Webcom Montréal: de l’ouverture, de l’ergonomie, de l’analyse et de la résolution en 2.0


Jean-François Ferland - 14/05/2009

Idées, constats et concepts rapportés dans quelques présentations qui ont eu lieu en matinée, à la 6e édition de la conférence Webcom Montréal, consacrée au marketing et à la communication dans l’univers numérique.
Plus : commentaires des conférenciers en vidéo.

Faire bouger les données

Pour le conférencier d’ouverture, Marc Canter de BroadbandMechanics, il faut faire bouger les données entre les réseaux sociaux, alors que l’ouverture sur le Web constitue ‘le nouveau noir’ (the new black). M. Canter a évoqué un besoin pour des standards ouverts et des piles ouvertes (open stacks) – qui facilitent le travail des développeurs Web et des utilisateurs pour gérer l’accès aux données des utilisateurs sur le Web – pour ainsi établir des maillages ouverts. « L’utilisateur connectera lui-même les éléments ensemble, mais devra se concentrer avant tout sur son identité », prédit M. Canter.

Le conférencier à la forte personnalité a également traité de l’évolution des interfaces et des menus qui seront adaptés et personnalisés pour les utilisateurs, du développement accru à venir pour les interfaces de programmation bidirectionnelles et d’un besoin d’injection d’un caractère évident aux logiciels des médias sociaux. « Tous les logiciels seront sociaux d’ici cinq ans », croit-il.

Ergonomie : le 2.0 n’a rien réglé

Anastasia Simitsis, de la firme de marketing numérique w.illi.am/, a traité de l’importance de l’ergonomie d’un site Web, qui est synonyme de simplicité. En évoquant le besoin d’une emphase sur l’expérience, elle a souligné qu’à l’ère Web 2.0, les sites ne sont pas plus ergonomiques pour autant.

« Avec l’ergonomie Web, un utilisateur donné atteint ses buts avec efficacité, avec du temps et un effort minimum et avec satisfaction », a-t-elle indiqué, en traitant des 5« e » de l’ergonomie Web – efficace, efficient, évitant les erreurs, enfantin à utiliser, engageant.

Elle a précisé qu’un site, comme la pyramide de Maslow, doit à la base être fonctionnel, fiable et utilisable. « Les trois bénéfices d’un investissement en convivialité sont une meilleure perception de marque, une augmentation des taux de conversion ainsi qu’une meilleure rétention et loyauté », a-t-elle mentionné.

Toutefois, elle a mis en garde les développeurs de sites Web qui deviennent à la fois juge et partie et n’en sont plus les utilisateurs. En suggérant l’identification, la mesure et l’observation, elle a confirmé l’importance d’effectuer des tests pour les concepts, les prototypes et les sites en ligne, car « il en coûte cent fois plus – en argent – de faire des modifications après coup. »


En vidéo : Les commentaires des conférenciers sur les points saillants 2008 et les prévisions 2009 des communications Web.

Observer sa notoriété publique

Caroline Allard d’Exvisu, qui est bien connue dans la blogosphère pour « Les chroniques d’une mère indigne » et la Web télé du même nom qui a suivi, a expliqué que les médias sociaux sont utilisables pour analyser, évaluer, transformer lors de controverse, mais aussi pour analyser une identité par l’observation des tendances dans les conversations.

En référant à trois études de cas qui portaient respectivement sur l’état des lieux, la redéfinition et l’orientation de l’identité en ligne – dont la dernière qui portait sur elle-même – elle a démontré l’utilisation d’un logiciel qui fait une cartographie en nuage de mots clés, regroupés en fonction des concepts, qui sont trouvés dans des centaines de blogues. Cet outil sert à comparer le message véhiculé par une organisation et le message réel sur Web, d’en voir la résonance et de noter des nuances (par exemple, les différences entre les propos des francophones et des anglophones).

Elle a expliqué qu’un tel exercice de constat permettait alors à une organisation de se questionner à savoir si elle doit capitaliser sur les concepts les plus populaires ou plutôt de donner plus d’autonomie aux autres concepts.

Certifier son identité numérique

Charles Nouyrit, de la firme MyID.is, a pour sa part traité de l’importance accrue que prendra la certification de l’identité dans l’univers numérique. « L’identité et la confiance sont le futur du Web 2.0, 3.0, 4.0, a-t-il affirmé. 30 % de la population mondiale est sur Internet. La confiance devient une problématique : comment y arriver si on n’a jamais rencontré une personne, alors que dans le réel, des pièces d’identité confirment qui on est? »

En expliquant que l’identité numérique constitue une représentation de soi, la personnalité et la somme des traces d’une personne, le conférencier a décrit les avantages que procurent la certification de l’identité comme étant sont la confiance en la plate-forme, la preuve de sérieux de l’utilisateur, le transfert de responsabilité à l’utilisateur et la qualification des bases de données.

Alors que les plates-formes de gestion de l’identité se multiplient, M. Nouryit a souligné qu’il n’existait aucune solution de certification globale et que la diversité des lois locales qui ont trait à l’identité constituait un enjeu. Il a aussi affirmé l’importance de l’anonymat d’un point de vue démocratique, dans certains cas particuliers. Selon lui, le marché mondial de la certification de l’identité numérique aurait une valeur de 12 G$ en 2014.

De 50 pieds à 5 000 milles

Jon Fredrickson représentait InnoCentive, un réseau en ligne qui compte 175 000 solutionneurs de 200 pays. Son service, qui permet aux organisations du monde entier d’offrir une récompense à quiconque sur la planète résout un problème, aurait un taux de 45 % de résolution.

« Quelle est l’ampleur du laboratoire d’innovation d’une organisation? Certains voient déjà le monde comme le laboratoire, a-t-il affirmé. Sur la planète, quelqu’un détient une réponse, qu’il soit à 50 pieds ou 5 000 milles de soi », a-t-il affirmé.

M. Fredrickson a ajouté que la réponse à un problème d’une sphère d’activité peut provenir de personnes de 2 à 6 degrés de distance de la discipline et que les routes vers la découverte étaient multiples.

Notre survol des conférences de l’après-midi.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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