Téléphonie résidentielle : progression de la mobilité et des alternatives au Canada


Jean-François Ferland - 26/06/2009

Près des trois quarts des ménages canadiens détenaient un téléphone mobile en 2008. Les ménages québécois arrivaient encore au dernier rang en téléphonie cellulaire, mais ils étaient les plus nombreux à utiliser la téléphonie par câble ou à protocole IP.

Selon la dernière édition de l’Enquête sur le service téléphonique résidentiel de Statistique Canada, qui a été réalisée en décembre 2008, 74,3 % des ménages canadiens utilisaient un téléphone mobile, contre 72,4 % des ménages en 2007. En 2006, la proportion de ménages qui détenaient au moins un appareil était de 67,1 %.

C’est encore en Alberta qu’on retrouve le taux le plus élevé de ménages qui utilisent le téléphone mobile (84,5 % en 2008 contre 83,5 % en 2007. La Saskatchewan (78 %) et la Colombie-Britannique (77,8 %) occupent les deuxième et troisième rangs.

À l’opposé, le Québec arrive encore au dernier rang à l’échelle canadienne (65,5 % en 2008 contre 63,2 % en 2007.

Une autre donnée d’intérêt réside dans la proportion de ménages qui ne se servent que du téléphone mobile pour communiquer par la voix, alors que 8 % des ménages canadiens n’ont recours qu’au téléphone cellulaire. En 2007, cette proportion était de 6,4 %.

En 2008, la palme de l’utilisation unique du téléphone mobile revient aux ménages composés seulement de citoyens âgés de 18 à 34 ans (34,4 %). Seulement 4,5 % des ménages des autres tranches d’âge n’utilisent que le téléphone mobile.

Au Québec, 24,6 % des ménages composés de personnes uniquement âgées de 18 à 34 ans n’utilisaient que le téléphone cellulaire, contre 4,2 % des ménages des autres groupes d’âge.

Toutefois, le Québec arrive au premier rang dans la catégorie des ménages qui utilisent seulement le téléphone mobile et qui sont locataires, avec une proportion de 78 %. C’est au Nouveau-Brunswick que l’on retrouve le moins d’utilisateurs de la téléphonie mobile qui sont locataires, soit 49,9 %. La moyenne canadienne est de 67 %.

Téléphonie traditionnelle

Selon des données fournies par Jean Pignal, analyste à Statistique Canada, 22 % des ménages canadiens, soit moins du quart des résidences, utilisaient seulement un service téléphonique traditionnel en 2008. En 2007, ils étaient 24 % des ménages canadiens à utiliser seulement une ligne terrestre traditionnelle, alors qu’en 2006 la proportion d’utilisateurs de la technologie filaire traditionnelle était de 30 %.

Au Québec, la proportion de ménages qui employaient seulement une ligne téléphonique traditionnelle était de 28 % en 2008, contre 30 % en 2007.

Gains des alternatives filaires au Québec

La téléphonie par câble et la téléphonie fondée sur la technologie de voix sur IP ont aussi fait des gains. Sur l’ensemble du territoire canadien, la proportion d’utilisateurs résidentiels en 2008 est demeurée similaire à celle qui avait été rapportée pour 2007, soit environ 15 %. En 2006, 10,7 % des ménages canadiens utilisaient la téléphone par câble ou à protocole VoIP.

Toutefois, sur le territoire québécois, ces alternatives aux liaisons téléphoniques conventionnelles ont fait un bond de 19,5 % en 2007 à 24 % en 2008. En 2006, 13 % des Québécois avaient recours à la téléphonie par câble ou à la téléphonie IP.

Selon M. Pignal, la croissance importante au Québec s’explique surtout par les initiatives agressives de commercialisation de la téléphonie par câble par les joueurs en présence sur le marché.

L’analyste précise que les statistiques de recours à la téléphonie par câble et de la téléphonie IP peuvent différer un peu de la réalité en raison de la compréhension des définitions des technologies de téléphonie par les participants à l’enquête. Par exemple, M. Pignal indique que dans certaines régions du Canada la téléphonie par câble fait l’objet d’appellations différentes, comme chez le distributeur Shaw qui utilise l’expression « téléphonie numérique » (digital phone).

Enfin, 0,9 % des ménages canadiens n’avaient pas de service téléphonique en 2008, soit la même proportion qu’en 2007.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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