un point donné. Les capteurs CIS ou CMOS nécessitent moins de courant, mais ils sont plus lents à réagir. C’est cependant une technologie récente qui devrait s’améliorer rapidement.

La résolution optique

Ensuite, il faut se renseigner sur la résolution optique de l’appareil et éviter de se faire prendre au piège de la résolution interpolée. En effet, on indique souvent, en gros, sur les emballages de scanneurs, jusqu’à quelle résolution on peut aller par interpolation, autrement dit en agrandissant l’image par logiciel. Cette information n’a que peu d’intérêt et elle vise surtout à impressionner un peu le client. Ce qui est important, c’est la vraie résolution qu’on peut obtenir naturellement, au niveau du capteur. Il est mieux d’avoir la possibilité d’arriver à une résolution assez élevée parce que cela permet de faire des agrandissements de petites photos ou de détails de photos. Une résolution de 1 200 points au pouce ou 2 400 points au pouce est un bon choix à ce niveau. D’un autre côté, il faut savoir qu’une photo à reproduire telle quelle est numérisée en 300 points au pouce pour une impression en magasin ou sur une imprimante laser alors qu’une résolution de 200 points au pouce est suffisante en général pour une impression sur une imprimante à jets d’encre.

Quand deux nombres différents sont donnés pour la résolution, par exemple 1 200 par 2 400, celui qui est important est le plus petit des deux, car la résolution utilisable par la plupart des applications est alors de 1 200 par 1 200. À noter, cependant, qu’une résolution minimale de 2 400 par 2 400 est indispensable pour pouvoir numériser des négatifs ou des diapositives avec un module complémentaire prévu à cette fin. Pour la télécopie, on utilise une résolution de 150 points au pouce, ce qui est un standard. Enfin, pour la reconnaissance de caractères, on a tout intérêt à s’en tenir à une résolution de 300 points au pouce pour faciliter le travail du logiciel sauf si le texte est écrit en très petits caractères, auquel cas on pousse la résolution à 400 points au pouce.

Le type de branchement

Côté branchement, maintenant que les scanneurs à port parallèle ou SCSI sont du passé, on trouve surtout des scanneurs à port USB et quelques-uns seulement avec un port FireWire. Avec le FireWire, le débit maximum de données entre le scanneur et l’ordinateur est de 800 Mbps alors qu’il est de 12 Mbps avec un port USB 1.1 et de 480 Mbps avec un port USB 2.0. Les scanneurs avec un port USB 2.0 sont habituellement moins chers que leur équivalent à port FireWire. D’autre part, peu d’ordinateurs disposent d’un port FireWire à part les Macintosh d’Apple et une carte FireWire coûte habituellement une soixantaine de dollars. Il faut éviter les scanneurs à port USB 1.0 ou 1.1 parce qu’ils sont très lents et il n’y en a d’ailleurs presque plus sur le marché.

La profondeur de couleur

La profondeur de couleur (30 bits, 32 bits, 40 bits, 48 bits…) nous informe de la quantité de couleurs et de nuances disponibles. Plus le nombre est élevé, mieux c’est, mais il ne fait pas s’attendre à voir vraiment une différence à l’œil nu entre une photo faite avec un scanneur 30 bits et un scanneur 40 bits. À partir du moment où l’on a plus d’un milliard de couleurs disponibles, on ne peut plus voir de différences qu’au niveau des ombres qui sont moins intenses et plus dégradées. Au-dessus de 30 bits, tout est correct pour des photos personnelles, mais la plupart des scanneurs actuellement sur le marché numérisent avec une profondeur de couleur de 48 bits ou plus.

Les logiciels fournis

L’autre point important concerne les logiciels fournis avec le scanneur. Il peut n’y en avoir que deux ou trois aussi bien qu’un ensemble d’utilitaires complémentaires. Il faut juste se méfier des applications fournies qui ne sont utilisables qu’un mois ou qui sont très limitées par rapport à la version commerciale. Dans ce cas, si on en a besoin, on n’a pas d’autre choix que d’acheter la version commerciale. C’est beaucoup plus économique si tout est compris, aussi bien un éditeur graphique qu’un logiciel de reconnaissance de caractères.

Le scanneur de table est devenu l’outil de numérisation idéal pour toutes les personnes et les organismes qui ont des photos à numériser, de la reconnaissance de caractères à faire, des photocopies à faire ou des télécopies à envoyer occasionnellement. C’est un outil pratique dont il ne faut surtout pas dédaigner l’énorme potentiel.




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