Québec se dote d’une ambitieuse stratégie de recherche et d’innovation


Jean-François Ferland - 08/12/2006

888 M$ seront consacrés en trois ans pour valoriser la recherche et le transfert des résultats vers les entreprises et les organisations, notamment en technologies de l’information.

Le ministère québécois du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) a dévoilé les grandes lignes de la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation qui sera appliquée de 2007 à 2010. La stratégie, nommée Un Québec innovant et prospère, consacrera notamment du financement et des crédits à des organismes du secteur des TIC.

Cette stratégie, qui repose sur trois orientations stratégiques, identifie des défis et établit des mesures pour optimiser des retombées sur l’emploi et sur l’économie des investissements en recherche et en innovation.

Le gouvernement veut prôner le renforcement de l’excellence de la recherche publique par le maintien d’infrastructures, la prestation de subventions de recherche et des bourses, le soutien du développement des connaissances et des technologies stratégiques et l’encouragement de la participation des chercheurs aux projets et aux réseaux internationaux.

Une autre orientation vise le soutien de la recherche industrielle et l’innovation en entreprise, par l’appui et l’accroissement des entreprises déjà actives en recherche et développement (R&D), l’accompagnement accru des projets d’innovation et d’adaptation technologique ainsi que le renforcement et la complétion des mécanismes de valorisation et de transfert.

Enfin, cette politique encouragera la création d’entreprises dérivées, l’acquisition de brevets d’invention et l’émission de licences, tout comme elle visera à accroître l’acquisition et la maîtrise des technologies émergentes par les entreprises et les organisations dans tous les secteurs industriels.

Ainsi, le gouvernement Charest compte consacrer 400 M$ à l’appui de la recherche industrielle et de l’innovation en entreprise et au renforcement et à la complétion des mécanismes de transfert et de valorisation. 420 M$ seront dédiés aux infrastructures de recherche et 80 millions seront voués à des modifications des crédits d’impôt pour la recherche en entreprise. Ces engagements s’ajoutent à quelque 278 millions $ consacrés en crédits et au budget 2006-2007.

Bénéfices pour les TIC

Cette stratégie gouvernementale aura un impact sur plusieurs organismes qui oeuvrent au soutien de l’industrie des technologies de l’information au Québec.

Une allocation de 46 millions $, pour le soutien des activités des organismes en appui à la recherche industrielle, à la liaison et au transfert, sera profitable aux regroupements de recherche comme le Partenariat de recherche orientée en micro-électronique, photonique et télécommunication (PROMPT-Québec), l’Institut de recherche/Création en arts et technologies médiatiques (HEXAGRAM) et la Société des arts technologiques (SAT). Elle servira aussi au soutien fiscal des consortiums de recherche compétitive avec visa, dont l’Institut international des télécommunications IIT-R de Montréal.

Trois centres de liaison et de transfert du domaine des TIC en profiteront également, soit le Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM), le Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO) et le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) .

L’IIT-R, le CRIM et le CEFRIO ont manifesté leur appréciation lors de l’annonce de l’initiative du gouvernement Charest. L’Association de la recherche industrielle du Québec (ADRIQ), pour sa part, a déclaré qu’elle accueillait favorablement cette stratégie « qui met l’accent sur l’arrimage entre les entreprises et les structures existantes de recherche et surtout, qui consacre des moyens accrus afin d’y parvenir. » Monique Savoie, la présidente et fondatrice de la SAT, à l’extérieur du pays au moment de l’annonce, a souligné, par voie de communiqué, « le caractère novateur de la stratégie qui par son ouverture confirme la reconnaissance des créateurs-chercheurs du numérique comme partenaires du développement économique ».

La stratégie actualisera également le rôle du Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ), qui fournit aux entreprises des expertises de pointe dans plusieurs domaines, dont celui de l’information industrielle et technologique.

Soutien à la recherche

La stratégie québécoise comporte des appuis financiers pour la mise en place, l’exploitation et l’entretien d’infrastructures de recherche et l’aide à l’établissement de nouveaux professeurs-chercheurs en région. Elle visera aussi le soutien accru des constituantes régionales de l’Université du Québec qui auront recours aux services de sociétés de valorisation ou d’organismes d’accompagnement des chercheurs.

Elle promet aussi une aide financière aux entreprises qui réaliseront des projets d’innovation ou d’adaptation de concert avec des Centres collégiaux de transfert technologique, qui obtiendront eux-mêmes des sommes pour augmenter leurs effectifs en recherche. Deux de ces centres sont spécialisés dans le domaine des TIC, soit le Centre de productique intégrée du Québec du Collège de Sherbrooke et le Centre d’innovation en micro-électronique du Québec du Collège Lionel-Groulx.

De plus, Québec compte attribuer de crédits au Conseil de développement du loisir scientifique, aux conseils du loisir scientifique et aux organismes de communication, de concertation et de promotion scientifique pour des projets voués aux étudiants et au personnel en enseignement. Outre le soutien bonifié et l’élargissement de mandat de la Commission de l’éthique de la science et de la technologie, le gouvernement procédera à la création d’une table de concertation pour réunir les acteurs de la chaîne de valorisation et de transfert, afin d’augmenter la collaboration entre les diverses entités actives dans le domaine au Québec.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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