Un téléphone cellulaire en guise de modem


François Picard - 03/06/2008

Peu de gens profitent de la fonction modem de leur téléphone cellulaire même si cela pourrait être très utile et faciliter leurs communications d’entreprise. À la condition de trouver un forfait abordable.

Même si le Canada est l’un des pays les plus chers au monde pour l’accès Internet par cellulaire, on peut trouver quelques forfaits acceptables qui permettent de profiter du téléphone cellulaire comme modem virtuel afin de rejoindre Internet en des endroits où aucun autre moyen de communication n’est disponible. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est beaucoup plus facile de configurer la communication que de trouver un forfait qui ait du bon sens.

Les services mobiles utilisables

Plusieurs des fournisseurs de services cellulaires permettent la communication de données sur leur réseau sans forfait, mais à 5 ¢ par kilo-octet, ce qui correspond en fait à un très impressionnant 50 $ du mégaoctet (Mo). Néanmoins, selon les fournisseurs, on peut trouver aussi des forfaits de 2 Mo pour 15 $, 4 Mo pour 25 $ ou, tout simplement, de 5 Mo pour 5 $.

Ceux-ci proposent aussi une grande variété d’options de transmission de données dont plusieurs limitées pour qu’on ne puisse pas s’en servir de façon étendue en branchant un ordinateur à leur réseau en utilisant le téléphone cellulaire comme modem. Il est donc très important de demander au fournisseur de services cellulaires ce qui est possible comme option, à quel prix et avec quelles limites d’utilisation.

Quand on a un forfait de X Mo pour 4 $, par exemple, et qu’il faut payer 15 $ par Mo supplémentaire, on n’a pas intérêt à utiliser plus de X Mo. Pour limiter les risques, au niveau de la consultation du courrier électronique, on peut configurer le logiciel de courrier pour qu’il ne télécharge que les en-têtes des messages ou les 1 000 premiers caractères.

Les sites Web des fournisseurs canadiens de services cellulaires sont si touffus que rares sont ceux qui sont capables de s’y retrouver et de comprendre ce qu’ils proposent. Étonnamment, seules les options les plus coûteuses apparaissent clairement. Néanmoins, nous avons remarqué deux forfaits qui nous ont semblé intéressants.

Le forfait optionnel de base SCP en ligne de Telus Mobilité à 5 $ peut être utilisé en complément d’un forfait voix et au même tarif. La transmission de données, par circuit plutôt que par paquets est facturée à la minute, non à la quantité de données transmises, contrairement aux autres forfaits. Un tel service n’est rentable que si on est efficace pour aller chercher rapidement sur Internet son courrier électronique ou les renseignements dont on a besoin.

De même, chez Rogers, le forfait Internet sans fil (par paquets) optionnel de 5 Mo pour 5 $ ou 10 Mo pour 10 $ peut répondre à des besoins de base; il n’est cependant pas disponible dans tous les forfaits et il faut parfois insister pour l’avoir. Il ne faut pas confondre avec l’option Navigation sans fil illimitée sur l’appareil à 7 $ qui est limitée à quelques sites, pour Fido également, et ne peut pas être utilisée en se servant du téléphone cellulaire comme d’un modem.

En magasinant et en tombant sur les bons interlocuteurs, on trouve toutes sortes d’autres options plus coûteuses en fonction des besoins de transmission qu’on peut avoir. Avant de s’engager, il faut s’assurer que ce service fonctionne avec le téléphone qu’on utilise. Les deux vont de pair.

Le téléphone devenu modem et ses réglages

Près de la moitié des téléphones cellulaires standard ou intelligents actuellement sur le marché au Canada peuvent servir comme modems d’accès Internet aux ordinateurs soit par un câble USB, soit par un émetteur-récepteur infrarouge ou Bluetooth. Tous les ordinateurs portatifs disposent d’accès USB et, dans ce cas, il s’agit de trouver un câble d’interface USB fait pour le téléphone qu’on utilise puisque la plupart ont une prise différente.

Il peut être vendu par le marchand de téléphones ou des marchands indépendants sur Internet, soit seul, soit avec un CD renfermant le pilote de modem et un logiciel d’échange de données entre le téléphone et l’ordinateur. Pour un téléphone Motorola, par exemple, le câble + le pilote m’ont coûté une vingtaine de dollars sur Internet alors qu’ils étaient vendus le double par Telus ou Motorola.

Avec Bluetooth…

Si on a un téléphone Bluetooth et un ordinateur qui ne l’est pas, on a juste à brancher dans un port USB de l’ordinateur une clé Bluetooth dont le prix peut aller de 30 $ à 50 $ selon le modèle et la portée. En magasin, au Québec, on peut en trouver une dizaine de modèles différents dont la portée va de 3 mètres à 100 mètres selon l’adaptateur. Ensuite, il faut toujours commencer par apparier l’accessoire Bluetooth et le téléphone Bluetooth en suivant les instructions fournies avec les deux appareils. Il faut qu’un des deux soit en mode découverte pour que l’autre puisse le repérer et établir un lien entre les deux. Une fois que le lien est établi, la liaison est la même qu’avec un câble USB.

…ou infrarouge

D’autres téléphones n’ont pas le Bluetooth, mais juste un port infrarouge. Comme c’est très rare que les ordinateurs récents aient un port infrarouge, on peut acheter une clé USB infrarouge comme l’adaptateur infrarouge USB to IrDA Mini Adapter USB2IR2 de Startech à 30 $ pour Windows 98/2000/XP/Vista. Alors qu’on peut placer deux appareils Bluetooth jusqu’à 10 mètres ou plus l’un de l’autre pour qu’ils puissent communiquer, on doit rester en dessous d’un mètre avec les capteurs à infrarouge, à quelques centimètres seulement (au moins 2) si la lumière ambiante est forte, et il faut toujours qu’ils soient face à face. Là encore, une fois la communication établie, après avoir accepté l’échange de données par infrarouge dans la configuration du cellulaire, tout se passe comme si le lien était avec fil.

Sur l’ordinateur portatif, les pilotes fournis dans les trois cas permettent de configurer un nouveau modem dans le Panneau de configuration de Windows. Lors de ce processus, le mieux est de décocher la détection du modem par Windows et de choisir le pilote de modem fourni par le fabricant du téléphone, soit remis par le marchand du téléphone, soit téléchargé du site Web du fabricant.

Configuration

Un logiciel comme Mobile PhoneTools d’Avanquest aide beaucoup dans ce processus en fournissant le pilote de modem de nombreux téléphones ainsi qu’un utilitaire de configuration. Au lieu d’avoir à établir la connexion à distance manuellement, ce peut être automatisé avec un logiciel comme Mobile PhoneTools.

Pour Rogers et Fido, il faut indiquer une chaîne d’initialisation du modem dans sa configuration et un numéro de téléphone à composer. Pour Fido, la chaîne d’initialisation est habituellement at+cgdcont=1,”ip”,”internet.fido.ca” tandis que, pour Rogers, il s’agit de at+cgdcont=1,”ip”,”internet.com”. Pour Rogers et Fido, le numéro à donner pour la composition est *99# ou *99***1#. Dans les deux cas, le chiffre 1, qui est un numéro de service CID attribué à chacun des points d’accès et il peut varier. On peut l’obtenir soit dans le téléphone, soit par le fournisseur de services cellulaires.

Pour les appareils de Bell et Telus, le logiciel d’interface fourni suffit. Du côté de Telus, on offre aux clients le logiciel Gestion d’accès Internet Telus qui permet de configurer les différentes possibilités d’accès Internet à partir d’un ordinateur portatif, aussi bien le Wi-Fi des points d’accès de Telus que les accès au réseau cellulaire 1X ou EVDO. Si on s’y prend manuellement, il n’y a pas de chaîne d’initialisation à donner pour Telus et Bell mais, en place de numéro de téléphone, on donne normalement S=2 pour le premier et #777 pour le second. Dans tous les cas, on doit fournir en plus un code et un mot de passe remis par le fournisseur de services. Pour Rogers, c’est le même pour tout le monde : wapuser1 / wap.

La configuration n’est pas très compliquée et on peut obtenir de l’aide au besoin. Une fois que c’est fait, il n’y a plus à recommencer, juste à profiter de ce mode de communication. Au cours des 17 dernières années, cela m’a souvent rendu service, en particulier pour envoyer des messages et des télécopies d’endroits où je n’avais accès ni au téléphone terrestre, ni à Internet, mais juste au cellulaire. Il y a des moments où communiquer peut être capital pour une entreprise.

François Picard est rédacteur en chef et éditeur du magazine Atout Micro.


À lire aussi cette semaine: L’avenir est flash! Cinq logiciels qui capteront votre attention De nouvelles pirouettes pour Acrobat Des nouveautés pour les ordinateurs et les réseaux




Tags: , , , , , , , , , , , , ,