Le iPod ou le iPod Touch en affaires


François Picard - 10/02/2010

Cela vaudrait la peine de se servir d’un iPhone ou même d’un iPod Touch en entreprise, mais à condition de profiter de plusieurs applications.

D’abord vus plutôt comme des gadgets, les appareils mobiles iPhone et l’iPod Touch d’Apple ont évolué rapidement. On trouve maintenant beaucoup plus d’applications qui peuvent servir en entreprise, certaines gratuites, d’autres payantes. En faisant un bon choix, on peut se faciliter la tâche tout en exploitant un appareil qui est somme toute assez puissant, même si Apple ne l’a toujours pas rendu multitâche.

Des limites pas trop contraignantes

Comme l’iPhone ou l’iPod Touch ne peuvent exploiter qu’une application à la fois, contrairement aux appareils sous Windows Mobile par exemple, il faut finir une tâche avant d’en commencer une autre, mais cette limite devrait être retirée par Apple dans la prochaine version de l’iPhone OS. En attendant, c’est un peu plus compliqué à moins de se servir d’un logiciel comme Backgrounder sur un iPhone trafiqué pour obtenir un semblant de multitâche. Des appareils comme le Palm Tréo Pro ou le Palm Pre sont quant à eux vraiment multitâches, ce qui les avantage en affaires où l’on aime se servir de plusieurs applications en même temps. Beaucoup d’utilisateurs d’iPhone et d’iPod Touch ont hâte qu’Apple s’en vienne avec une solution.

Pour découvrir les différentes applications qui pourraient servir sur un iPhone ou un iPod Touch, le mieux est de se promener dans l’App Store et d’y vérifier s’il n’y aurait pas des outils déjà développés pour répondre à certains besoins. En fait, d’après ce qu’on peut voir il y en a beaucoup, mais il faut quand même se méfier un peu parce que, même si certains logiciels sont bien développés et très intéressants, d’autres sont extrêmement limités et décevants. Cela vaut la peine de fouiller, parce que la plupart des applications intéressantes sont vendues à un prix très abordable et certaines sont même gratuites. Le seul problème, c’est que presque tout est en anglais seulement et on nous y propose que peu d’applications en français.

Le Monde

Le Monde

Des applications gratuites

Parmi les applications gratuites, on trouve beaucoup de petits utilitaires très spécialisés. On en trouve plusieurs pour prendre des notes facilement, pour afficher des images, des textes ou des fichiers en PDF, pour convertir des unités monétaires, pour créer un relevé des dépenses… Parmi les possibilités, on peut aussi avoir des calculatrices, en particulier pour les finances, les prêts, les emprunts, les taxes et les pourboires, des lecteurs de livres électroniques, des lecteurs de nouvelles, comme celles de CNN Money, CNBC ou du journal Le Monde. Pour ceux qui s’intéressent à la bourse et aux actions, sachez qu’il existe aussi bien des nouvelles boursières en ligne que de petits logiciels pour suivre ses propres actions. On trouve également des applications pour suivre son budget personnel, ses factures ou ses paiements.

Même si la plupart des ouvrages de référence sont payants, il y en a quand même quelques-uns d’intéressants dans les produits gratuits, mais parfois ce ne sont finalement que des liens qui sont établis vers des contenus d’Internet.

Skype

Skype

Ainsi, on peut accéder à Wikipedia Mobile en anglais, à Canpages Québec en français, à quelques dictionnaires relativement limités, à un conjugueur en français… Disons que les sujets sont très diversifiés et qu’il y en a tellement qu’il est recommandé de se réserver quelques heures pour passer à travers l’ensemble et en essayer quelques-uns. Parmi les applications faites au Québec, mentionnons iTeamAgenda, de Teamsoft, qui permet de collaborer à des agendas partagés sur WebAgenda en créant des événements et en y organisant des réunions.

Côté gratuit et payant à la fois (pour les liens au réseau téléphonique), il ne faudrait pas mettre de côté Skype pour l’iPod Touch. Comme l’appareil est équipé du Wi-Fi, on a juste à y rajouter un micro, qui ne coûte que quelques dollars, pour transformer l’ordinateur de poche en téléphone IP et cela fonctionne très bien comme nous avons pu le constater lors de nos tests. C’est d’autant plus intéressant qu’on peut acheter du temps de téléphone interurbain vers des téléphones en dehors du réseau de Skype, n’importe où dans le monde, pour quelques sous la minute seulement. Bien entendu, il est indispensable d’être relié à un réseau Wi-Fi.

 

Des applications payantes peu chères, mais efficaces

En se tournant vers des applications payantes, on a davantage de garanties que le logiciel fonctionnera bien. Souvent, d’ailleurs, il s’agit de logiciels qui existent en version gratuite et en version payante, mais avec une grande différence entre les deux. D’un côté, on n’y trouve que les fonctions de base, de l’autre des fonctions plus poussées et donc plus intéressantes. Ce qui étonne la plupart du temps c’est le petit prix de la plupart des applications, et c’est tant mieux.

Pour ceux qui comptent passer pas mal de temps sur leur appareil, par exemple parce qu’ils sont souvent en déplacement, je recommande fortement la suite bureautique Documents To Go de Data Viz (14,99 $) ou la suite Quickoffice Mobile Suite de Quickoffice (7,99 $). La première n’a pas l’air d’être disponible avec son interface en français, mais la seconde est offerte en version française, ce que devraient apprécier tous les francophones. Ces deux suites sont de niveau professionnel et elles sont compatibles avec les fichiers Word et Excel de la suite Office de Microsoft. Le lecteur PDF Reader Pro de Yuyao Mobile Software est aussi un excellent choix pour 0,99 $ seulement. Dans les outils de bureautique, on trouve également plusieurs logiciels de magnétophone, des tableurs, un logiciel de télécopie, et même Remote Desktop de MochaSoft, un utilitaire qui donne la possibilité de se servir à distance d’un ordinateur sous Windows XP, Vista ou 7, ce qui peut être très utile même si on ne peut voir qu’une petite partie de l’écran de l’ordinateur auquel on accède.

Au niveau des finances, on obtient vraiment plus avec des logiciels commerciaux qu’avec les applications proposées gratuitement. On en trouve un grand choix entre 99 sous et 9,99 $. Cela va du calculateur de frais de déplacement au gestionnaire d’actions en bourse en passant par toutes sortes de calculatrices, un carnet de chèques électroniques, un gestionnaire de reçus, etc. Côté ouvrages de référence, on atteint un autre niveau avec des ouvrages comme le National Geographic World Atlas (1,99 $), le 2010 World Factbook (0,99 $), le World Atlas and Fact Book de Discovery Channel Maps…

En français, on nous propose des produits comme Le Dictionnaire de français de Larousse (5,99 $), Le Conjugueur Bescherelle d’Anuman Interactive (1,99 $) sur la conjugaison française ou Antidote Mobile de Druide informatique (19,99 $), qui n’est pas le correcteur du même nom, mais renferme seulement des dictionnaires et des guides de référence de la langue française.

Dictionaire  de français de Larousse

Dictionaire de français de Larousse

Pour la traduction, on peut faire appel au Dictionnaire français-anglais/anglais-français d’Ultralingua (19,99 $) ou au Dictionnaire Anglais/Français de Larousse (5,99 $). Et c’est sans compter sur les applications liées aux nouvelles, fils RSS, baladodiffusion, radio, télé et journaux qui permettent de se tenir au courant de ce qui se passe partout dans le monde.

Le choix est grand parmi les milliers d’applications pour iPhone et iPod Touch d’une certaine qualité, mais il faut vraiment chercher pour en trouver quelques-unes en français. Il y en a malgré tout de plus en plus. Souvent, on les découvre sur des sites Web avant de les trouver dans l’App Store. Chacun y va de sa petite application pour iPhone ou iPod Touch, qu’il s’agisse de journaux, de radios, de stations de télévision météo, d’organisations sportives, etc.

Peu de compagnies en font pour leurs employés ou leur clientèle, parce qu’elles doivent trafiquer ou faire trafiquer (jailbreaker) l’appareil si elles ne veulent pas mêler Apple au déploiement de leur application. Souhaitons que ces appareils deviennent un peu plus ouverts et plus adaptés aux besoins des entreprises, ce qui est indispensable pour qu’on puisse en profiter davantage dans le milieu des affaires.

François Picard est journaliste et éditeur du magazine Atout Micro.