Le concept d’applications à la demande séduit les PME


Martin McNicoll - 19/10/2007

Les applications à la demande ont beaucoup à offrir. Pour mieux en tirer profit, les PME doivent bien en connaître les caractéristiques et les avantages et choisir soigneusement les meilleures offres.

Si nombre de PME ne sont pas au fait des avantages qu’elles peuvent obtenir avec les applications à la demande, beaucoup d’entre elles y portent un grand intérêt. Selon ce que rapportait la firme Yankee Group, en 2005, près de 50 % des entreprises de taille moyenne souhaitent utiliser pareille offre pour la gestion des finances, des relations avec la clientèle et des stocks, notamment.

Cet engouement n’est pas sans raison : les services à la demande permettent de mettre rapidement en place des fonctionnalités d’entreprise sans avoir à étendre son infrastructure technologique, ni à accroître ses ressources humaines. Des observateurs de la scène des TI ont classé les applications à la demande parmi les technologies de rupture, c’est-à-dire celles qui représentent un développement tel en termes d’amélioration de performances ou de réduction de coûts, qu’elles constituent une menace pour la survie des offres commerciales qui ne les intègrent pas.

Avantages marqués

Le concept d’applications à la demande n’est pas nouveau. Déjà, les premiers ordinateurs centraux étaient construits sur ce modèle. D’abord confiné à une seule entreprise, ce dernier peut être utilisé aujourd’hui par plusieurs organisations à la fois. De nombreux éléments du concept d’antan ont été améliorés, comme la prise en charge de plusieurs plateformes, la rapidité d’accès et l’interface utilisateur.

Transitant par Internet, les applications à la demande comprennent des fonctionnalités au moins égales à celles des offres traditionnelles, mais à bien meilleur prix. Des études ont démontré que le coût total de possession des TI peut alors chuter de moitié. Normalement, un tel calcul compare les frais d’abonnement à ceux des permis d’utilisation et tient compte des coûts liés à un ensemble d’éléments, tels que la maintenance, le soutien technique, la mise en œuvre, la personnalisation, le matériel, le stockage, l’accès à Internet et la formation.

Puisqu’elles évitent d’avoir à déployer une infrastructure complexe, les applications à la demande abrègent le temps de mise en œuvre des TI et de mise sur le marché des produits. Non seulement les frais initiaux s’en trouvent-ils réduits de beaucoup, mais les frais permanents sont également plus bas. En fait, le concept permet à une organisation de sortir du cercle vicieux la forçant à remplacer ses applications régulièrement et, par le fait même, à accroître la capacité de son infrastructure technologique. En recommençant ainsi le même cycle de fois en fois, une entreprise perd la valeur de ses investissements.

Un autre avantage important des applications à la demande est le fait qu’elles ne requièrent pas de ressources supplémentaires pour assurer le soutien du matériel et des applications. Le fournisseur voit aux sauvegardes, aux restaurations, à la sécurité et aux exigences en matière de conformité, et offre des niveaux de service garantis. En outre, les clients disposent rapidement des toutes dernières mises à jour des produits, sans avoir à les installer.

Enfin, les services à la demande se caractérisent par leur compatibilité avec un vaste éventail d’environnements informatiques, y compris les systèmes patrimoniaux. De ce fait, il est plus facile de communiquer avec des plateformes de technologie autre, le concept étant fondé sur l’architecture SOA et les services Web. Les applications traditionnelles ne permettent pas de mettre en oeuvre des interfaces multiples aussi facilement. Avec le modèle à la demande, non seulement le client n’a pas à se soucier de l’accès, mais la bande passante est l’affaire du fournisseur également.

Relation de confiance

Les applications à la demande se basent sur une relation de confiance entre le fournisseur et son client. Après tout, ce dernier confie à un tiers le traitement de ses états financiers, des renseignements sur ses clients et d’autres informations confidentielles et stratégiques. Pour cette raison, les offres reposent sur un environnement hautement sécurisé.

Autre facteur favorisant les bons rapports entre les deux parties, l’esprit communautaire se développe de plus en plus en marge du modèle à la demande. Grâce à un lien Internet permanent intégré aux logiciels, il est facile de communiquer avec le fournisseur pour lui faire part de commentaires ou de suggestions. Cette interactivité permet aux utilisateurs de participer à l’amélioration du service.

Les entreprises doivent également considérer les avantages pouvant être obtenus d’un distributeur à valeur ajoutée; la possibilité de faire affaire avec l’un d’eux est offerte par la plupart de fournisseurs. Un distributeur à valeur ajoutée peut s’avérer d’un précieux secours pour personnaliser une application en fonction d’un secteur d’activités particulier, l’intégrer à d’autres programmes, migrer des données d’une application à l’autre, former le personnel et l’accompagner dans l’optimisation des applications.

Une entreprise comptant aussi peu que 5 à 10 utilisateurs peut très bien bénéficier des applications à la demande. Au-delà de 200 personnes, par contre, le modèle perdra de son efficacité. De même, lorsque de lourds efforts de personnalisation des applications sont initialement nécessaires, il faut examiner soigneusement si le jeu en vaut la chandelle.

Peu importe la situation, une entreprise devrait comparer différentes offres de services afin de déterminer laquelle est la plus avantageuse. Elle devra alors calculer le coût total de possession pour chacune d’elles, en effectuant une analyse s’échelonnant sur au moins trois ans. Elle aura aussi à vérifier les modalités de chaque contrat. Dans tous les cas, elle doit considérer l’importante simplification des opérations conférée par le modèle à la demande, ainsi que l’unification des processus qu’elle permet de réaliser.

À l’ère de l’information, le succès des PME dépend des renseignements commerciaux dont elles disposent. Voilà pourquoi dans l’expression « technologies de l’information », c’est la partie « information » qui prime. En ce sens, les applications à la demande permettent à une organisation de confier à des spécialistes la portion technologique des TI, afin de mieux se concentrer sur la portion informationnelle.

Martin McNicoll est président de IT-Ration Conseil.




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