Mark Anderson : le futur doit être honnête


Jean-François Ferland - 01/04/2009

Le premier conférencier de la Boule de cristal, en essence, a incité les producteurs et les utilisateurs des TI à jouer franc-jeu. Les TI doivent ajouter de la valeur et non en soustraire, desservir la masse et non enrichir quelques individus.

Mark Anderson est le chef de la direction de Strategic News Service, un producteur de contenu stratégique. Il aurait distribué en 1995 la première lettre d’information par abonnement payant sur Internet.

La première partie de son allocution, dont le thème au programme était Conjuguer le contexte économique et l’évolution technologique pour préparer la reprise, a porté sur « des choses que l’on ne sait pas ». Il a relaté des événements mondiaux qui découlent de gestes posés en secret par quelques personnes, à l’insu de la population.

Entre autres, iI a traité d’une inexplicable chute des marchés mondiaux en 1997, due au taux d’intérêt d’une institution japonaise qui prêtait en catimini à de grands investisseurs, et des variations inexplicables des cours du pétrole liées à des manipulations secrètes de quelques individus sur un parquet boursier privé.

Trajectoire morale

Les propos de l’orateur étaient parfois difficiles à saisir en raison d’un débit rapide et d’une prononciation ardue. Néanmoins, la longue mise en contexte de M. Anderson a servi à soutenir l’affirmation que le futur – dont celui qui implique les technologies de l’information – devait avoir lieu sous le signe de l’honnêteté.

En comparant la situation actuelle avec celle du début des années 2000, M. Anderson a affirmé que les investissements dans les technologies, qui devaient contribuer à l’augmentation de la productivité, n’ont pas permis de faire croître les revenus. Ainsi, prendre une mauvaise direction ou suivre une mauvaise trajectoire soustrait de la valeur au lieu d’en ajouter.

M. Anderson a souligné qu’un manque d’honnêteté ne sert pas à enrichir la société, mais un petit groupe d’individus. Il a convié l’auditoire à miser sur l’honnêteté pour que les TI procurent une valeur ajoutée à un grand nombre de gens. « Il faut de l’honnêteté, avoir une vision plus technique motivée par la science, par l’expérience et par la compréhension qu’il ne faut pas aller dans la mauvaise direction », a-t-il affirmé.

Le conférencier a ajouté que de confier un appareil branché en réseau à chaque écolier constituait une révolution de l’apprentissage et le futur de l’éducation. Cette approche sera autant bénéfique pour l’enfant – pour l’aider dans son apprentissage personnel et en groupe – que pour le travail professeur. Il a ajouté que l’industrie des technologies jouera un rôle de meneur dans la conception pour faire des appareils appropriés à cette fin.

« La question n’est pas de savoir si c’est le futur de l’éducation, mais plutôt si ce sera appliqué maintenant ou dans quinze ans. »

Contenu, contenant, humanisme et assistance

Enfin, M. Anderson a énoncé quelques produits et concepts technologiques qui susciteront un grand intérêt sur le marché, ce qui fera le bonheur des entreprises du secteur des TI.

Ainsi, les appareils et les contenus de divertissement intéresseront les consommateurs qui ont acheté de grands écrans. Les applications pour les téléphones évoluées, qui deviendront des ordinateurs en soi, entraîneront une chute des prix des logiciels et une adoption dont la courbe ressemblera à celle « d’un bâton de hockey ». Avec la chute du prix de la mémoire Flash, l’informatique fondée sur la mémoire électronique, en remplacement des disques durs mécaniques, augmentera en popularité.

Également, l’informatique murale, où plusieurs personnes travailleront devant un grand écran dans une salle à l’aide d’une grande masse d’information disponible, contribuera à augmenter la productivité par le travail collaboratif au lieu du travail individuel, en misant sur un « aspect humain ». Également, les ordinateurs ultraportatifs pourraient devenir le type d’ordinateur le plus vendu au monde d’ici deux ans.

Enfin, une prédiction de M. Anderson qui a du faire plaisir au CRIM, qui travaille depuis plusieurs années sur la reconnaissance vocale, est l’émergence de l’assistant Internet qui, par la combinaison d’une ferme de serveurs, d’une interface et d’un ensemble de services, pourra effectuer des tâches en ligne telles que dictées par l’utilisateur selon les goûts et les préférences de ce dernier. « Du jour de la naissance au jour de la mort, le système connaîtra [l’individu] », a clamé M. Anderson.

À un spectateur qui demandait si une telle application ne compromettrait pas la vie privée et ne concrétiserait pas des portions du roman 1984 de George Orwell, M. Anderson a répondu que la vie ne sera plus privée de toute façon. « Le problème ne sera pas technique, mais légal quant à ce qu’on pourra faire avec l’information. Ce sera une question d’honnêteté… », a-t-il indiqué.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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