Savoir, c’est pouvoir


Jean-François Ferland - 13/12/2006

En cette ère de réorientation des processus, de transfert de savoir et d’emphase sur le fruit de la « matière grise », la gestion de projets, la gestion des connaissances et le soutien du travailleur du savoir ont suscité l’intérêt en 2006.

L’intégration des technologies de l’information (TI) aux environnements de travail peut apporter des gains appréciables en efficacité. Ces technologies peuvent soutenir les processus, maintenir la mémoire corporative et épauler les efforts de ceux et celles qui l’alimentent. Ainsi, les technologies améliorent l’accès, la circulation et le partage de l’information. « Savoir, c’est pouvoir », disait le philosophe anglais Francis Bacon…

Complexe, la gestion des projets

Le travail au sein des organisations, depuis quelques années, se réoriente de plus en plus vers une réalisation en fonction de projets. Des objectifs et des buts sont identifiés, des échéanciers et des budgets sont établis, des procédures sont instaurées et des équipes sont formées pour mettre en pratique des projets qui, de plus en plus, sont gérés à l’aide des TI. Mais le monde change et la gestion des projets en subit les impacts.

Dans l’édition du 12 avril du bulletin Directions stratégiques, l’article La mondialisation devient un facteur de premier plan soulignait la complexité accrue que rencontre le gestionnaire de ces projets depuis peu. Les organisations seraient plus enclines à se lancer dans des entreprises représentant pour elles un risque élevé, mais elles auraient plus à perdre de ne pas réaliser le projet en question.

La fameuse mondialisation et le recours accru à la sous-traitance seraient les deux facteurs responsables de la complexité accrue de la gestion de projets. Les TI facilitent le travail, mais les organisations doivent établir des exigences en conséquence des éléments de complexité additionnels qu’entraînent ces facteurs.

La réussite des projets constitue également un enjeu de taille, et cet enjeu peut s’amplifier lorsqu’il s’agit de projets de TI. Or, personne n’est à l’abri des échecs…. Dans l’article Plus ça change, plus c’est pareil , les conclusions d’une étude de la branche australienne de la firme KPMG sont sans équivoque : plusieurs organisations ont une grande difficulté à atteindre les objectifs établis, parce qu’elles n’optimisent pas leurs efforts en rapport à la gestion des projets reliés aux TI. Les intentions sont bonnes, mais les organisations ont des carences en termes d’habileté à gérer le cycle de vie complet du projet.

Connaître, c’est gérer

Face au souhait prononcé de mieux soutenir les processus, et face aux inquiétudes croissantes envers les lendemains de la retraite des Baby boomers, le partage des connaissances revêt une importance accrue.

D’autant plus que l’article Partager les connaissances demande un effort, paru dans le bulletin du 10 mai, fait était de la situation de rattrapage des entreprises canadiennes en matière de gestion des connaissances. Une étude de la firme Gartner faisait état de la poursuite des investissements des entreprises canadiennes jusqu’en 2010 à propos de « l’une des compétences essentielles parmi les initiatives des milieux de travail à haute performance. »

Les connaissances détenues par le personnel d’une organisation constituent son actif de la plus grande valeur, mais la majorité de cette connaissance n’est jamais partagée. L’organisation doit alors harnacher les connaissances essentielles et les utiliser, selon l’analyste Kathy Harris, « pour la création d’une vision et d’objectifs communs qui permettront à l’organisation d’atteindre un état de haute performance. »

L’article Intranets et outils personnels prennent du galon fait état, pour sa part, du rôle des TI pour le soutien de la gestion des connaissances. Le succès d’une organisation dépend de sa capacité à gérer adéquatement ses ressources informationnelles et intellectuelles, et plusieurs concepts technologiques ont émergé pour répondre à ce besoin (blogue, wiki, système de gestion de contenu, etc.).

Des études font état de l’importance accrue qui sera attribuée à la gestion des connaissances au sein des organisations au cours des prochaines années, autant au niveau des budgets qu’à celui de l’exécution du travail. D’ailleurs, les difficultés et les occasions de distinction des entreprises proviendront de la nécessité d’exploiter en même temps les nouvelles façons de faire et les technologies éprouvées.

Soutenir le travailleur du savoir

Les TI servent à gérer ou à soutenir le savoir relié au travail du personnel affecté à la fabrication ou à la transformation de produits matériels, mais également à épauler le travailleur dont le fruit de ses labeurs provient de sa matière grise.

Dans l’édition du 20 septembre du bulletin Directions stratégiques, l’article Favoriser l’exploitation du savoir indique que « les dirigeants doivent mettre en place certaines mesures visant à faciliter le travail de ces spécialistes et à favoriser leur créativité [et que] l’utilisation des TI représente un facteur de premier plan. »

On souligne les obstacles à lever pour assurer une utilisation optimale des TI pour le travailleur du 21e siècle, tout comme le fait que l’optimisation du rendement du travailleur du savoir n’est pas qu’une question de technologie.

Néanmoins, le travailleur du savoir ne peut se passer des TI, et vice-versa. Alors que l’essor d’outils d’accès, de communication et d’analyse entraîne des changements dans les façons de faire des organisations, l’article Matière à réflexion réfère à plusieurs articles et réflexions qui ont déjà été réalisés à propos de l’interaction entre ces deux éléments.

Il y a fort à parier que le travailleur du savoir, la gestion des connaissances et la gestion des projets, n’ont pas fini de faire couler de l’encre et de générer des caractères ASCII…

Bilan 2006 – Les dossiers

Gestion de projets (12 avril 2006)

Gestion des connaissances (10 mai 2006)

Travailleur du savoir (20 septembre 2006)




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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