Le téléphone IP qui se cache dans l’ordinateur portatif


François Picard - 10/10/2007

Les téléphones IP pour ordinateurs portatifs sont bien utiles mais peu de gens s’en servent parce qu’ils s’ajoutent aux accessoires à emporter en voyage. Kensington a cependant trouvé une solution très pratique et qui fonctionne parfaitement d’après nos tests

De Montréal, New York, Paris ou n’importe où ailleurs dans le monde, on apprécie de pouvoir téléphoner au bureau ou chez soi pour quelques sous la minute, dès qu’un accès Internet sans fil est disponible. Pour cela, on se sert de services de téléphonie par Internet qui fournissent un logiciel permettant de communiquer avec un casque à micro ou avec un combiné téléphonique spécial qui se branche à un port USB. Pour satisfaire la clientèle, les fabricants de ces accessoires ne manquent pas d’améliorer la qualité et la convivialité de ces systèmes et c’est surprenant de voir ce que Kensington a réussi à faire, en tirant profit du Bluetooth cette fois-ci.

Téléphoner par Internet : pratique et économique

Les communications Wi-Fi étant présentes dans beaucoup de bureaux, de centres de congrès, d’hôtels, de restaurants ou d’aéroports, on essaie d’en profiter au maximum, mais pas seulement pour l’accès aux données. La téléphonie IP est très appréciée par ceux qui voyagent avec leur ordinateur portatif, mais il faut que cela puisse se faire le plus simplement du monde. Après avoir testé des téléphones IP qu’on peut brancher à un ordinateur par un port USB, mais qui restent de la taille d’un téléphone ordinaire, on ne peut qu’être attiré par le téléphone IP Vo200 que Kensington a mis sur le marché cet été. Il est très petit, léger et efficace.

Pour l’utiliser, aussi bien que tout autre service de téléphone par ordinateur, il faut passer par un logiciel spécialisé. Chaque fournisseur de services VoIP a soit développé son propre logiciel d’interface, soit fait adapter un logiciel tiers à ses propres besoins. Il existe donc presque autant de logiciels que de services, mais ils se ressemblent tous avec un cadran à cliquer et différentes fonctions complémentaires comme une indication de la durée de la communication ou un mode de composition rapide de certains numéros. Ces logiciels demandent toujours quelques ajustements, mais on n’a plus rien à faire que s’en servir une fois qu’ils sont bien réglés.

Les téléphones IP donnent habituellement un meilleur résultat que les casques avec micro parce qu’ils disposent d’éléments électroniques adaptés à la communication VoIP, avec des filtres pour annuler certains bruits ou supprimer les échos. On y gagne à filtrer la voix parce que les bruits de fond ou l’écho sont retransmis sous forme de données qui nécessitent une plus large bande passante et diminuent la qualité sonore de la communication. Plusieurs modèles de téléphones IP USB sont disponibles sur le marché depuis quelques années. Les premiers modèles étaient assez gros et ressemblaient à des téléphones ordinaires, puis on a diminué leur taille pour qu’ils prennent moins de place dans les bagages, aux côtés de l’ordinateur portatif.

Nos tests du téléphone de Kensington ont été faits avec SkypeOut ainsi qu’avec iConnectHere et Stanaphone, deux services VoIP plus intéressants que la plupart des autres pour une utilisation occasionnelle en voyage. Cela aurait aussi pu se faire avec d’autres services présentés dans la Voip Providers List. D’un autre côté, pour téléphoner sans frais d’un ordinateur à un autre avec un téléphone IP comme le Vo200, on peut tout simplement se servir de logiciels comme MSN Messenger, Windows Live Messenger, Skype ou d’autres logiciels, certains gratuits, qu’on peut trouver sur Internet. Ces logiciels ne permettent cependant pas de se brancher sans frais au réseau téléphonique mondial. C’est la même chose également avec des logiciels VoIP faits juste pour des communications entre ordinateurs comme le service blue free de Glophone, par exemple, qu’on peut télécharger à http://www.glophone.com.

Le téléphone IP Vo200

Il est étonnant ce téléphone Internet pliable sans fil de Kensington!. La principale particularité de ce petit téléphone Bluetooth de seulement 26 grammes est de se ranger et se recharger dans la fente PC Card/PCMCIA d’un ordinateur portatif d’où ne dépasse que son extrémité. Autrement dit, si on déplace l’ordinateur, il vient automatiquement avec. Au besoin, on le sort de là, on le déplie et on le fait se connecter au port Bluetooth de l’ordinateur. Ensuite, il fonctionne comme un autre téléphone IP, sans fil et dans les limites de la portée des signaux Bluetooth, soit de 3 à 10 mètres, parfois un peu plus. Plus l’émetteur-récepteur Bluetooth de l’ordinateur ou la clé USB Bluetooth ont de portée, plus on peut s’éloigner de l’ordinateur pour parler.

Ce petit téléphone peut sembler fragile, mais il ne l’est pas plus qu’un téléphone cellulaire et le fait qu’il soit transporté dans la fente PCMCIA de l’ordinateur portatif le protège de bien des chocs. S’il n’y a pas déjà un émetteur-récepteur Bluetooth dans l’ordinateur, il faut en ajouter un sous forme d’une clé Bluetooth qui se branche à un port USB (appelé parfois dongle Bluetooth). Comme ces clés Bluetooth existent en plusieurs puissances d’émission, il vaut mieux en choisir une avec la meilleure portée possible qui ne coûtera que quelques dollars de plus. Avant de pouvoir utiliser le téléphone Vo200, la première chose à faire est d’installer le pilote puis d’établir une communication Bluetooth entre le téléphone et l’ordinateur de façon à ce qu’ils se reconnaissent et que la communication par Bluetooth s’établisse d’elle-même dès que le téléphone est allumé. Ensuite, on configure le logiciel de téléphonie VoIP pour que l’entrée et la sortie des sons passent par le téléphone.

Contrairement à des téléphones IP faits spécifiquement pour un seul fournisseur de services, les téléphones du genre du Vo200 peuvent être utilisés avec n’importe quel service IP (SIP), même Skype, MSN ou Yahoo, mais toujours en passant par un ordinateur. En fait, le téléphone IP Vo200 à 90 $ (SKU 33406) remplace un casque d’écoute avec micro, mais avec un meilleur résultat. Ce téléphone IP dispose en effet d’un système de suppression des bruits de fond et de l’écho très efficace qui donne des communications claires ne nécessitant pas trop de bande passante. On peut s’en servir en mode combiné ou en mode mains libres. Après une recharge de 4 heures ou jusqu’à ce que le voyant de recharge s’éteigne, on peut s’en servir pour plus de 3 heures de conversation ou pour 30 heures en attente.

Chaque fois qu’on veut téléphoner, il suffit de sortir le téléphone de la fente PCMCIA de l’ordinateur, de presser sur l’interrupteur de mise en marche puis sur l’interrupteur d’établissement de la communication Bluetooth. On lance le logiciel et on y indique le numéro de téléphone à composer. C’est tout. Si on préfère, on peut choisir le mode de communication mains libres intégré au téléphone qui permet de parler au téléphone à plusieurs ou en même temps qu’on se sert du clavier de l’ordinateur. Que ce soit depuis la France ou depuis le Canada, la communication téléphonique était si bonne lorsque j’ai essayé le Vo200 qu’aucun interlocuteur ne voulait croire que je me servais d’un téléphone IP et surtout d’un téléphone aussi miniaturisé. Dans tous les cas, la communication entre l’ordinateur et des téléphones sur des lignes fixes revenait à moins de 4 sous de la minute.

Une fois qu’on a fini de téléphoner, on a juste à fermer le clapet du téléphone Vo200 et à le glisser dans la fente de l’ordinateur où on l’oublie facilement jusqu’à ce qu’on en ait à nouveau besoin. Ce téléphone ne fonctionne actuellement que pour PC avec fente PC Card/PCMCIA, pas pour Macintosh. En somme, le téléphone Vo200 permet d’intégrer aux ordinateurs portatifs un centre de communications vocales de qualité.

François Picard est rédacteur en chef et éditeur du magazine Atout Micro.




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