SQLiaison choisit la virtualisation


Alain Beaulieu - 01/09/2008

Pour endiguer l’escalade de ses besoins en capacité de traitement et de stockage et des coûts qui lui sont associés, l’entreprise de services a décidé de consolider et de virtualiser son parc de serveurs.

Située à Montréal, SQLiaison fournit des solutions de veille stratégique et d’entreposage de données et les services-conseils associés à une clientèle composée d’institutions financières, de compagnies d’assurance, d’entreprises pharmaceutiques, de manufacturiers, de détaillants et de firmes de télécommunications. Son produit-phare, FellowDSS est une suite d’applications analytiques et de veille stratégique destinée au secteur de l’assurance. Employant 75 personnes, l’entreprise fondée en 1994 réalise un chiffre d’affaires annuel de 7,2 millions $ et a des bureaux à Toronto et à New York.

La clientèle de l’entreprise ne cessant de croître, ses besoins informatiques ont augmenté de façon rapide, tant et si bien que celle-ci devait choisir entre augmenter le nombre de serveurs et d’équipement de stockage conventionnels ou prendre le virage de la virtualisation. Déjà, le parc de serveurs comprend douze appareils exploités sous Windows 2003 supportant les services de développement à distance fournis par l’entreprise, auquel s’ajoutent des bases de données de 100 Go à 2 téraoctets, répliquant l’environnement des clients et sur lequel les applications de veille sont développées et testées. En fin de compte, cela entraîne une hausse importante des coûts de maintenance et de soutien et des inquiétudes au chapitre de la reprise sur sinistre, ce que veut endiguer l’entreprise.

« On développe des applications sur des outils analytiques comme MicroStrategy, Business Objects et Microsoft Analysis Services et Reporting Services, qui sont utilisés pour faire du forage dans les entrepôts de données, pour être ensuite utilisées par nos clients, précise Jacques Charland, directeur général, Services professionnels, chez SQLiaison. On doit être capable de reproduire le plus fidèlement possible l’environnement de nos clients pour éviter des problèmes lors de la migration d’une plateforme à une autre. Bon an mal an, on ajoute environ trois serveurs par année. Non seulement notre clientèle augmente, mais on a une très forte rétention de nos clients : on a des clients chez qui on a été impliqué il y a deux ans qui sont encore des clients chez nous. Environ 85 % de notre clientèle est une clientèle récurrente. […] En termes de revenus, on enregistre une augmentation de 15 % à 18 % par année. »

Après réflexion, l’entreprise a penché pour la deuxième option : la virtualisation. Et c’est ainsi qu’elle a décidé de mettre à l’essai la version bêta de Windows Server 2008 doté de la technologie Hyper-V (V pour virtualisation) en février dernier et a mis en place un serveur physique exploitant deux à trois serveurs virtuels. Il s’agirait de la première entreprise canadienne à tester la version bêta de la solution de Microsoft, aux dires du fabricant.

« On retrouve de plus en plus chez nos clients des bases de données SQL Server, des serveurs pour l’entreposage de données fondés sur des produits de Microsoft, plutôt que des systèmes Unix comme on pouvait voir il y a sept ou huit ans, donc c’était naturel qu’on choisisse une plateforme dans laquelle tous les produits vont bien s’intégrer, d’expliquer le directeur général. On a aussi considéré la performance théorique. On a fait un peu de recherche sur les solutions de virtualisation et tandis que les fournisseurs concurrents optent pour avoir une virtualisation à même la couche logicielle, entre le système d’exploitation et la couche matérielle, Microsoft va plutôt utiliser une approche qui est très attachée à la quincaillerie qu’il y a en dessous. La solution de Microsoft est peut-être un peu moins portable [que les solutions concurrentes], mais elle offre une meilleure performance. »

Un serveur pour quatre

Aux fins du projet pilote, l’un des serveurs virtuels est un serveur SharePoint et les deux autres, un serveur de fichiers et un serveur d’impression. L’objectif à long terme est de migrer l’environnement informatique de l’entreprise vers un environnement entièrement virtualisé et ainsi de consolider les serveurs de production sur un serveur doté de la technologie Hyper-V et les serveurs de développement sur une autre machine, à raison d’un serveur physique pour quatre serveurs virtuels, ce qui fera un total d’environ quatre machines physiques, à la place des douze serveurs initiaux. Le coup d’envoi du projet de migration devrait coïncider avec la disponibilité commerciale de la solution, en septembre, et s’échelonner sur une période de 12 à 18 mois.

« Le premier environnement est pratiquement terminé, affirme M. Charland. L’objectif poursuivi par le projet pilote a été atteint et il va y avoir un programme de migration progressif de nos serveurs. Il faut savoir qu’actuellement nous n’utilisons pas nos serveurs à 100 %. Un client peut faire une demande qui va nécessiter une copie de son environnement sur laquelle on va travailler pendant trois semaines, un mois ou deux, et après ça, on peut ‘relâcher’ cet environnement-là, en faire une capture qu’on pourra réutiliser plus tard, parce qu’on en a besoin pour un autre client, alors qu’avec des serveurs physiques, on est obligé de continuer de monopoliser l’utilisation du serveur à longueur d’année. »

Outre une réduction des frais de maintenance et de support du parc de serveurs, la mise en place d’un environnement virtualisé permet aussi de réduire la facture d’électricité de l’entreprise. Résultat : à raison d’une économie nette de 20 000 $ par année, l’entreprise aura récupéré son investissement en 15 à 18 mois.

« Compte tenu de la croissance, on devait continuer de faire des investissements importants en immobilisation, note M. Charland. Maintenant, on n’a plus besoin de faire d’investissements massifs, parce qu’on va être capable de réduire le nombre de serveurs physiques pour supporter la même capacité de traitement. Et parce qu’il y a réduction de l’infrastructure, on n’a plus besoin d’investir autant en climatisation. Juste cette année, comme notre salle de serveurs avait atteint un point de saturation en termes de climatisation et de capacité électrique, on aurait eu à investir 35 000 $ à 40 000 $ simplement pour supporter le nombre croissant de serveurs qui étaient envisagés pour 2008. »


Palliatif au manque de main-d’oeuvre

Une étude réalisée par The Strategic Counsel pour le compte de Microsoft, rendue publique plus tôt cette année, met en relief un atout additionnel en faveur de la virtualisation, soit une réduction des besoins en personnel pour gérer les serveurs, ce qui n’est pas négligeable en période de pénurie.

Menée auprès de 1 000 cadres canadiens et 200 professionnels des TI, l’étude indique que 90 % de ceux-ci sont d’avis que le Canada vit actuellement une période de pénurie de main-d’oeuvre spécialisée en technologies de l’information (TI), alors que 76 % croient que ce sont les tâches de gestion et de maintenance des systèmes qui occupent la majeure partie du temps du personnel de TI.

De fait, nombreux sont les spécialistes qui, en raison de la croissance rapide des centres de données, consacrent 80 % de leur temps à exécuter des tâches routinières de maintenance. En conséquence, 73 % des spécialistes interrogés sont à la recherche de technologies qui permettront de minimiser le temps consacré à ces tâches pour pouvoir se consacrer davantage à des tâches à valeur ajoutée. D’ailleurs, 78 % des répondants sont à la recherche d’opportunités qui leur permettront d’avoir un impact sur leur entreprise.

Alain Beaulieu est adjoint au rédacteur en chef au magazine Direction informatique.