L’informatique est pavée de bonnes intentions


Jean-François Ferland - 17/11/2008

Les déboires vécus par plusieurs internautes en raison de la confusion d’un logiciel antivirus soulèvent un enjeu d’importance : à quel moment devrait-on appliquer une mise à jour à un ordinateur personnel?

Que d’émotions ont été vécues par des milliers d’utilisateurs d’ordinateurs au cours de la semaine! Un populaire logiciel antivirus – autant sa version gratuite que sa version payante – a mis hors d’usage bon nombre d’ordinateurs de table et d’ordinateurs portatifs qui utilisent Windows XP. En résumé, la dernière mise à jour de la définition des virus aurait confondu un important fichier du système d’exploitation avec un cheval de Troie. En conséquence, les ordinateurs démarraient, mais ne pouvaient mettre en marche le système d’exploitation.

Le cas a fait la manchette de plusieurs médias. Certes, plusieurs personnes, autant des utilisateurs que des fournisseurs, ont sûrement fait des choux gras de cette histoire, en clamant que leur plate-forme, leur système d’exploitation ou leur logiciel antivirus n’aurait jamais causé cette situation…

Outre de rappeler, à qui veut bien l’entendre, qu’il ne faut jamais dire « jamais », la situation soulève un enjeu important qu’autant les organisations que les individus qui utilisent les TIC devraient prendre en considération : à quel moment doit-on procéder à la mise à jour d’un système informatique ou d’un appareil technologique?

Prudence

Comme l’ange et le diable qui s’obstinent sur les épaules d’une personne confrontée à un choix, deux visions diamétralement opposées s’offrent aux utilisateurs qui se voient suggérer de procéder à une mise à jour. D’un côté, la prévoyance, voire la peur, incite à procéder rapidement, pour colmater des brèches ou repousser des menaces. De l’autre, la prudence incite à faire un essai en vase clos, afin de confirmer que la mise à jour ne causera pas d’autres problèmes.

Cette dernière approche est mise en application par bon nombre de départements de l’informatique, surtout dans les grandes organisations. Comme de preux chevaliers, les techniciens doivent affronter les requêtes provenant d’employés ou de gestionnaires qui les avisent de la disponibilité d’une mise à jour dont ils ont été informés par l’apparition d’une fenêtre à l’écran sur leur poste de travail au bureau ou à la maison, ou bien par la mention de cette mise à jour sur un site Web.

À chaque fois, ces techniciens doivent expliquer que des tests en vase clos aient été complétés avant que le département n’approuve la distribution de ladite mise à jour. Il est fort probable que des bogues ou des conflits ont été identifiés à temps, avant que les systèmes informatiques ne soient affligés par un mystérieux mal.

Chez les particuliers, très rares sont ceux qui ont le luxe d’avoir un système informatique qui sert à réaliser des bancs d’essai. Généralement, ces personnes automatisent les processus de mise à jour, convaincues qu’ils s’assurent d’avoir ainsi des ordinateurs performants et protégés. Dans les petites entreprises qui n’ont pas de directeur informatique, du moins à temps plein, l’automatisation des mises à jour ou leur acceptation d’un clic de souris doit être monnaie courante.

Prévoyance

Évidemment, il est rare que des problèmes comme celui qu’a causé un éditeur de logiciel antivirus affectent à grande échelle les utilisateurs de l’informatique. Grâce à l’omniprésence de l’informatique et de l’Internet, les utilisateurs aux prises avec un tel problème peuvent s’informer et trouver une solution sur la Grande Toile par l’entremise d’un autre ordinateur, au travail ou chez un parent ou un ami.

Dans un monde idéal, chaque utilisateur aurait recours à des actifs informatiques redondants et distribués, ce qui contribuerait à prévenir une mise à l’arrêt de l’accès aux fonctions de traitement. Toutefois, cette approche pourrait être onéreuse et représenter des défis de gestion.

De façon plus pragmatique, chaque utilisateur pourrait mettre à jour une image disque amorçable de son système informatique sur un disque dur portatif. Or, combien ne se donnent même pas la peine de faire une sauvegarde de sécurité de leurs précieux fichiers?

Espérons que les éditeurs de logiciels redoubleront d’efforts dorénavant pour vérifier leurs mises à jour avant une distribution à grande échelle…

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.


À lire aussi: RISQ 2008 : réseau d’avenir et avenir du réseau L’actualité des TI en bref Progiciel de gestion intégré : déploiement accéléré pour PME




Tags: , , , , , , ,

À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
Google+