Mitchell Wasserman : l’homme sans frontières


Andre2 - 02/12/2005

PERSONNALITÉ DU MOIS – Mitchell Wasserman, président de la firme Oceanwide, est la personnalité du mois d’octobre 2005 en TI au Québec.

Quiconque a déjà eu à franchir un poste de contrôle douanier est familier avec la démarche directe des agents frontaliers : la conversation va droit au but et se déroule avec un souci d’efficacité évident. Personne ne veut perdre son temps aux douanes.

Mitchell Wasserman entend bien faire de sa compagnie, Oceanwide, l’outil indispensable qui aidera les entreprises de transport d’expédier leurs cargos à bon port sans se perdre dans les méandres des multiples déclarations douanières. Oceanwide est une relativement jeune firme montréalaise qui offre des solutions de logiciels sur demande.

« Notre modèle d’affaires consiste à offrir des services logiciels sur demande. Par le passé, cette approche était nommée ASP [Application Service Provider ou fournisseur de services d’application], mais le terme a été abandonné puisqu’il évoque trop la triste bulle des point-com. Avec un service de logiciel sur demande, nous n’expédions pas de CD à installer : le client, selon ses besoins, accède à un serveur central qui héberge la solution », explique Mitchell Wasserman.

Cependant, l’emploi de ce modèle d’affaires a des implications qui vont bien plus loin que les simples formalités d’accès aux solutions logicielles. Ainsi, avant de fonder Oceanwide, M. Wasserman avait mis sur pied une firme dont les produits logiciels étaient offerts de façon traditionnelle. « Nous passions notre temps à sans cesse penser au prochain client, afin d’assurer la croissance de l’entreprise. Maintenant, avec nos solutions sur demande, nous sommes devenus des partenaires à long terme de nos clients : ces derniers n’utilisent nos services que sur besoin et plus ils ont en besoin, plus nos revenus croissent. Nous sommes véritablement engagés avec nos clients dans une relation à long terme », souligne M. Wasserman.

Oceanwide a été fondée en 1996, c’est donc dire que, toute jeune, la firme a dû affronter la crise de la bulle des point-coms : « Ce fut une période difficile, soupire-t-il, pendant un bon bout de temps les entreprises n’investissaient plus en infrastructures informatiques. Nous devions même parfois faire des présentations sur l’entreprise elle-même afin de rassurer nos clients sur notre viabilité », se remémore-t-il. Aujourd’hui, cette viabilité ne fait plus de doute. Oceanwide est arrivée 12e au dernier palmarès annuel Technology Fast 50 de Samson Bélair/ Deloitte & Touche qui regroupe les 50 entreprises technologiques canadiennes qui connaissent la plus forte croissance et en juin dernier, Oceanwide figurait parmi les dix premières entreprises du palmarès PROFIT 100 de Profit Magazine.

Oceanwide se spécialise plus particulièrement dans deux secteurs stratégiques : les processus nécessaires à l’assurance de biens durant le transport et ceux inhérents au transport international de biens comme tel. Ce dernier secteur en est un où Mitchell Wasserman est naturellement à l’aise, ayant une formation à la fois en génie et en comptabilité (il est comptable agréé). Mitchell Wasserman est donc familier avec les complexes rouages des processus, qu’ils soient de nature informatique ou administrative. Toute la production de déclarations nécessaires à l’expédition internationale de biens est non seulement complexe, relativement les mêmes informations doivent se frayer un chemin dans une vingtaine de formulaires, mais hautement stratégique. Les solutions d’Oceanwide visent notamment à faciliter la production et la gestion des documents nécessaires au transport interétatique de biens.

« Bien souvent, la réponse à la question ‘où est mon conteneur’ a économiquement plus de valeur que les biens eux-mêmes, souligne M. Wasserman. Par exemple, un simple retard d’une journée sur l’envoi de 15 000 dollars de pièces à une usine peut se traduire par la convocation – inutile – de toute une équipe de travail qu’il faut néanmoins payer et ainsi se retrouver avec une ‘facture’ bien plus élevée que les pièces en soi. » Le modèle en vogue de la production juste à temps, qui nécessite de synchroniser l’envoi et la réception de pièces afin de produire les biens sur demande et quasiment en temps réel, peut effectivement être vulnérable aux délais frontaliers de l’import-export.

Comme on s’en doute bien, toute la problématique de la sécurité n’est pas sans affecter les procédures de déclarations douanières. Depuis le 11 septembre 2001, l’expédition internationale, particulièrement vers le Canada et les États-Unis qui forment la plus longue frontière commune au monde, est encore plus complexe. « Les gouvernements ont mis en place ce que l’on appelle ‘la frontière étendue’, c’est-à-dire que les déclarations douanières doivent être complétées au moins 24 heures avant l’arrivée physique des biens, précise Mitchell Wasserman. Cette pratique est en place pour le transport par bateau et par avion et l’an prochain elle s’appliquera au transport par camion. » Concrètement, c’est plus de 100 000 véhicules qui annuellement assurent le transport de biens entre le Canada et les États-Unis. La pertinence des solutions d’Oceanwide semble assurée pour un bon moment…

Le choix de la Personnalité du mois en TI au Québec est le fruit d’une collaboration entre la Fédération de l’informatique du Québec, Direction informatique et de nombreux partenaires.