Le Web québécois dans tous ses indices


Alain Beaulieu et Jean Francois - 16/05/2008

Alors que l’Indice Internet SECOR-Commerce fait de Bell.ca le meilleur site B2C au Québec, l’Indice du commerce électronique (Cefrio/VDL2/SOM) souligne l’importance des sommes dépensées à l’étranger.

Les sites Web des entreprises québécoises et le comportement de cyberconsommateurs québécois étaient sous la loupe des experts, cette semaine, alors que deux indices – l’Indice Internet SECOR-Commerce et l’Indice du commerce électronique du Québec – étaient rendus publics.

L’Indice Internet SECOR-Commerce dresse le palmarès des 25 meilleurs sites de commerce électronique pour les consommateurs (B2C), et ce, depuis sept ans. La firme de services-conseils SECOR a examiné, en partenariat avec l’agence Internet S2i Web, les sites Web des entreprises québécoises figurant dans le « Top Québec 500 » de la revue Commerce, lequel regroupe essentiellement des grandes entreprises.

Pour établir son classement, le jury a considéré trois grands critères d’évaluation, auxquels correspondent plusieurs sous-critères d’évaluation pondérés, conformément à leur importance comparative. Ces trois grands critères, ou catégories de paramètres, sont : l’ambition stratégique, qui regroupe les critères d’information, de personnalisation, d’interaction et de participation; l’expérience utilisateur, qui regroupe les critères d’ergonomie et fonctionnalités, d’interface, contenu et accessibilité et de performance et sécurité; la visibilité, qui se réfère au positionnement du site dans les résultats de recherche dans les moteurs de recherche.

Donc, au terme de l’exercice, la première place a été attribuée, pour une deuxième année consécutive, à bell.ca (l’entreprise a aussi décroché la première place en 2002). D’une manière générale, on observe peu de changements parmi les cinq premières positions par rapport au classement précédent, seul l’ordre a changé. Ainsi, on retrouve en deuxième position radio-canada.ca, qui a amélioré son classement de deux positions, en troisième position, desjardins.com, qui a aussi amélioré son classement de deux positions, en quatrième position, videotron.ca, qui a dégringolé de deux positions, et en cinquième position, metro.ca, qui a grimpé de deux positions dans le classement. Le grand disparu du Top 5 est banquelaurentienne.ca, qui est passé de la troisième position à la… treizième position! À l’autre extrémité du classement, on trouve jeancoutu.com. Parallèlement au classement officiel du jury, un prix « coup de coeur du public » a été attribué au site de Desjardins, à la suite d’un vote des internautes.

Cela dit, Benoît Marcoux, associé chez SECOR-TAKTIK, est d’avis que « trop peu d’entreprises au Québec ont adopté le Web en tant que plateforme stratégique. Et quand elles le font, elles sont trop nombreuses à essayer d’appliquer des stratégies de marketing héritées des pratiques commerciales traditionnelles à leur site B2C. Ça fait des sites ennuyeux et les gens vont ailleurs. Internet exige que les compagnies transforment profondément leurs façons de faire. Aussi, très peu de sites favorisent la participation des utilisateurs, car les gens ont des craintes à ce chapitre. En revanche, la majorité des sites du Top 25 présentent du contenu riche et pertinent et mis à jour. Il n’y a rien à redire à ce niveau. Alors, moi je dis aux entreprises : ayez de l’ambition avec votre site; n’ayez pas peur de transformer vos façons de faire! »

Des dollars qui partent à l’étranger

Pendant que SECOR et S2i Web s’affairaient à pondérer les sites Web du Québec, l’organisme Cefrio, l’agence Internet VDL2 et la maison d’enquête SOM se penchaient sur les achats en ligne effectués par les Québécois, par l’entremise de l’Indice du commerce électronique du Québec. On apprend ainsi que 18 % des adultes québécois, soit plus d’un million de personnes, auraient acheté pour plus de 245 millions $ de produits et services sur Internet en mars 2008. La moyenne des achats serait de 232 $.

Le profil sociodémographique des Québécois qui ont fait des achats sur Internet est demeuré le même, dans la mesure où 21 % des hommes et 15 % des femmes adultes ont effectué des achats en ligne en mars. Toutefois, alors que l’indice mensuel fournit pour la première fois des données sur la nationalité des sites où les Québécois ont fait des achats, on apprend que 36 % des achats ont été réalisés à l’extérieur du Canada, pour une valeur de 87 millions $.

« Ces données confirment que la demande des consommateurs québécois s’avère plus forte que l’offre des entreprises d’ici. Il est donc urgent pour notre économie que les entreprises québécoises saisissent rapidement les opportunités que leur propose le commerce électronique », a indiqué Philippe Le Roux de l’agence VDL2.

L’indice du commerce électronique est établi par un sondage réalisé par téléphone auprès de 1 000 adultes.

Alain Beaulieu est adjoint au rédacteur en chef et Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.


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