L’OQLF va aider les PME à franciser leurs TIC


Alain Beaulieu - 07/11/2008

En vertu d’un nouveau programme de francisation, l’Office québécois de la langue française fournira jusqu’à 50 % de l’investissement requis pour permettre aux entreprises de moins de 100 employés de franciser leurs outils technologiques.
Mise à jour – 10/11/2008: les entreprises de moins de 50 employés sont aussi tenues de respecter la Charte de la langue française.

L’Office québécois de la langue française (OQLF) propose aux entreprises du Québec employant entre 11 et 99 personnes des mesures financières visant à faciliter la francisation des outils technologiques qu’elles utilisent. Désignée Programme de soutien à la francisation par les technologies de l’information et des communications (TIC), la nouvelle mesure proposée par l’OQLF couvre jusqu’à 50 % des dépenses requises pour franciser lesdits outils, jusqu’à concurrence de 50 000 $ par entreprise.

Il peut s’agir de remplacer les produits informatiques non francisés que l’entreprise utilise, tels que les claviers, les logiciels et les interfaces linguistiques, par leur équivalent en français ou de faire traduire en français leur site Web, leur intranet ou leur extranet. Pour se prévaloir de ces mesures, l’entreprise doit remplir un formulaire disponible sur le site de l’OQLF dont une section est consacrée au nouveau programme.

Celui-ci fait partie des diverses mesures mises de l’avant par le plan d’action intitulé « Réussir ensemble en français » que le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine a rendu public en mars dernier et dont l’objectif est de valoriser l’utilisation du français à tous les niveaux de la société québécoise, incluant dans les milieux scolaire et du travail.

On se rappellera que les entreprises de 50 à 99 employés sont déjà assujetties à la Charte de la langue française et doivent donc s’y conformer au niveau de leurs opérations courantes. Mise à jour – 10/11/2008 Pour les entreprises de moins de 50 employés, le respect de la Charte est facultatif et, par conséquent, celles qui veulent s’y conformer le font de façon volontaire. Les entreprises de moins de 50 employés sont tenues de respecter la Charte de la langue française, mais les conditions qu’elles doivent respecter sont moins nombreuses. Le présent programme vient donc donner un coup de pouce à l’une comme à l’autre de ces deux catégories d’entreprises, lesquelles peuvent ainsi obtenir plus rapidement leur certificat de francisation.

Pour mettre en ouvre son nouveau programme, l’OQLF dispose d’un budget supplémentaire puisé à même les 12 millions de dollars que le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine a dégagé à cette fin sur deux ans. L’OQLF pourra aussi embaucher 20 ressources supplémentaires d’ici 24 mois pour seconder, d’une part, les entreprises qui adhèrent au programme et pour exécuter, d’autre part, les autres tâches reliées à son mandat de défense du français.

« Ces nouvelles ressources serviront surtout à faire la promotion du programme sur le terrain et à accompagner les [entreprises] qui désirent se prévaloir de ce programme et ont besoin d’être conseillées pour la francisation, précise Nicole Delorme, directrice des communications de l’OQLF. Les entreprises s’inscrivent de façon volontaire. Une partie des ressources va servir aussi à la francisation générale, parce que l’Office doit aussi s’occuper de la francisation de toutes les entreprises au Québec et de veiller sur les droits des consommateurs. »

Investissement total de 80 millions de dollars

Ajouté aux autres mesures annoncées précédemment par le gouvernement pour favoriser l’utilisation du français au Québec, le plan d’action du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine porte à près de 80 millions de dollars l’investissement gouvernemental total nouvellement attribué à cette cause. Rappelons qu’en février le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport a levé le voile sur 22 nouvelles mesures destinées à améliorer l’utilisation du français à l’école qui totalisaient 39 M$ et qu’en mars c’était au tour du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles de rendre publiques 12 mesures totalisant 22,7 M$.

« Réussir ensemble en français », le plan d’action du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, s’attaque plus spécifiquement à l’utilisation du français dans les milieux de travail et dans les commerces de la grande région montréalaise, notamment au niveau des outils technologiques qu’elles utilisent. Un rôle de premier plan a été attribué à l’OQLF pour assurer la mise en oeuvre du plan d’action que concrétise le présent programme.

Le plan d’action a, en outre, vu sa portée renforcée au terme du Rendez-vous des gens d’affaires et des partenaires socioéconomiques, qui a eu lieu à Montréal en octobre dernier, qui s’est soldé par la signature d’une stratégie commune d’intervention, à laquelle ont adhéré le gouvernement du Québec, des associations de gens d’affaires et divers partenaires socioéconomiques. D’une durée de cinq ans, cette stratégie a pour ambition de renforcer la place du français dans les commerces et les milieux de travail, plus particulièrement au sein des entreprises de moins de cinquante employés oeuvrant dans la région montréalaise, en recourant à diverses actions de promotion et de sensibilisation, de formation et d’accompagnement, dont fait partie le présent programme.

Baptisée « Le français, notre affaire à tous – Stratégie commune d’intervention pour Montréal 2008-2013 », la stratégie adoptée au terme du Rendez-vous est le résultat d’un exercice de concertation qui a fait intervenir quelque 250 personnalités du monde des affaires, du travail et de la politique. Elle s’appuie aussi sur les résultats de sondages et d’enquêtes rendus publics plus tôt par l’OQLF et la firme Léger Marketing.

Alain Beaulieu est adjoint au rédacteur en chef au magazine Direction informatique.




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