Les ordiphones sous Windows Mobile 6, une aubaine actuellement


François Picard - 29/09/2010

Depuis quelques semaines, il est possible d’acheter un téléphone intelligent sous Windows Mobile à bas prix et de le franciser si nécessaire.

Même si Microsoft va bientôt procéder à la mise à mort des téléphones cellulaires intelligents sous Windows Mobile 6 en lançant Windows Phone 7, ce sont des appareils très avancés qui fonctionneront très bien durant plusieurs années encore. C’est donc l’occasion d’acheter l’un de ces téléphones beaucoup moins cher chez des marchands indépendants et d’acquérir des logiciels à prix d’aubaine. Le seul problème, c’est que la plupart des appareils déverrouillés sont livrés avec un Windows Mobile anglais, mais on peut le franciser facilement.

Voyons le bon côté des choses

Malheureusement, Microsoft a pris la décision de faire un nouveau système d’exploitation pour téléphones intelligents, Windows Phone 7, qui ne sera pas compatible avec le précédent, ni avec les appareils

HTC Tilt

Le Tilt de HTC fait partie des appareils qui sont compatibles à Windows Mobile 6

créés pour Windows Mobile 6. Cela signifie que toutes les personnes qui ont acheté des ordiphones sous Windows Mobile 6 ces derniers mois ne pourront plus profiter de nouveaux développements pour leur appareil et devront en changer s’ils souhaitent profiter de Windows Phone 7, une opération qui risque de leur coûter cher.

La situation peut paraître décevante pour ceux qui ont acquis l’un de ces appareils dans les derniers mois et ont indubitablement l’impression qu’ils se sont fait avoir. Néanmoins, ce n’est pas si terrible que cela parce des milliers de logiciels destinés à ces appareils ont vu leur prix baisser ces dernières semaines, à l’avantage des propriétaires d’appareils, et les ordiphones sous Windows Mobile 6 peuvent encore faire très bien tout ce qu’on attend d’un téléphone cellulaire intelligent.

Sur mon Palm Treo Pro, sous Windows 6.1, par exemple, j’ai la suite Office Mobile avec Word, Excel et PowerPoint pour Mobile, Internet Explorer, un client FTP, un agenda, un carnet de notes, des logiciels pour accéder à Twitter, Facebook, YouTube, Skype, Messenger, Google Maps, les nouvelles d’Associated Press, un éditeur graphique, un lecteur de fichiers PDF, un logiciel de navigation routière lié au GPS intégré, un logiciel de conversion avec le taux de change des monnaies, le dictionnaire Harrap’s Unabridged, un logiciel pour accéder à distance à mon récepteur TV satellite, des logiciels pour voir en direct les stations de télévision qui sont accessibles par Internet et pour écouter les milliers de stations de radio aussi disponibles sur le Web… À cela s’ajoutent un tas d’utilitaires. La moitié de ces logiciels sont gratuits et les autres à bas prix.

Acheter son appareil déverrouillé d’un marchand ayant pignon sur rue permet de l’utiliser non seulement sur les réseaux de Rogers et Fido, mais aussi sur ceux de Bell et Telus depuis qu’ils se sont tournés vers la même technologie. Du même coup, cela élimine l’obligation d’un contrat de 3 ans pour payer le téléphone. Il suffit d’une carte SIM et d’un forfait mensuel renouvelable. On peut acheter un téléphone sous Windows Mobile 6 déverrouillé chez des marchands de Montréal comme PDA Plaza aussi bien que chez des marchands d’autres provinces comme TigerDirect en Ontario. Plutôt que de payer 600 $ à 800 $ pour un téléphone intelligent, on peut trouver des appareils comme un téléphone HTC Tilt sous Windows Mobile 6 avec clavier, Wi-Fi, Bluetooth, 3G UMTS/HSDPA et GPS pour 225 $, un HTC Touch2 sous Windows Mobile 6 avec Wi-Fi, Bluetooth, 3G et GPS à 295 $ ou même un HTC Shadow sous Windows Mobile 6 avec clavier, Wi-Fi et Bluetooth pour 175 $. Il y a vraiment de très belles occasions.

Passer de l’anglais au français si nécessaire

Au Canada, aussi bien qu’aux États-Unis, on peut acheter en toute légalité des téléphones intelligents déverrouillés, mais ils sont souvent en anglais. On peut cependant franciser ces ordiphones sous Windows Mobile 6 en quelques minutes seulement avec un « language kit », autrement dit un ensemble de traduction des mots du système d’exploitation.

La première étape consiste à télécharger sur Internet le fichier LangPackFRA.ARM et le logiciel RealVGA 1.1 (RealVGA_11.CAB). On peut en profiter pour changer la définition de l’écran avec les fichiers de ressources ResPack128dpi.ARM et ResPack96dpi.ARM is ce n’est pas obligatoire. On peut trouver ces fichiers sur différents sites, mais je recommande le site XDA Developers. Il faut s’inscrire pour pouvoir télécharger des fichiers, mais au moins on sait qu’ils ne sont pas corrompus et qu’ils fonctionneront tel qu’indiqué.

Ce changement de langue ne peut se faire que sur un appareil nord-américain sous Windows Mobile 6 qui est en anglais au départ et cela francise le système d’exploitation de base ainsi que plusieurs des applications. Même si cette opération ne fait que changer des mots par leur équivalent dans l’autre langue, il est recommandé de faire une copie de sécurité avant de franciser l’appareil de façon à pouvoir retourner facilement à la configuration précédente en cas de problème. Il faut savoir, par exemple, qu’Excel ne fonctionne plus après la francisation, ni le petit logiciel de prise de notes (Notes). Par contre, Word devient entièrement en français et la plupart des autres applications fonctionnent toujours bien.   Pour mettre en place la francisation de l’appareil, on commence par transférer les fichiers des logiciels sur l’ordiphone sans les exécuter, puis on installe RealVGA et ensuite LangPackFRA.

Francisation interface Windows Mobile 6

Comparaison des interfaces utilisateur en anglais et en français de Windows Mobile 6

Enfin, on lance RealVGA qui demande quelle langue et quelle définition d’écran on choisit. En quelques minutes tout est réglé. Il n’est pas indispensable d’installer les fichiers de ressources pour changer la définition de l’écran en même temps que la langue. Si jamais on veut désinstaller le logiciel RealVGA, il faut penser à d’abord le lancer à nouveau pour commencer par annuler la francisation de l’appareil.   D’un autre côté, si l’on souhaite que l’ordiphone complète en français plutôt qu’en anglais les mots qu’on commence à écrire, il suffit de rechercher sur Internet le petit utilitaire WM6FrenchInput.CAB et de l’installer. On peut aussi l’installer directement dans un ordiphone en anglais si l’on veut écrire en français sur un appareil dont l’interface et le système d’exploitation sont en anglais.

Au final, on se retrouve avec un ordiphone sous Windows Mobile 6 en français pour quelques centaines de dollars de moins que les appareils vendus à gros prix par les fournisseurs de services cellulaires. Ces appareils déverrouillés permettent aussi de changer de fournisseur de services plus facilement et sans pénalité aussi bien que d’en profiter dans d’autres pays avec une carte SIM d’un fournisseur local et des frais d’utilisation beaucoup moins élevés.

Note: Par la force des choses, ceci est ma dernière chronique sur les ordiphones sous Windows Mobile 6 puisque Windows Phone 7 s’en vient à grands pas, différent, plus multimédia et plus ressemblant à l’iPhone. Mais, ce n’est pas parce qu’une nouvelle technologie arrive qu’il faut se débarrasser de la précédente, surtout quand elle fonctionne parfaitement.

François Picard est journaliste et éditeur du magazine Atout Micro.




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