NETendances 2009: progression plus modeste d’Internet au Québec


Jean-François Ferland - 09/04/2010

Les résultats de l’étude NETendances 2009 du CEFRIO confirment une maturité de l’adoption d’Internet au Québec. L’accès à la Toile par les téléphones mobiles a fortement progressé d’année en année, mais la pratique est encore marginale.

Le centre de liaison et de transfert CEFRIO a dévoilé les résultats pour l’année 2009 de l’enquête NETendances, qui établit un portrait de l’utilisation d’Internet au Québec depuis 2000.

Selon les données obtenues lors d’un sondage effectué par la firme Léger Marketing auprès de 12 004 répondants au cours de l’année 2009, 4,5 millions d’adultes québécois, soit 73 % des adultes québécois, ont utilisé régulièrement Internet en 2009. L’utilisation « régulière » d’Internet, aux fins du sondage, correspond à au moins une utilisation d’Internet par semaine. La proportion d’adultes qui avaient fait une utilisation régulière de la Toile en 2008 était de 72 %, et en 2007, de 71 %.

En conférence de presse, la directrice de projet au CEFRIO Najoua Kooli a déclaré que cette stagnation d’année en année démontrait que l’utilisation d’Internet avait atteint un niveau de maturité au Québec. M. Kooli a précisé que 11 % des internautes en 2009 avaient utilisé Internet moins d’une fois par semaine.

Branchement des foyers, haute vitesse

En matière de branchement filaire des foyers à Internet, la proportion de 73 % qui a été obtenue pour l’année 2009 est inférieure à la proportion de 75 % pour 2008. Mme Kooli souligne que l’écart entre les deux années se situe à l’intérieur de la marge d’erreur de la question, qui était de 3,5%. Elle ajoute que les adultes québécois peuvent également bénéficier de connexions à Internet au travail, dans les cafés et sur les appareils mobiles, ce qui n’est pas inclus dans la statistique dédiée au branchement domiciliaire.

Des foyers branchés, 85 % des foyers du Québec branchés à la Toile avaient recours à une connexion à large bande en 2009. 89 % des foyers dans la région de Montréal et 84 % des foyers dans la région de Québec avaient recours à des liaisons à haute vitesse. Dans les autres régions, le taux d’utilisation de la large bande parmi les foyers branchés variait de 76 à 81 %, ce qui démontre un comblement d’écart avec les deux grandes agglomérations urbaines au Québec

Mme Kooli a mentionné que les adultes québécois âgés de 55 ans et plus constituaient le groupe d’âge qui était le moins branché à la Toile, mais qu’il avait fait l’objet de la plus grande croissance d’année en année. (5 %).

Données sociodémographiques

Au niveau sociodémographique, l’enquête NETendances du CEFRIO pour 2009 évalue que 76 % des hommes et 70 % des femmes, 85 % des personnes âgées de 15 à 54 ans, 78 % des résidants de la région de Montréal, et 77 % de ceux de la région de Québec, 92 % des adultes ayant un revenu familial supérieur à 80 000 $, 92 % des professionnels, 93 % des étudiants et 87 % des ménages comptant des enfants à domicile étaient des utilisateurs d’Internet.

À l’inverse, Mme Kooli a mentionné que les personnes plus âgées, les personnes qui gagnent moins de 40 000 $ par année et les personnes qui détiennent une formation de niveau secondaire étaient en quelque sorte « laissées pour compte » en matière d’utilisation de la Toile.

D’autre part, l’étude NETendances évalue que les adultes québécois consacreraient en moyenne 14 heures par semaine à la navigation sur la Toile, que ce soit à la maison ou au travail, contre 16 heures pour l’écoute de la télévision. Les groupes qui englobent les adultes âgés de 18 à 34 ans consacreraient le plus d’heures par semaine à la Toile, mais la fréquentation hebdomadaire diminuerait avec l’âge. Également, les femmes consacreraient autant de temps que les hommes sur Internet.

Toile sur appareil mobile : Émergence timide

Selon l’étude annuelle du CEFRIO, 55 % des adultes québécois possèdent un téléphone mobile, soit une proportion semblable à celle de l’enquête réalisée pour l’année 2008. Toutefois, la proportion d’utilisateurs de téléphones évolués serait passée de 8 % en 2008 à 13 % en 2009, ce qui représenterait une augmentation de 63 % en un an.

Par ailleurs, 8 % de tous les adultes québécois, ou 472 000 personnes, se brancheraient à Internet à l’aide d’un téléphone mobile, d’un assistant numérique ou d’un téléphone évolué (les appareils multimédias et les ordinateurs portables sont exclus), par le biais d’un réseau de téléphonie mobile ou à l’aide bornes Wi-Fi. Cette proportion d’adultes qui utilisent Internet à l’aide d’appareils mobiles aurait ainsi progressé de 12 % en une année.

En comparaison, 28 % des adultes en France et 34 % des adultes aux États-Unis* utiliseraient ces appareils mobiles pour naviguer sur la Toile. La plupart des « mobinautes » seraient âgés de 18 à 24 ans.

En détail, parmi les adultes québécois qui se branchent à la Toile sur leurs téléphones mobiles, 38 % le feraient plusieurs fois par jour. 14 % navigueraient sur Internet une fois par jour, 17 % quelques fois par semaine, 7 % une fois par semaine et 18 % une fois par mois.

Du chemin (mobile) à faire

Selon Mme Kooli, il reste beaucoup de chemin à faire en matière d’accès à internet par le biais des appareils mobiles. Elle a indiqué que la nature des forfaits des fournisseurs, les coûts élevés des forfaits offerts, l’émergence tardive de la pratique au Québec et le style de vie des internautes pourraient constituer des hypothèses afin d’expliquer le faible taux de navigation des adultes québécois sur les appareils mobiles, sans pouvoir toutefois formuler de constat précis.

Mme Kooli a ajouté que des entreprises québécoises développent présentement des applications pour les appareils mobiles, mais que bien de sites Web sont encore à adapter pour optimiser l’expérience de l’utilisateur.

* La donnée relative au marché américain, qui provient d’une étude de la firme eMarketer publiée à l’automne 2009, inclut l’utilisation d’appareils multimédias comme le iPod d’Apple. L’utilisation de cet appareil n’a pas fait partie des questions du sondage NETendances 2009 du CEFRIO.

Jean-François Ferland est rédacteur en chef adjoint au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
Google+