Un terminal pour téléphone cellulaire intelligent


François Picard - 06/05/2009

À L’ESSAI Les téléphones cellulaires intelligents ne cessent de comporter de nouvelles fonctions, ce qui en fait de vrais ordinateurs auxquels il ne manque finalement qu’un écran et un clavier. Certains fabricants y ont cependant pensé.

On parle beaucoup de ces ordinateurs miniaturisés que sont les netbooks et de tout ce qu’ils permettent de faire mais, même s’ils sont plus petits, plusieurs ordinateurs de poche et téléphones intelligents pourraient en faire autant, voire même plus, avec un clavier et un écran de plus grande taille. Deux solutions sont actuellement offertes pour régler ce problème : un terminal ou un logiciel de terminal. La firme Celio les a conçus tous les deux.

Les terminaux de téléphones mobiles

Avec ses terminaux Redfly Mobile Companion, la firme Celio offre une solution très pratique. Il s’agit d’appareils de petite taille avec un clavier QWERTY pleine grandeur de 80 touches, mais peu d’espace entre les touches, un bloc à effleurement et un petit écran à cristaux liquides. Le tout se présente comme un ordinateur ultracompact, mais sans processeur, ni système d’exploitation, ni mémoire.

Les deux terminaux Redfly Mobile Companion actuellement proposés, le C7 et le C8N, ont la même taille et la même apparence extérieure. Ils mesurent 15 centimètres par 23 avec une épaisseur de 2,5 centimètres. Le modèle C7 (229 $US) est équipé d’un écran à cristaux liquides de 7 pouces avec un affichage maximum de 800 pixels par 480. Il ne pèse que 700 grammes et sa pile rechargeable a une autonomie de 5 heures dans des conditions idéales. Il ne comporte pas de sortie vidéo comme celle du modèle C8N.

Plus développé, le modèle C8N (299 $US) dispose d’un écran de 8 pouces avec 800 pixels par 480. Il pèse 900 grammes environ, ce qui est le poids moyen d’un ordinateur ultramobile (en anglais ultra-mobile personal computer ou UMPC). Sa pile de 4 500 mAh peut alimenter l’appareil jusqu’à 8 heures de suite dans des conditions d’utilisation normales. On peut cependant profiter d’un de ses deux ports USB pour recharger la plupart des téléphones cellulaires, ce qui est pratique, mais diminue son autonomie, bien entendu. Une sortie vidéo PAL/NTSC permet de rediriger l’image de l’écran vers un téléviseur avec un câble vendu en option. Il dispose aussi d’une sortie VGA permettant d’envoyer l’affichage vers un écran d’ordinateur.

Les deux appareils supportent les téléphones intelligents sous Windows Mobile 5.0, 6.0 et 6.1 en version standard ou professionnelle. D’ici quelques mois, d’autres systèmes d’exploitation pour téléphones intelligents devraient bientôt être supportés; le Blackberry OS devrait être le premier sur la liste. On peut trouver sur le site de Celio une liste des téléphones cellulaires intelligents compatibles.

La communication avec le téléphone mobile se fait avec un câble USB ou sans fil, par Bluetooth. Il suffit donc de placer les deux appareils à proximité l’un de l’autre et d’établir la communication Bluetooth. Ensuite, on se sert de l’ensemble des deux appareils, le Redfly Mobile Companion et le téléphone mobile, comme d’un ordinateur. Ce qui est bien pratique, surtout quand une application nécessite beaucoup de dactylographie.

La solution logicielle

Le Redfly Mobile Viewer est le logiciel que Celio a développé pour Windows XP et Vista. Même s’il n’en est qu’à sa version bêta, il fonctionne bien pour faire afficher l’écran d’un téléphone intelligent sur celui d’un PC. En plus, on peut utiliser le clavier et la souris du PC pour écrire des textes sur le téléphone intelligent ou se servir des applications qui s’y trouvent.

Avant d’entreprendre l’installation d’un pilote sur le téléphone intelligent et de l’application Mobile Viewer sur l’ordinateur, il est recommandé de vérifier si le téléphone en question se trouve dans la liste des appareils compatibles fournie sur le site de Celio. L’installation en soi est un peu complexe pour quelqu’un qui n’a jamais installé de logiciels sur un ordinateur intelligent, mais elle ne prend que quelques minutes si tout va bien. Comme les instructions sont en anglais, il faut s’assurer de bien les comprendre.

Une fois que tout est en place, le logiciel installé sur l’ordinateur établit une communication avec le téléphone intelligent et l’on commence à voir à l’écran les applications qui sont sur le petit appareil. D’un écran de 320 x 240 ou 320 x 320, on passe à 800 x 600 et on peut même aller jusqu’à 1024 x 768. C’est impressionnant. Sans aucun doute, c’est beaucoup plus pratique parce qu’on dispose, par exemple, de lignes plus longues dans Word Mobile aussi bien que de beaucoup plus de cellules dans Excel Mobile, une cinquantaine au lieu de seulement huit.

Cela permet de travailler sur son ordinateur sous Windows XP ou Vista tout en ayant dans une fenêtre l’écran du téléphone intelligent avec les applications dont on a besoin. On ne peut cependant pas passer des informations d’une fenêtre de Windows à celle du téléphone intelligent ni imprimer ce qui est à l’écran du Redfly Mobile Viewer.

En fait, Celio ne fait que transposer sur un ordinateur ce qu’elle fait sur ses deux terminaux Redfly Mobile Companion. Cela fonctionne de la même façon, par un câble USB (bientôt par Bluetooth aussi) sauf qu’on n’a pas à acheter un nouveau terminal, mais juste un logiciel qui doit se vendre 39,99 $US.

Une petite mise en garde adressée aux Canadiens

La firme Celio nous a cependant fait remarquer que, pour ses terminaux aussi bien que pour son logiciel, il peut y avoir des problèmes avec certains appareils vendus par les fournisseurs de services cellulaires canadiens, car ils font faire des modifications dans les appareils qui les rendent moins conformes avec les Redfly.

Par contre, on nous a fait savoir que cela devrait bien fonctionner avec les appareils débloqués achetés séparément. Pour plus de détails, il est recommandé de lire l’explication fournie sur Internet, ou de poser des questions à la firme Celio avant de décider d’acheter un de ses appareils ou son logiciel.

François Picard est rédacteur en chef et éditeur du magazine Atout Micro