Le Fonds des médias du Canada à l’ère numérique


Jean-François Ferland - 29/03/2010

Le nouveau fonds de Téléfilm Canada consacrera 27 M$ en 2010-2011 à un volet « expérimental » pour la diffusion de contenu télévisuel sur les nouvelles plateformes. Le volet de convergence exigera également un effort accru pour le contenu numérique de la part des producteurs et des télédiffuseurs.

Comme il l’avait annoncé il y a plus d’un an, le gouvernement du Canada a dévoilé les modalités du Fonds des médias du Canada, qui remplace le Fonds des nouveaux médias du Canada et le Fonds canadien de télévision.

Ce fonds de 350 millions de dollars, qui est créé par les distributeurs services de télévision par câble et par satellite et le gouvernement du Canada et géré l’organisme Téléfilm Canada, met une emphase accrue sur le recours aux plateformes numériques par les producteurs et les télédiffuseurs de contenu télévisuel.

Essais numériques

L’un des deux volets du Fonds des médias du Canada, soit le « volet expérimental », subventionnera les projets de création de contenus numériques non-linéaires interactifs et d’applications logicielles « d’avant-garde » qui seront conçus pour Internet, pour les appareils mobiles ou sans fil ainsi que pour des appareils ou des plates-formes « émergents ». Une somme de 27 M$ est réservée à ce volet pour l’exercice 2010-2011.

Le volet expérimental du Fonds des médias du Canada pourra soutenir financièrement, entre autres, des projets d’émissions Web, des applications pour le Web et la téléphonie mobile, des jeux vidéo et des applications « Web 2.0 et ultérieures ». Ces projets n’auront pas à être associés à une émission de télévision.

Le volet expérimental du Fonds des médias du Canada pourra couvrir jusqu’à 75 % des dépenses d’un projet ou un maximum d’un million de dollars, par une participation au capital du projet sélectionné ou par des « avances récupérables ». Parmi les dépenses admissibles, on retrouve les dépenses qui ont trait à infrastructure technologique matérielle et logicielle, ainsi que les dépenses liées à la mise en ligne du contenu, dont la conception et le développement l’affranchissement des droits, la documentation et les frais de traduction.

Les projets qui ne seront pas admissibles au volet expérimental sont les produits à vocation spécifiquement commerciale ou industrielle, ou principalement promotionnelle, les catalogues ou compilations de matériel adapté sans ajout de nouveau contenu original à valeur ajoutée, les produits basés sur un programme d’études, les logiciels d’exploitation et les projets de recherche et développement purs.

Attentes

Dans le document qui énonce les principes directeurs du volet expérimtental, on indique que les projets financés par le Fonds des médias du Canada devront être développés pour leur potentiel commercial ou à des fins d’utilisation publique, devront susciter l’intérêt de l’industrie canadienne des médias ou du public canadien, devront s’adresser aux marchés canadien et international et devront contribuer à la création d’emplois.

Les projets qui souhaiteront obtenir du financement du volet expérimental du Fonds des médias du Canada seront soumis à une grille d’évaluation. Cette grille accordera 15 % de son pointage aux antécédents et aux réalisations, du producteur, de l’équipe de gestion de projet et des équipes de création et technique.

Pas moins de 40 % du pointage sera consacré aux aspects d’innovation et d’avancement d’un projet. L’originalité du contenu et de la forme, le développement et l’utilisation de nouvelles technologies, la conception et la programmation, la sophistication des fonctions, l’interactivité et le contrôle de l’utilisateur seront scrutés par les évaluateurs. La « contribution potentielle à l’industrie » et le « caractère distinctif du modèle de gestion », soit le potentiel de recettes et les modèles de revenu, sont les autres critères de cette sous-catégorie.

Une portion de 30 % du pointage d’évaluation sera consacrée au plan d’affaires, tandis que 15 % sera dédiée à la stratégie de diffusion. D’ailleurs, on stipule que chaque projet soumis devra être accompagné d’une lettre d’intention d’un partenaire de réseau de mise en marché. La grille d’évaluation tiendra compte du niveau d’intérêt démontré par ce partenaire, sous la forme d’avances, de préventes, de droits de diffusion ou autre.

Convergence numérique

L’autre volet du Fonds des médias du Canada, le « volet convergent », est consacré au financement de la création d’émissions télévisées et de contenu numérique connexe qui devront être diffusés à la télévision et sur au moins une autre plateforme numérique. Au moins la moitié de l’enveloppe budgétaire des projets soumis devra être dédiée au contenu numérique.

Le Fonds des médias du Canada favorisera la création de contenus originaux, tel que des jeux vidéo, des épisodes mobiles ou Web, des baladodiffusions et du contenu en ligne interactif, mais la vidéo sur demande et les sites Web de première génération pourront également être considérés comme étant des plateformes numériques. Toutefois, la diffusion en simultané d’une production à la télévision et sur Internet ne sera pas admissible.

La majorité de l’enveloppe du volet de convergence – 277 millions de dollars – sera consacrée aux « enveloppes de rendement », soit à des projets « susceptibles de connaître le plus grand succès auprès du public ». Les autres programmes de ce volet visent des objectifs précis, comme le soutien de la production en français en milieu minoritaire, le soutien de la programmation destiné aux autochtones, le sous-titrage et le doublage, etc.

Les sociétés qui seront admissibles au deux volets des Fonds des médias du Canada incluent les entreprises privées, les producteurs multimédia, les producteurs de télévision, les distributeurs en radiodiffusion, les télédiffuseurs privés et public, les fournisseurs de services de téléphonie mobile et les fournisseurs d’accès à Internet.

Une partie de la somme réservée au volet expérimental du Fonds des médias du Canada sera réservée aux projets dont les demandes auront été soumises avant le 21 juin 2010. Le reste de l’allocation sera octroyée aux projets qui auront été soumis avant la deuxième date butoir, à l’automne 2010. Les divers programmes du volet convergent font l’objet de plusieurs dates limites.

Jean-François Ferland est rédacteur en chef adjoint au magazine Direction informatique.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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