Progression relative des achats en ligne au Québec aux Fêtes 2008


Jean-François Ferland - 18/03/2009

La proportion d’acheteurs sur Internet a augmenté d’année en année en décembre 2008 et en janvier 2009, mais la valeur moyenne des achats a diminué. Le profil des acheteurs s’est aussi élargi en décembre 2008. Les commerçants québécois traînent encore de la patte.

La 19e édition de l’Indice du commerce électronique au Québec, qui a été compilé par l’organisme Cefrio et l’agence Internet VDL2, à partir d’un sondage réalisé par la firme Léger Marketing, évalue que 25 % des adultes québécois ont fait des achats en ligne en décembre 2008.

Cette statistique représenterait une augmentation de 30 % d’année en année, alors que 19 % des adultes auraient fait des achats en ligne en décembre 2007.

La croissance annuelle serait encore plus prononcée pour janvier 2009, puisque 18 % des adultes québécois auraient effectué des achats sur Internet au cours de ce mois, contre 11 % en janvier 2008.

Najoua Kooli, la directrice de projet du Cefrio, rappelle que le mois de janvier fait toujours l’objet d’un ralentissement des achats, puisqu’il suit le mois de décembre qui est le mois le plus actif en commerce.

Replis et gains

Le volume d’achat de 423 M$ en décembre 2008 constituerait un recul de 10 M$ d’année en année, ou 2,3 %, en comparaison au volume d’achat de 433 M$ de décembre 2007.

Toutefois, la progression annuelle de 44 M$ du mois de janvier 2009 représente une augmentation de 32,3 % en comparaison avec le mois de janvier 2008. Les Québécois auraient acheté en ligne pour une valeur totale de 180 M$ en janvier dernier, contre 136 M$ douze mois plus tôt.

Toutefois, Mme Kooli souligne que la valeur moyenne du panier d’achats est en baisse en comparaison avec les données obtenues l’année précédente pour les deux mois faisant l’objet de la dernière édition de l’Indice.

La valeur moyenne de 322 $ pour décembre 2008 constituerait un recul de 50 $ ou 13,4 % d’année en année. La valeur moyenne de 185 $ pour janvier 2009 constituerait une diminution de 22 $ ou 10,6 % en comparaison avec la donnée de janvier 2008.

À propos du profil de l’acheteur en ligne, les données rapportées par l’Indice pour janvier 2009 demeurent les mêmes que celles qui sont généralement mentionnées dans les études en commerce électronique.

Ainsi, ce sont les hommes, les personnes âgées entre 18-34 ans, les étudiants et les professionnels, les diplômés universitaires, les ménages au revenu supérieur à 60 000 $, les ménages avec enfants et les personnes de la région de Montréal qui auraient fait des achats en ligne lors du premier mois de l’année.

Évolution de l'Indice du commerce électronique au Québec, depuis sa première mesure en mai 2007.

Évolution de l’Indice du commerce électronique au Québec, depuis sa première mesure en mai 2007.

Toutefois, les données pour décembre 2008 font état d’un élargissement du profil des acheteurs en ligne, notamment au niveau de la tranche d’âge des personnes de 18 à 44 ans alors que 36,3 % d’entre eux auraient fait des achats sur Internet. Également, les ménages sans enfants, tout comme les résidants des régions de Québec et des autres régions de la province, auraient procédé à des achats de façon significative lors du dernier mois de l’année 2008.

Les données pour le mois de décembre 2008 ne démontrent pas de démarcation majeure d’une région sur les autres – 27 % des résidants de la région de Montréal, 27 % des résidants de la région de Québec et 22 % des résidants des autres régions ont acheté en ligne.

Par contre, Najoua Kooli, du Cefrio, souligne que Montréal aurait constitué la locomotive des achats en ligne pour janvier 2009, avec sa proportion de 21 % de résidants qui ont fait des achats en ligne. Seulement 16 % de résidants de Québec et des environs et 15 % des résidants des autres régions auraient dépensé lors du premier mois de l’année.

Enfin, environ un tiers des achats en ligne auraient été effectués hors du Canada lors des deux mois visés.

Retard mercantile

Philippe Le Roux, le président de l’agence Internet VDL2, apprécie la progression des achats en ligne au Québec, dans le contexte de l’incertitude économique.

« Le commerce électronique n’a pas encore atteint une maturité. Il n’est pas encore stable et fait l’objet de fortes variations. En même temps, c’est persistant, c’est implanté, ça reste en croissance et c’est là pour rester. On s’aperçoit que face à la crise, les Québécois sont de plus en plus nombreux à aller sur Internet pour faire leurs achats et probablement dans l’espoir d’économiser et de mieux comparer les prix, parce qu’on voit qu’il y a de plus en plus de gens qui y vont, mais qui dépensent de moins en moins d’argent », commente-t-il.

M. Le Roux affirme que les entreprises profitent de la croissance du commerce électronique, en citant des études qui rapportent une croissance du budget consacré à l’interactif alors que le budget publicitaire global est en baisse. Toutefois, il rappelle que le commerce électronique a encore du chemin à faire au Québec, autant dans les moeurs des internautes que dans ceux des commerçants, en soulignant que seulement 7 % des commerces du Québec offrent la possibilité de faire des achats en ligne.

« Malheureusement, la faiblesse de l’offre québécoise en commerce électronique continue d’avantager les concurrents étrangers, qui sont plus avancés et qui embrassent pleinement Internet et délaissent le traditionnel, indique-t-il. Les entreprises semblent toujours avoir un retard, ce qui crée un manque à gagner important au niveau économique, alors qu’au niveau international il semble y avoir un virage très fort vers Internet. Il y a une question à se poser : est-ce qu’on est en train de manquer un bateau? »

L’Indice du commerce électronique du Québec est compilé chaque mois à la suite d’un sondage téléphonique réalisé auprès de 1 000 adultes.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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