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Prendre les devants pour l’heure avancée


Jean-François Ferland - 23/02/2007

La modification de la période d’application de l’heure avancée au Québec aura des impacts sur les TIC, ce qui nécessite une prise d’action pour assurer une transition sans heurt. Alors que les fournisseurs de logiciels publient leurs correctifs, les organisations, comme l’Université du Québec à Montréal, prennent les mesures nécessaires.

Le 11 mars 2007, l’application de l’heure avancée sera changée dans plusieurs régions d’Amérique du Nord, dont le Québec. Dorénavant, le changement d’heure aura lieu le dimanche de la deuxième semaine de mars, au lieu de celui de la première semaine d’avril, et le retour à l’heure normale aura lieu le dimanche de la première semaine de novembre, au lieu de celui de la dernière semaine d’octobre.

Cette modification aux conventions horaires survient à la suite de l’adoption du Energy Policy Act par les États-Unis en 2005, afin de tirer davantage profit de la lumière du soleil et consommer moins d’énergie pour l’éclairage. En novembre 2006, à l’instar d’autres provinces et territoires canadiens, le Québec annonçait l’harmonisation de sa Loi sur le temps légal pour « contribuer à maintenir, sans décalage horaire, la synchronisation actuelle des marchés financiers et la concordance des relations d’affaires dans le domaine des transports et des communications entre les entreprises québécoises, canadiennes et américaines. »

Or, ce changement d’heure aura des impacts variés sur les technologies de l’information et des communications (TIC). Ces dernières ont recours à l’heure pour le fonctionnement des logiciels et des applications, mais aussi pour la prise des rendez-vous, les tâches fondées sur le temps horaire, les systèmes d’authentification, les enregistrements d’événements et les transactions de commerce électronique.

Certains systèmes et appareils, comme les téléphones mobiles, obtiendront l’heure ajustée par le biais d’un signal de réseau, mais les ordinateurs, les serveurs et les assistants numériques personnels, notamment, nécessiteront une mise à jour de leurs systèmes d’exploitation pour assurer un ajustement automatique.

Cette problématique n’aura pas l’ampleur du passage informatique à l’an 2000, où des milliers d’organisations ont collectivement investi des centaines de milliards de dollars pour corriger leurs applications informatiques, mais elle nécessitera néanmoins des correctifs.

La plupart des éditeurs de systèmes d’exploitation, comme Microsoft, Apple et les grands éditeurs de SE Linux et UNIX, les fournisseurs d’ANP comme Research in Motion, les éditeurs de machines virtuelles Java et IBM ainsi que les éditeurs de bases de données tels qu’Oracle, ont émis des rustines ou des directives à l’intention des utilisateurs au cours des dernières semaines. Dans d’autres cas, comme dans celui des appareils Palm, ce sont les utilisateurs qui ont trouvé et partagé sur l’Internet une façon d’apporter le correctif nécessaire.

Par ailleurs, un dénommé Jeff Regan a publié sur l’Internet une page d’information à propos de la modification de la période d’heure avancée, et de ses nombreux impacts sur les TIC.

Mais les organisations devront s’assurer de la conformité de leurs systèmes d’information pour éviter les erreurs, autant par la consultation des fournisseurs que par l’examen des installations.

Curriculum d’une préparation

Plusieurs organisations ont entamé une vérification active, comme l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Anne Buongiorno, la directrice du Service de l’informatique et des télécommunications (SITEL), a fait état du processus entourant le passage à la nouvelle heure avancée.

« De un, nous avons regardé les impacts sur les systèmes centralisés, qui sont sous notre responsabilité, et nous avons fait des démarches auprès de nos fournisseurs pour nos applicatifs administratifs. Nous avons aussi contacté rapidement les différents services qui ont des systèmes institutionnels, leurs propres systèmes administratifs, pour leur faire part de la situation et leur demander de regarder les impacts avec leurs fournisseurs respectifs », explique-t-elle.

« Pour ce qui est des postes clients, nous avons évalué la situation pour tous les modèles, parce que nous avons un peu de tout, comme toutes les versions possibles de Windows, les ordinateurs Mac et les agendas [qui exploitent les applications de courriel] Outlook et Entourage. Dans certains cas il y a des versions où il n’y a rien à modifier, mais il y a une action à apporter sur la masse des postes de travail à l’UQAM, tant au niveau du système d’exploitation qu’à celui de l’agenda électronique », précise la directrice.

Recette pour tous les goûts

L’établissement a dû « préparer les recettes » d’actions à faire au niveau des systèmes informatiques, alors qu’un ingrédient imprévu est apparu en cours de préparation.

« La plupart de nos postes de travail sont mis à jour automatiquement au niveau du système d’exploitation, et alors que nous travaillons sur la planification [Microsoft] nous a fait une petite surprise en intégrant [à Windows] une patch qui était camouflée [parmi] d’autres mises à niveau, ce qui fait que des postes ont été mis à jour sans que nous en soyons au fait. Nous avons donc eu beaucoup d’inconsistance et avons dû prévoir tous les cas d’espèce », relate-t-elle.

« Nous avons émis un communiqué pour la communauté, qui dit à chaque utilisateur ce qu’il y a à faire sur son poste pour assurer que les correctifs soient bien appliqués et que les rendez-vous soient inscrits à l’agenda au bon moment. Nous offrons également un support téléphonique aux clients qui souhaitent qu’on les assiste dans la mise à jour de leurs postes. Comme nous avons une grande quantité de postes sur le campus et que nous n’avons pas les ressources pour faire le tour de tour ces postes, nous avons dû préparer des procédures très simples et précises », note Mme Buongiorno.

Également, les utilisateurs devront vérifier que les rendez-vous inscrits dans leurs agendas électroniques sont inscrits à la bonne heure. « Par exemple, dans Outlook, ceux qui vont mettre une rustine vont corriger leurs postes et cela corrigera les rendez-vous qu’ils ont pris. Mais pour les rendez-vous pris par d’autres personnes, il faut que les personnes fassent les mises à jour. Les gens ne sont pas tributaires de pouvoir corriger tout leur environnement. Il faut que tout le monde dans une organisation qui a fait des actions dans un agenda quelconque fasse les correctifs », relate la directrice.

Correctifs maison

D’autre part, Mme Buongiorno ajoute que le changement d’heure nécessitera une programmation des systèmes administratifs développés à l’interne au sein des organisations.

« Dans chacun des systèmes, des vérifications ont été faites à savoir s’il y avait quelque chose qui avait trait à la gestion du temps ou de l’heure, pour faire des correctifs appropriés. Cela fait déjà quelques semaines que nous travaillons à cet effet. Pour les systèmes acquis de fournisseurs externes, nous avons fait des vérifications auprès des fournisseurs pour savoir s’ils faisaient des correctifs, ou si l’on devait faire une correction manuelle. »

La responsable espère que l’initiative permettra de « faire le tour » des actifs informatiques, alors que beaucoup d’éléments sont centralisés et que beaucoup d’autres sont décentralisés. « Il y a parfois des choses dont on ne sait pas l’existence, comme un chercheur qui aurait acquis un système pour ses besoins propres. C’est pour cela que nous avons envoyé un communiqué, afin de les inviter à communiquer avec nous pour que nous puissions faire les vérifications appropriées. »

Le temps, c’est de l’argent… et du temps

Somme toute, la responsable des TIC à l’UQAM croit que la situation du passage à l’heure avancée est sous contrôle. Toutefois, elle constate qu’il faut mettre des dossiers de côté pour attaquer une problématique lorsqu’une situation imprévue survient.

« Cette semaine, beaucoup d’énergie a été consentie par notre équipe des systèmes d’information, notre équipe d’assistance technique, notre équipe d’infrastructure et de sécurité et notre équipe de réseaux. C’est un petit changement qui semble banal, mais qui a des incidences non négligeables en coûts et en temps, mentionne-t-elle. Si on calculait toute l’énergie requise partout dans les grandes entreprises, cela ferait beaucoup d’heures à consentir pour régler [cette situation!] »




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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