Mars, le mois de la prévention de la fraude ?


Alain Beaulieu - 03/03/2006

Visa Canada, qui vient de rendre publique une étude sur la sécurité de l’information financière, veut faire de mars le « Mois de la prévention de la fraude ».

À l’instar de plusieurs organisations qui ont fait d’un mois ou d’une journée un moyen de marquer une cause particulière, Visa Canada veut, de concert avec le Bureau de la concurrence du Canada, les forces de l’ordre et d’autres organisations du secteur privé, faire de mars le « Mois de la prévention de la fraude ». L’organisation espère ainsi attirer l’attention du public et des organisations sur l’importance de protéger l’information financière et personnelle qui, lorsqu’elle tombe dans les mains d’individus malveillants, est source de multiples fraudes.

Cette initiative trouve sa source dans une étude sur la protection de l’information financière et personnelle, rendue publique par Visa cette semaine et qui souligne l’importance accrue qu’elle revêt aux yeux des Canadiens.

Le sondage a été réalisé par la firme Harris Interactive aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Russie, en Afrique du Sud, en Australie, en Chine, en Inde, au Japon, au Mexique et au Brésil. Au total, 6 000 consommateurs – hommes et femmes – ont été interviewés par téléphone, dont 505 au Canada.

Le sondage montre que les consommateurs canadiens placent la protection de l’information financière et personnelle au deuxième rang de leurs préoccupations, étant attestée par 59 % des répondants, juste derrière la protection de l’environnement (61 %).

Ce sondage souligne aussi une prise de conscience de la part des consommateurs canadiens à l’effet que la protection de l’information financière n’est pas uniquement du ressort de l’institution financière, mais qu’ils ont aussi une part de responsabilité dans le processus. Bien que la plupart des répondants (25 %) placent au premier rang la responsabilité des banques émettrices de cartes de débit ou de crédit dans le processus de protection, 18 % des répondants pensent que c’est avant tout leur responsabilité. Cette reconnaissance de responsabilité est d’ailleurs supérieure à la moyenne mondiale (13 %).

Cette prise de conscience s’explique peut-être par une certaine incapacité des entreprises à rassurer leurs clients quant à la protection de leur information. C’est du moins ce que porte à croire une autre étude, publiée cette fois par Fusepoint, Sun Microsystems et Léger Marketing, qui indique que 55 % des entreprises sont d’avis que leurs données confidentielles sont à risque.

Mesures personnelles Conséquemment à la prise de conscience de leur responsabilité individuelle, les Canadiens interrogés dans le cadre de l’étude de Visa affirment prendre des mesures pour protéger leur information financière, notamment lorsqu’ils se départissent de leurs vieux relevés bancaires, dans quel cas 77 % des répondants affirment le faire de façon prudente.

La responsabilité des utilisateurs concernant leur information personnelle ne se limite évidemment pas aux soins qu’ils portent à leurs relevés bancaires, mais concerne aussi l’ordinateur avec lequel ils font des transactions financières, qu’il soit à la maison ou au travail. Gartner a d’ailleurs montré, dans une étude récente, le danger que représente un ordinateur non protégé avec plusieurs applications actives, laissé sans surveillance. Un tel ordinateur devient alors une cible idéale pour les attaques internes. Il est alors du ressort de l’utilisateur de le verrouiller ou de le désactiver quand il s’absente.

Le sondage réalisé pour le compte de Visa a, en outre, souligné l’effet positif des technologies de pointe sur le sentiment de sécurité des Canadiens, dont 55 % ont affirmé qu’elles atténuaient leurs préoccupations au chapitre de la protection de leur information. La technologie de la carte à puce, qui complique considérablement l’usurpation et la falsification des cartes personnelles (cartes de crédit, de débit, etc.) en raison du fait qu’elles intègrent un processeur et qu’elles sont assorties d’un NIP, est une de celles-là. Visa, qui a mis en chantier plusieurs projets en ce sens, prévoit d’ailleurs étendre son utilisation au Canada au cours des prochaines années.

Afin de permettre aux consommateurs de mieux exercer leur responsabilité au chapitre de la protection de leur information financière et personnelle, Visa a mis en ligne du matériel éducatif les aidant à identifier, à signaler et à enrayer la fraude.