Les PC ultramobiles et l’entreprise


François Picard - 31/07/2008

Les ordinateurs ultramobiles peuvent-ils convenir à des applications commerciales? Nous avons essayé le Eee PC 4G d’Asus, le pionnier de ce segment de marché en croissante popularité.

Les Eee PC d’Asus , les CloudBook d’Everex, les G Netbook de Sylvania, les Aspire One d’Acer et les Mini-Note de HP sont les premiers PC ultramobiles à arriver sur le marché et bien d’autres suivront ces prochains mois. Même s’ils sont petits et pratiques, ils sont pour la plupart presque aussi chers que des ordinateurs portatifs pour des capacités moindres, mais malgré tout suffisantes pour certaines applications d’entreprise.

Pour nous faire une idée de leur utilité, nous avons essayé l’un des moins chers, l’Eee PC 4G d’Asus. Premier manufacturier à arriver sur le marché avec un ordinateur ultraportable, Asus a réussi à vendre plus d’un million de ses petits ordinateurs en moins de 6 mois, ce qui dénote un certain intérêt pour ce type d’appareil.

Les différentes options d’Eee PC

L’Eee PC est actuellement vendu en cinq configurations différentes, 2G Surf, 4G Surf, 4G et 8G, auxquelles s’est ajoutée en juin une cinquième version, l’Eee PC 900. Les cinq sont de petits ordinateurs de moins d’un kilogramme et le chiffre avant le « G » indique quelle quantité d’information peut être stockée dans leur disque dur électronique (disque SSD), 2G correspondant ainsi à 2 gigaoctets. Le disque dur y est donc remplacé par de la mémoire flash qui est plus légère et silencieuse qu’un disque dur et du même coup plus résistante aux chocs. La mention Surf vise à indiquer que la webcam n’est pas intégrée lors de l’achat de l’appareil. Dans le cas du Eee PC 900, le 900 correspond à la vitesse d’horloge du processeur Celeron utilisé.

Les 2G Surf, 4G Surf, 4G et 8G ont tous un écran de 7 pouces (800 pixels par 480) et le Wi-Fi b/g intégré pour se relier à un réseau sans fil ou à Internet. Ils n’ont pas de lecteur DVD, mais on peut en brancher un à l’un des trois ports USB. Ils ont tous un microphone et deux haut-parleurs stéréo. Ils sont tous vendus avec Linux anglais préinstallé, mais on peut le remplacer par un Windows XP Familial et tous les pilotes sont, semble-t-il, fournis par Asus. À cela s’ajoute une quarantaine d’applications en anglais comprenant un éditeur de texte, un logiciel de courrier électronique et un navigateur Internet. L’appareil en soi semble assez solide. Sur tous, on trouve un lecteur de cartes SD/MMC, une prise de réseau Ethernet, des prises audio entrée et sortie, une prise VGA, 3 ports USB. Notons que l’achat de l’Eee PC 2G Surf est à éviter parce qu’il ne reste plus que 378 Mo sur son disque dur électronique une fois le système d’exploitation et les applications installées.

L’Eee PC 2G Surf a 512 Mo de mémoire vive DDR2. Ses quatre piles lui donnent une autonomie pouvant aller jusqu’à 2,8 heures. Les deux seules différences entre le 2G Surf (300 $ à 350 $) et le 4G Surf (350 $ à 400 $) sont la grosseur du disque dur électronique, qui est dans un cas de 2 Go et dans l’autre de 4 Go, et le fait qu’on trouve plus d’applications sur le modèle 4G. L’Eee PC 4G (399 $ à 500 $) a les mêmes caractéristiques que le 4G Surf, mais avec une webcam intégrée en plus. Plus intéressant, mais plus cher, l’Eee PC 8G (500 $ à 600 $) dispose d’un Go de mémoire vive et d’un disque dur électronique de 8 Go. Les Eee PC 4G et 8G ont des piles rechargeables plus fortes que les modèles Surf et donc près d’une heure de plus d’autonomie. L’Eee PC 900 (550 $ ou plus) est quant à lui équipé d’un écran de 8,9 pouces (1024 pixels par 600) au lieu de 7 pouces et d’un disque dur électronique de 8 ou 16 Go en plus de 4 Go de mémoire flash intégrée et d’un Go de mémoire vive. Il a le même poids que les modèles précédents.

L’Eee PC 4G, un ordinateur miniaturisé avec toutes les fonctions de base

Il fait bien petit quand on sort de sa boîte, cet ordinateur portatif miniaturisé. On a juste à le mettre en marche pour lancer Linux et voir apparaître des icônes menant aux différentes applications dont les réglages sont de base. Nous n’avons pas eu de mal à le relier au réseau sans fil du bureau pour accéder à Internet aussi bien qu’aux différents ordinateurs en réseau. Le logiciel de courrier électronique intégré a été également très facile à configurer. En fait, tout va bien, mais tout est en anglais. On peut, semble-t-il, trouver sur Internet un Linux en français adapté aux Eee d’Asus, mais il n’est pas fourni par Asus au Canada, juste en France pour l’instant et seulement pour un clavier AZERTY. Dommage!

Nous retirons de plusieurs jours d’essais des différentes fonctions et applications que c’est un bon petit appareil, mais qu’il faut être prêt à se tenir près de l’appareil et de son écran, car c’est difficile de lire des caractères 50 % moins gros que ceux qu’on a l’habitude de voir à l’écran. Ce n’est d’ailleurs pas ergonomique, car il faut étirer le cou vers l’écran pendant qu’on dactylographie. Disons que l’Eee PC 900 avec écran de 9 pouces est beaucoup plus intéressant à cet égard. Néanmoins, l’appareil peut intéresser ceux qui ont de bons yeux, aiment les petits ordinateurs, doivent souvent transporter un ordinateur avec eux et préféreraient qu’il soit moins pesant. Il faut aussi être prêt à travailler en anglais seulement, ce qui n’est pas évident pour tout le monde. On a cependant la possibilité de remplacer le Linux installé sur l’appareil par une version française de Windows XP, mais avec un minimum de fonctions pour ne pas risquer de remplir le disque dur électronique de 4 Go. Dans ce cas, il faut se munir d’un lecteur de disques CD/DVD externe et le brancher à l’un des ports USB de l’Eee PC. Windows XP permet de profiter de davantage d’applications ou de se servir de GPS USB ou Bluetooth avec un logiciel que l’on peut mettre à jour à moindres frais.

En suivant depuis quelques mois l’évolution de cette technologie et les nouveaux choix d’appareils de différentes firmes, on note que les ordinateurs ultramobiles (UMPC) se rapprochent de plus en plus des ordinateurs portatifs standards, mais avec un poids moindre et le handicap d’un petit écran et d’un petit clavier. Leur prix est également plus élevé que celui d’un ordinateur portatif de capacités équivalentes. Dans le cas d’une entreprise, le mieux serait de se tourner vers des appareils avec un écran d’au moins 9 pouces avec suffisamment de mémoire vive et de mémoire de stockage (flash ou disque dur) et surtout un système d’exploitation en français adapté aux besoins qu’on a. Le choix d’appareils grandit très rapidement et les manufacturiers devraient baisser leur prix s’ils souhaitent que ce marché puisse vraiment concurrencer celui des ordinateurs portatifs.

François Picard est rédacteur en chef et éditeur du magazine Atout Micro.


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