Tombé dans le Web quand il était petit


André Ouellet - 31/03/2011

Sylvain Carle, cofondateur et vice-président de Praized media, est la personnalité du mois de mars 2011 en TI au Québec.

L’histoire se déroule au milieu des années 1990, à l’époque où on ne savait encore trop ce que signifiait Internet. Un homme dans la vingtaine voit des pages Web pour la première fois. Même si, de son propre aveu, il a été un parfait « nerd » dans sa jeunesse et que l’informatique a toujours fait partie de sa vie, cette vision a pour lui valeur de révélation. « J’ai découvert le livre sans fin, un océan infini dans lequel j’ai tout de suite plongé », confie-t-il. Cet autodidacte invétéré avait non seulement découvert le domaine auquel il allait consacrer sa vie professionnelle, mais une nouvelle source d’apprentissage.

À partir de ce moment, Sylvain Carle a déployé une activité incessante autour d’Internet. Développement de logiciels, médias numériques et sociaux, code source libre, normes ouvertes… il a été de toutes les initiatives au cours des quinze dernières années. Ce parcours bigarré l’a mené à cofonder l’entreprise de développement de logiciels Praized Media en 2007 et à créer l’application Needium, qui met en relation les utilisateurs de réseaux sociaux et les fournisseurs de services à l’échelle locale. Ayant déjà implanté ce produit phare à Montréal et dans quelques villes américaines, Praized Media prendra d’assaut les cinquante plus grands centres urbains nord-américains en 2011, en plus d’une dizaine de villes européennes.

Parallèlement, Sylvain Carle siège au conseil de l’Île sans fil, ainsi qu’à celui de la Fondation OSMO, organisme sans but lucratif dont la mission est de venir en aide à la nouvelle génération d’entrepreneurs technologiques montréalais. Voilà le genre d’occupations qui ont ponctué sa carrière et dont il raffole de toute évidence.

Acteur technologique prolifique

Son intérêt pour les technologies s’est donc manifesté à un âge précoce. Un diplôme d’un centre de formation technologique en poche, il se lance dès 1995 dans le développement à la pige d’applications et de sites Web et s’associe à une entreprise Internet.

De 1997 à 1999, il est directeur du projet « Mon mannequin virtuel » chez Public Technology Multimedia (PTM), l’une des plus grosses boîtes montréalaises de l’époque dans le secteur des applications Web et interactives. Il qualifie cette période de « ruée vers l’or » du monde Internet. Ses concurrents ne sont pas encore les firmes de TI, mais celles de communications et de marketing.

Il cherche toutefois à passer à un autre niveau. En plein boom Internet, il rêve de Silicon Valley. « La Coupe Stanley de l’Internet se jouait en Californie », évoque-t-il. Il accepte donc un travail là-bas en tant que consultant auprès d’entreprises en démarrage. Il y acquiert une expérience précieuse, découvrant notamment le blogue. Le sien s’intitule A Frog in the Valley. Au bout de quelques mois d’exil, cependant, il devient clair à ses yeux que la bulle Internet va éclater. « Les promesses étaient bien au-delà de la réalité », dit-il.

Il plie bagage et rentre à Montréal. Stimulé par le désir de créer, il se joint à Messagia où, de 2001 à 2003, il occupe un poste de direction et développe une plateforme de messagerie épousant le courant émergent du marketing par courriel. De plus en plus attiré par le logiciel libre, il fonde ensuite l’entreprise InterStructure, avec laquelle il connaît un indéniable succès. Il vend cette firme en 2005, puis travaille pour l’acheteur et à son propre compte avant de fonder Praized Media.

Montréal en tête

Il n’a alors rien perdu de sa passion pour la création. « La vraie valeur ajoutée ne vient pas des entreprises de services, mais de la création de produits », réalise-t-il. Aussi l’inventivité caractérisant Montréal est-elle pour lui source de motivation, comme en témoigne son engagement dans de nombreux organismes et projets – Facil, W3 Québec, Alliance numérique, BarCamp, Facebook Garage et ConFoo, entre autres.

La ville devient peu à peu « un écosystème très bien relié à la mouvance des « start-ups » agiles, constate-t-il. Cela rejoint notre côté québécois « patenteux », « bizouneur » et débrouillard ». Nous devons avoir l’ambition d’être les meilleurs du monde, de livrer concurrence ouvertement et de créer une sorte de Twitter montréalais. » Ce trait de caractère audacieux, il dit l’avoir accentué au contact des Américains. « Parfois, on tombe de haut, mais on se dit qu’au moins on a essayé, et on se relève », plaide-t-il.

Pour atteindre les idéaux dont Sylvain Carle rêve pour Montréal, la ville a certainement besoin de l’apport de pionniers de sa trempe.

* Le choix de la Personnalité du mois en TI au Québec est le fruit d’une collaboration entre le Réseau ACTION TI, Direction informatique et de nombreux partenaires de l’industrie.

 




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