Windows 7 : nouvelles approches et nouveau chapitre pour Microsoft


Jean-François Ferland - 22/10/2009

Avec la parution de Windows 7 et Windows Server 2008 R2, Microsoft tourne la page sur l’époque Vista sans renier l’importance des gains liés à la sécurité des postes de travail. Pierre Chadi de Microsoft Canada relate l’emphase accordée par l’éditeur à l’expérience utilisateur, mais aussi à faciliter les efforts de migration pour les organisations.

Aujourd’hui, 22 octobre, Microsoft lance Windows 7, le système d’exploitation (SE) pour les ordinateurs et Windows Server 2008 R2, le système d’exploitation pour les serveurs. Pour l’éditeur américain, il s’agit en quelque sorte d’un nouveau chapitre commercial qui s’amorce, alors que le chapitre de Windows Vista tire à sa fin.

Si l’évolution précédente du SE a été ardue et a donné bien des maux à plusieurs, Microsoft estime que les gains en sécurité qui en ont découlé étaient nécessaires et constituent la base de Windows 7. Maintenant, avec la nouvelle mouture du SE, l’éditeur concentre ses efforts à faciliter la vie aux utilisateurs, alors que les améliorations ont trait à l’interface, à la recherche d’information, aux performances au démarrage et à la mise hors tension et au partage du contenu en réseau, entre des appareils.

Pierre Chadi, le directeur des ventes pour le Québec chez Microsoft Canada reconnaît que le nouveau système d’exploitation met davantage l’emphase sur la convivialité, en comparaison avec une époque où les fonctions étaient multipliées dans Windows, mais nécessitaient plus d’efforts de découverte et d’utilisation.

« Nous prenons les acquis que nous avons, soit une plate-forme très fiable et robuste, où nous ajoutons un côté de performance pour l’utilisateur, explique M. Chadi. Nous avons simplifié la façon de découvrir des applications et l’interface pour passer d’une application à l’autre, tout comme nous avons augmenté la vitesse d’exécution des applications, pour vraiment améliorer l’expérience de l’utilisateur.

« Toute la ‘poutine’ nécessaire pour garder l’environnement sécuritaire – l’antivirus, le coupe-feu – se fait en arrière-plan, alors que l’emphase a été mise beaucoup plus sur la personne qui à 18 pouces devant l’écran. »

Bilan

En comparaison avec les préoccupations liées à l’offre à établir pour Windows 7, M. Chadi relate que Vista constituait « une coche haute » qui visait à amener les clients de l’environnement XP à un environnement beaucoup plus sécuritaire.

« Quand XP a été développé, au début des années 2000, il n’y avait pas autant d’intrusions et de virus : c’était conçu pour être un système ouvert. Bien qu’on pouvait éliminer beaucoup de virus et de logiciels malveillants, il n’avait pas été essentiellement conçu pour cela. Vista a été conçu d’une façon très agressive sur la sécurité, avec un processus pour la compatibilité des pilotes qui a été long. Beaucoup d’applications ne pouvaient rouler sous Vista parce qu’il fallait de nouvelles versions. Des imprimantes et des périphériques n’avaient pas de pilotes pour Vista et les anciens pilotes ne fonctionnaient pas… »

M. Chadi affirme que l’éditeur de logiciels a été enrichi par cette expérience quant à l’offre d’une compatibilité, sans sacrifier la sécurité.

« Nous avons développé un mode de compatibilité pour que [les applications] XP fonctionnent sous Windows 7, en plus d’assurer une plus grande adoption et une plus grande rapidité de création de pilotes sécuritaires. Nous sommes fiers d’avoir gardé l’aspect sécuritaire de Windows, qui a été vu en premier avec Vista, en plus d’ajouter les aspects qui comptent le plus pour les utilisateurs, soit la compatibilité et la rapidité.

« Nous avons donc mis plus d’emphase sur ce qui va toucher à l’interaction avec les utilisateurs. Les mêmes services vont fonctionner en arrière-plan et peut-être dans un ordre différent, mais lorsque l’utilisateur appuie sur le bouton de démarrage du système, il faut que quelque chose arrive afin de procurer une meilleure expérience. »

Dans cette perspective, à l’évocation des enjeux rencontrés lors de la commercialisation de Windows Vista, M. Chadi a fait état d’une écoute des commentaires des clients, alors que 8 millions de commentaires des testeurs en mode bêta auraient été reçus et que des centaines de milliers d’heures d’observation de l’utilisation du SE auraient eu lieu. Également, il indique que Microsoft souhaite axer ses efforts sur la démonstration du produit auprès des personnes, en leur permettant de voir et de toucher au nouveau SE, en espérant que le bouche à oreille aura des incidences favorables.

Bénéfices organisationnels

À propos de l’utilisation de Windows 7 dans un contexte organisationnel, M. Chadi souligne que les apports les plus marquants ont trait à la réseautique.

« Une des plus grosses demandes visait la façon d’accéder à distance au réseau et aux données. Deux fonctionnalités se justifient d’elles-mêmes aux entreprises, indique-t-il. [L’une d’elles est] la façon d’interagir avec nos serveurs d’entreprises, sans établir des réseaux privés virtuels, en utilisant un accès public à Internet. Beaucoup de l’authentification se fait au niveau du poste et le chiffrement se fait lors de l’interaction entre Windows 7 et les serveurs, ce qui enlève énormément de coûts et donne une énorme facilité ». M. Chadi qualifie même cette fonction de « prochaine étape dans la mobilité ».

L’autre fonction d’intérêt consisterait en l’utilisation de postes de travail à titre d’éléments du système de cache du réseau d’entreprise. Un document ou une page qui est obtenu par une personne dans un bureau pourra être consulté en mode « local » par des collègues, sans recourir à de la bande passante additionnelle à l’externe.

Migration virtuelle

Les organisations acquièrent la nouvelle version d’un SE soit à l’achat d’un ordinateur, soit par l’obtention de licences pour des postes de travail existants. Or, si les consommateurs sont enclins à faire le saut vers un nouveau produit dès le premier jour, les organisations sont moins rapides. Souvent, lorsqu’une nouvelle version d’un logiciel est lancée, elles procèdent à une migration vers la version précédente qui a atteint sa maturité.

Interrogé sur la façon d’inciter les organisations à accélérer leurs plans de migrations vers le nouveau produit, M. Chadi indique que Microsoft a travaillé à réduire ces contraintes par l’ajout des éléments de compatibilité, l’apport d’outils de migration et le recours à la virtualisation.

« Pour la validation et les tests de compatibilité pour les entreprises, nous avons développé une ‘usine’ pour faire les tests et la migration d’applications. Nous avons acheté des [développeurs] et nous avons développé des outils pour aider les entreprises à migrer, tout cela pour simplifier l’effort. Nous avons mis en place des systèmes distribution et de mise à jour automatique des postes de travail », explique-t-il.

« Tout cela est relativement nouveau pour les entreprises qui étaient habituées à faire des mises à niveau quasiment ‘à bras’, où il fallait faire des images, les distribuer et aller de poste en poste pour assurer que l’image correspond au bassin d’applications [de l’utilisateur] et que ça fonctionne de la même façon. »

D’autre part, M. Chadi indique que les entreprises qui ne peuvent migrer ou convertir leurs applications peuvent recourir à la virtualisation afin d’exploiter un espace virtuel qui « recrée » Windows XP et permet d’utiliser les logiciels jusqu’à leur remplacement par une version compatible avec Windows 7.

La virtualisation fait partie des éléments qui ont fait l’objet d’améliorations dans Windows Server 2008 R2, avec le soutien des applications Web, l’extensibilité et la fiabilité et les services à distance autant pour les administrateurs que pour le télétravail.

« Avant cette innovation, nous étions pendant longtemps un peu ‘victimes’ du plus commun des dénominateurs : si une application importante ne pouvait être migrée (sic) parce que c’était coûteux ou trop complexe, on ne pouvait bouger tout l’environnement. C’était un gros enjeu », estime M. Chadi.

« [L’organisation] devait passer à travers toutes les applications pour s’apercevoir qu’il y avait une ou deux qui étaient critiques pour l’entreprise et qui faisaient qu’elle ne pouvait pas migrer. La virtualisation aide énormément à enlever l’épine dans le pied en aidant à la migration et à la coexistence, en laissant une vieille application ‘mourir’ éventuellement. »

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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