Mon regard techno sur les caractéristiques de 2008


Nelson Dumais - 10/12/2008

Requérir de moi que je pose un regard techno sur l’année qui se termine, c’est un peu me demander d’indiquer ce qui m’avait vraiment impressionné dans la masse des produits lancés en 2008, impressionné au point d’en devenir adepte.

Mais en même temps, c’est un peu vouloir que je pointe les tendances m’étant apparues les plus fortes, celles que je considérerais sérieusement si j’étais un responsable informatique. Sauf que je n’en suis pas un; je ne suis qu’un petit utilisateur isolé qui n’a pas à vivre les grands enjeux corpo.   En ce sens, je vais laisser à d’autres le soin de vous parler en ces pages du Cloud Computing, modus operandi que la plupart des grands noms de l’industrie ont embrassé dont, plus récemment, Microsoft (Windows Azur), Sun Microsystem et CA, ou encore du phénomène des services Web qui a pris énormément d’expansion, Adobe, Google, IBM, Microsoft et quelques autres menant la charge. Et je ne vous dirai pas un mot sur une ces histoires à succès de 2008, dont le logiciel SharePoint de Microsoft ou encore sur la présence grandissante de HyperV, un outil de virtualisation lancé au printemps. Pas plus que je ne vous parlerai de la popularité accrue des grands services d’hébergement.   Je me contenterai de vous entretenir du cru 2008 que je peux toucher de mes mains, voir de mes yeux, bref, utiliser dans mon quotidien. Qu’ai-je d’utile, ici chez moi, qui n’avait pas encore été lancé en décembre 2007? Beaucoup de produits, à commencer par quelques bébelles incontournables.   À cette enseigne, je vous mentionne d’entrée de jeu mon dispositif d’archivage automatique Clickfree. Il d’agit d’un disque SATA externe de 160 Go qui contient tout le logiciel Windows nécessaire à la confection automatique de copies de sécurité. Il suffit de le brancher à une borne USB et de le laisser faire. Une vraie bénédiction ! (Caractéristique de 2008 : début de la banalisation de bons systèmes d’archivage simples à utiliser.)   Deuxième bidule devenu essentiel, mon iPhone 3G. Son importance est devenue telle, que je me demande comment je faisais pour m’en passer avant son apparition en juin dernier. Le plus intéressant, c’est que je m’en sers beaucoup moins comme téléphone que comme client Internet infatigable. J’ai même appris à l’utiliser pour transmettre des chroniques emprisonnées dans un MacBook Pro (bloc-notes Apple) privé de connexion Internet. (Caractéristique de 2008 : début de la banalisation des dispositifs 3G.)   Il me faut aussi vous parler de ma petite panoplie DisplayLink qui me permet de brancher un troisième moniteur à un PC. Au prix où se vendent les ACL en 2008, c’est vraiment une option à considérer, sachant tous les bénéfices que cela suppose. À cause de la configuration matérielle de sa carte ATI, la machine Vista 64 où j’ai installé ce dispositif serait normalement limitée à deux écrans. DisplayLink est un produit qui est à l’aise avec n’importe quelle version de Windows (et même plus). Ce qui est intéressant, c’est qu’il fonctionne avec ATI (contrairement à l’excellente TripleHead2Go de Matrox) et qu’il coûte moins cher. (Caractéristique de 2008 : efforts accrus de banalisation du fonctionnement avec trois moniteurs.)   Comme autre gugusse dont je ne voudrais plus me priver, je note les souris rechargeables. Elles sont sans fil (émetteur USB) et se rechargent sur un petit socle branché au mur quand on en a terminé. Fini les piles AA à changer aux deux mois! Ma machine XP bénéficie d’une Explorer Mouse à techno BlueTrack (ce qui lui permet de fonctionner sur quasiment n’importe quelle surface) et ma machine Vista, de la MX 5500 de Logitech, un rongeur multifonction très agréable à utiliser. (Caractéristique de 2008 : début de la banalisation des souris rechargeables.)   Le produit suivant n’est pas un gugusse, mais un ordinateur puissant, un bloc-notes signé Apple. En fait, il pourrait avoir été fabriqué par Lenovo, HP ou Dell que ça reviendrait au même. En 2008, le prix de ce genre d’ordi mobile a chuté, en même temps que leur puissance, leur capacité et leur polyvalence a augmenté. La conséquence, chez moi, c’est que le système multimédia maison a été remplacé par mon Mac Book Pro. Cet appareil est devenu le centre de contrôle. Il donne ses ordres à mes deux amplis et à mon projecteur. Il sert de console pour films sur DVD. Évidemment, mon iPod touch le vénère. Ce qu’il n’y a pas si longtemps de cela, aurait semblé une extravagance, est devenu normal : en 2008 le bloc-notes se vend désormais en plus grande quantité que l’ordi de table et il est devenu très abordable. (Caractéristique de 2008 : le bloc-notes est devenu l’ordi le plus vendu et le mieux utilisé.)

Passons maintenant aux systèmes d’exploitation (SE) et, à tout seigneur tout honneur, à Vista 64. Je vous parle d’un SE qui existait en 2007 mais que, comme la plupart des gens, je n’ai installé que l’été dernier. Depuis, je n’ai eu aucun problème de compatibilité (les quelques logiciels 32 bits que j’utilise encore –  je suis trop paresseux pour les mettre à jour –  fonctionnent quand même), tout s’est accéléré en comparaison avec Vista 32 et je n’ai connu aucun désagrément. Je considère qu’il s’agit là d’une très bonne mouture de Windows, une mouture à connaître. (Caractéristique de 2008 : début de la banalisation de Vista 64 et autres SE à 64 bits.)   Et qui dit Vista, dit XP qui, en 2008, a pris sa retraite après avoir été nanti d’un Service Pack 3, mais qui continue d’être utilisé partout. Et qui dit “continue d’être utilisé partout” dit Windows 7, la version que Microsoft lancera d’ici l’automne 2009. En attendant, je m’amuse avec une version bêta stable installée dans un bloc-notes Dell, une sorte de mise à niveau de Vista que je ne suis pas le seul à trouver prometteuse. (Caractéristique de 2008 : début de l’offensive préparatoire au lancement de Windows 7 et à la disparition, à toutes fins utiles, de XP.)   Parlant SE, j’ai également été impressionné par la qualité d’ensemble de certaines saveurs linuxiennes lancées en cours d’année, dont Ubuntu 8.04 et 8.10 de Canonical et OpenSUSE 11.0 de la communauté Novell. Et je serais tenté d’ajouter un SE 100 % Unix, OpenSolaris 2008-05. Ces systèmes ont en commun le fait d’avoir une facture agréable, de s’avérer simples à installer et d’être… gratuits. Ces trois SE que j’utilise de temps à autre (au lieu de m’occuper de ma famille, de mon couple, de ma santé et de mes finances) démontrent que le giron Linux/Unix chemine et qu’à défaut d’être aussi convivial que celui d’Apple, il travaille fort pour y arriver. (Caractéristique de 2008 : début de la banalisation de certaines saveurs de Linux/Unix.)   J’aimerais bien vous dire quelque chose d’agréable sur le Mac OS X Leopard, un SE que j’utilise régulièrement et qui continue de me ravir. Mais il date de la fin de l’été 2007. Par contre, j’ai découvert un logiciel qui le complète à merveille, CrossOver 6.2.1 de la firme CodeWeavers. Ce gros utilitaire installe l’API (interface de programmation) Win32, dans les systèmes d’exploitation de type UNIX (dont les variantes de Linux et le Mac OS X), ce qui permet de faire fonctionner un certain nombre de logiciels Windows. Autrement dit, je n’ai plus à redémarrer mon Mac sous Vista (avec BootCamp) pour pouvoir utiliser Microsoft Office 2007 (c’est la version qui est dans mon Mac Book Pro), je clique sur l’icône windowesque de Word et CrossOver ouvre l’application comme si de rien n’était. J’adore! (Caractéristique de 2008 : étape supplémentaire de franchie dans la disparition des barrières entre SE.)   Dans le même ordre d’idée, je lève bien haut mon chapeau aux récentes versions de VMware, soit VMware Fusion 2.0.1, un mac-logiciel de virtualisation et à VMware Workstation 6.5, le pendant Windows qui m’est devenu aussi indispensable dans ma machine Vista que Word ou Firefox. Depuis son intégration dans mon quotidien, la version Windows me sert notamment à tester toutes les saveurs de Linux qui me passent sous la main. À un point tel, que ma vraie boîte Linux (un PC avec un jeu de disques sur tiroirs, chaque disque étant un SE) se sent abandonnée et est devenue dépressive. Quant à la version Mac de VMware, je l’ai installée sur mon gros MacPro où, pour mon plaisir maniaque, je garde une image opérationnelle de toutes les versions connues de Windows. (Caractéristique de 2008 : le fonctionnement avec machines virtuelles gagne en facilité et en popularité.)  

Tant qu’à parler de logiciels, je m’en voudrais de ne pas glisser un mot sur la version 3 d’OpenOffice.org (OOo)apparue en octobre dernier. Elle est belle, intelligente, multiplateforme et gratuite. Elle comprend même les docx et autres xlsx propres à Microsoft Office 2007 et 2008 (Mac). À quoi me sert cet excellent produit? Régulièrement, quand un ami m’amène son PC lourdement infesté dans lequel il veut que je fasse des miracles, j’en profite pour éliminer la version piratée de Microsoft Office XP ou 2003 qui s’y trouve et pour mettre OOo en lieu et place. À ce jour, aucun n’a protesté. Et, souvent, je poursuis l’ouverture vers l’alternative libre en installant Thunderbird comme client de messagerie. (Caractéristique de 2008 : gain en crédibilité de certaines alternatives Open Source à des produits coûteux dont certains de Microsoft.)   Côté Internet, j’ai vu passer un truc incroyable en 2008. Microsoft a finalement décidé de rendre son fureteur conforme aux normes du W3C. Ainsi, Internet Explorer 8 (IE8) ne fera plus suer les développeurs Web comme les versions précédentes, dont IE6. Faut dire que la pression a été énorme sur Redmond. L’année 2008 a en effet vu passer d’excellents produits comme Firefox 3.X (dont la part de marché a fait des bonds), Safari 3.2, Opera 9.6x et Google Chrome, la plupart fidèles aux exigences du consortium WWW. Pour m’amuser, je les ai d’ailleurs testés avec la difficile épreuve ACID 3, ici, ici, ici et ici. (Caractéristique de 2008 : début d’un état de respect généralisé des normes du W3C.)   Ce qui nous amène aux outils en amont du réseau des réseaux, dont le routeur Wi-Fi. En 2008, j’ai troqué le mien pour un 11n, un Vision de Belkin, et je ne l’ai vraiment pas regretté. Dans un rayon d’une trentaine de mètres de l’appareil, n’importe quel dispositif WiFi peut se connecter pour peu qu’il dispose du code de sécurité. Évidemment, on devient habitué à disposer constamment et partout d’une connexion haute vitesse. Tellement que si ce n’est plus le cas (en visite chez Belle-Maman, en voyage sur Orléans Express, etc.) on souffre et on tend à remplacer ce manque intolérable par l’utilisation d’un dispositif 3G comme le iPhone. Je sais que cela signifie que la société et ses individus sont en train de virer fous, mais je le note quand même comme tendance lourde pour 2008. (Caractéristique de 2008 : banalisation domestique du Wi-Fi n1 et de la haute vitesse Internet.)   Bien sûr, il y a plein d’autres produits et tendances qui se sont fait remarquer en 2008. Pensons aux processeurs Atom d’Intel, de petites merveilles que je n’ai pas encore eu la chance et le temps de tester. Je voudrais aussi vous parler de mon dernier appareil photo, de ma caméra Web, d’un scanneur pas piqué des vers, et de cette belle imprimante Brother que…

Bon. Faut bien s’arrêter et s’en garder un peu pour l’année prochaine!   Nelson Dumais est journaliste indépendant, spécialisé en technologies de l’information depuis plus de 20 ans.